‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 129 sur 170 · LIVRE m, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE II

répondit-îl, sur toutes les questions que vous traitez avec le prince Kong ou avec Tambassadcur d'Angleterre ; je refuse nettement de participer à une nouvelle attaque contre Yuen-mun-yuen pour deux raisons.

« La première, parce que j'ai le cœur soulevé de voir la destruction inutile des plus belles choses et que cet acte ne pourrait être attribué qu'à une vengeance très* insignifiante, puisqu'elle ne s'exercerait que sur des murs déjà à moitié détruits. — La seconde, c'est qu'une semblable action tendrait à détruire les rapports nouveaux qui viennent de s'établir entre le prince Kong et les am-^ bassadeurs. 9

Cette destruction était cependant une idée arrêtée chez lord Elgin et rien ne put l'en dissuader, pas même la pensée de se trouver séparé de ses alliés pour l'accomplissement d'un acte de cette nature qUe l'avenir pourrait juger sévèrement. — L'assentiment complet qu'il avait trouvé pour ses projets chez le général Grant qui subissait entièrement son influence, lui fit ne pas désespérer d'amener le général de Montauban à concourir à cette destruction, sachant surtout que le baron Gros laissait toute liberté d'action au commandant en chef des forces militaires.

Le 17, dans la matinée, le général Grant vint en personne sonder le général en chef français et lui demander sa participation à ce qu'il regardait comme un acte de justes représailles. — Le général de Montauban refusa et le général Grant se retira en lui disant : « J'espère qu'après avoir réfléchi, vous comprendrez les rai-

sons majeures qui motivent cette détermination et ne me refuserez pas, en cette occasion, un concours que j*ai toujours trouvé jusqu'alors si empressé.

XXIX. — Il s'engagea alors, à la suite de cette visite, une correspondance officielle entre les deux commandants en chef, semblable à celle échangée, deux jours auparavant, entre les ambassadeurs.

Tout ce qui concerne net épisode dont on s'est si grandement préoccupé est important à constater, plus encore pour l'avenir que pour le présent. Nous qui nous sommes donnés pour cette expédition lointaine, comme pour celles de Crimée et d'Italie, la tâche de chroniqueur, nous racontons ces faits sans vouloir les apprécier.

Deux politiques bien différentes étaient représentées en Chine, la politique de la France et celle de l'Angleterre. — Le refus du baron Gros et celui du général de Montauban, la volonté persistante de lord Elgin et du général Grant caractérisent bien ces deux politiques qui marchant côte à côte, s'inspiraient cependant de sentiments si divers.

Le soir du même jour où le général anglais était venu proposer au général de Montauban la destruction du palais d'été de l'Empereur, le commandant en chef français lui répondit par écrit :

« J'ai mûrement réfléchi depuis ce matin à la proposition que vous m'avez faite d'aller^ de concert avec vous.

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