LIVRE III, GHAPITfiE III
le domaine étroit mais plus lucratif de jPintérèt perfionneh
LIV. — « Aujourd'hui (écrivait le général de Montauban au ministre de la guerre), la question me parait eomplé^ tement vidée pour nous, mais malheureusement elle ne Test pas pour le gouvernement chinois, et je crains bien que nous ayons traité avec Tombrc d'un pouvoir qui se débat sous les étreintes de l'agonie, ^^ Plus on voit de près les rouages qui dirigent cette triste administration, plus on est convaincu qu'il faut une grande secousse pour faire sortir de son sommeil léthargique cet immense corps que l'on appelle l'empire chinois. La cupidité des mandarins ,' la vénalité des emplois, rextrème misère du peuple, dont plusieurs petits rois tartares s'arrachent les dépouilles ,. sont autant de causes de la dissolution qui marche à grands pas vers la ruine entière de la domination tartare ; mais , d'un autre côté, l'ignorance dans laquelle reste plongé ce peuple, son amour du travail et son respect profond de l'autorité souveraine, qu'il considère comme la puissance paternelle, sont autant de causes qui pourront retarder pendant quelque temps encore la catastrophe. »
Du reste, le gouvernement chinois comprenait bien que, de toutes les nations qui avaient traité avec lui , la plus désintéressée était la France. — Avant le départ du général de Montauban, Mgr Mouly, évèquedePé-king, avait reçu du prince Kong diverses ouvertures tendant à savoir si le général consentirait à lui prêter le secours
de ses troupes pour reprendre aux rebelles Young^ Cheou et Nan-kin. — Le général avait répondu que cette décision était du ressort de la politique, et que le baron Gros, chargé des instructions de l'Empereur, pouvait seul se prononcer sur la possibilité d'une semblable intervention.
L'avenir dira ce qui doit advenir de cet immense empire livré au désordre et à Fanarchie, et que cherche à relever de ses ruines par des mesures énergiques le nouveau souverain qui vient de monter sur le trône de la Chine.
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GOGHINGHINE