LIVRE 1, CHAPITRE
1er, dans l'état actuel des choses, ce calme et cette tranquillité, résultat des mesures rigoureuses qui régissent la police intérieure de la ville, sont plus apparents que réels. — Les derniers événements ont ravivé les espérances. — Évidemment la crainte seule maintient encore la population prête à se soulever en masse, si le sort des armes nous était contraire. Des assassinats partiels sur quelques hommes isolés révèlent, xk temps à autre, cette dangereuse situation, dont il faut sans cesse se préoccuper. Le gouvernement chinois a mis à prix la tête des barbares étrangers : celle du commandant en chef est évaluée à cinquante mille taels; chaque grade est coté, chaque tête a sa valeur*
Xe 3 mars, le général est de retour à Hong-kong, et, dès le lendemain, il a une longue conférence avec l'amiral Hope et l'amiral Page. Mais en l'absence du général Grant, qui commande les forces de terre britanniques, il était impossible de prendre* aucune résolution définitive. On se contenta donc de jeter les bases de plusieurs projets importants, n et ce ne fut pas sans discussion (écrit le général), car notre entrevue a duré cinq heures. »
L'occupation de Ghusan aura lieu, aussitôt que des forces suffisantes seront arrivées ou disponibles.
XXX. — Le lendemain, le général de Montauban quitta Hong-kong pour se rendre à Shanghai, qu'il n'atteignit que le 12 au soir, après une traversée très-difficile. Le général déploie la plus grande activité et surveille lui-
même rinstallation des divers services qui doivent fonctionner dans cette ville, afin qu'aucun retard n'entrave la mise en campagne des troupes qui vont successivement lui parvenir.
La marine est chargée défaire une reconnaissance dans le golfe du Pé-tchi-li et de déterminer le lieu propre au rassemblement général des forces pour l'attaque des forts du Peïho, dont lesTartares ont beaucoup augmenté, dit-on , les défenses et le nombre des défenseurs. Le contre-amiral Page, auquel le commandant en chef a communiqué ses projets et ses plans pour le début des opérations militaires, doit, pendant son absence momentanée de Hong-kong, le représenter dans les conférences avec nos alliés et mettre ces projets d'accord avec ceux de l'amiral Hope et du général Grant.
Dès son arrivée à Shang-hai, le général de Montauban s'est empressé de s'informer des achats des chevaux et des mulets -destinés au transport et au service de l'artillerie. — Un marché avait été passé pour cet objet entre le gouvernement français et une maison de commerce de Shang-hai; mais cette affaire importante n'avait encore obtenu aucun résultat sérieux, et il devenait à peu près impossible de se procurer en Chine les ressources nécessaires pour l'expédition, tant à cause de la rareté des chevaux dans la province, que par suite des ordres donnés par les autorités du pays.
Afin de s'entourer des renseignements les plus précis sur cette question délicate et difficile, le général institue une commission provisoire de remonte, que préside le