‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 137 sur 170 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

tique et le cachet de noble race qui se lit sur sa personne et surtout sur ses mains d'un dessin élégant et pur; leur blancheur est si exagérée que le sang ne semble pas y circuler. « On sent à le regarder (écrivait un témoin oculaire), que c'est le rejeton d'une haute race dans laquelle le luxe, la vie oisive et l'excès des jouissances sont héréditaires. »

XLII. — Après les félicitations échangées par l'ambassadeur de France et le commandant en chef du corps expéditionnaire avec le haut plénipotentiaire chinois, M. de Méritens, interprète de l'ambassade, dit au prince que S. Exe. le baron Gros, ministre plénipotentiaire de S. M. l'Empereur des Français le prie d'agréer ses sentiments de respect pour l'Empereur, son auguste frère et pour lui-même, ainsi que l'assurance des sentiments de paix et de conciliation qui animent son Souverain. — Le prince Kong, sourit fort gracieusement, et, perdant l'expression dé contrainte pénible qui par moment contractait son visage, il ne cherche pas à cacher combien il est sensible" aux paroles qu'il vient d'entendre. Son Altesse répond : « que ce désir de bon accord que le traité de paix va sceller aujourd'hui, est au fond de son éœur et de sa pensée la plus intime. »

Le baron Gros, entouré de ses secrétaires, est allé ainsi que le général de Montauban, prendre place sur une estrade réservée. Devant de longues tables dressées pour la cérémonie, sont assis d'un côté dix à douze mandarins à boutons de corail, personnages élevés du

aia CAMPAGNE DE CHINS.

gouvernement chinois, de Tautre» les deux généraux de brigade, Jamin et Gollineau, et les chefs de service du corps expéditionnaire. Le thé est servi aux deux plénipotentiaires et aux grands personnages de chaque nation, puis commencent les formalités diplomatiques.

Les exemplaires du traité de paix sont échangés pour la vérification des sceaux.— Le traité français est transcrit sur très-beau parchemin, le traité chinois sur des tablettes de bois doré, puis, le prince Kong et le baron Gros, apposent tous deux leur signature et leur seing.

XLIIL — A ce moment, un coup de canon tiré près le tribunal des rites, donne le signal à la batterie placée sur les remparts de la porte du Nord, et une salve de vingt et un coups de canons salue ce solennel événement. Le prince Kong, après avoir reçu les félicitations du baron Gros et les portraits de l'Empereur et de l'Impératrice, ainsi qu'une série des monnaies françaises» remercie Tambassadeur, et adresse au général de Mont^uban les paroles les plus flatteuses sur les hauts talents militaires qu'il a déployés ; il annonce ensuite au baron Gros qu'il ira très-prochainement lui rendre visite, non en prince, mais en ami. Les' mandarins élevés qui entourent le haut plénipotentiaire chinois, graves et préoccupés pendant toute la cérémonie, ne cachent pas la satisfaction qu'ils éprouvent.

Les journées du 2k et du 25 octobre terminaient réellement tous les différends entre les nations alliées et le

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