LIVRE I, CHAPITRE II
Céleste-Empire et les puissances occidentales soit radicalement tranchée, et que le gouvernement ne puisse, sous un prétexte futile , ramener un état de choses désormais impossible.
L'Europe civilisatrice frappe aux portes de la Chine, au moment où les désordres mortels de l'administration intérieure livre l'empire à la décadence et aux sanglants épisodes des guerres intestines.
Ces désordres qui ont éclaté depuis l'avènement au trône du nouveau souverain, prennent chaque jour un plus grand développement, et les rebelles devenus audacieux et sanguinaires, épouvantent les districts
des Français, et LL. Exe. les plénipotentiaires chinois Kweî-Liang et Houa-Cha-Na. De son côté, le gouvernement de S. M. l'Empereur des Français déclare, par l'organe du soussigné, son représentant, qu'il n*a plus désormais à invoquer, dans la question de ia résidence de son ministre à Pé-king , autre chose que les clauses des traités , c'està^ire qu'il reprend le droit de se prononcer, s'il le juge convenable, pour un séjour permanent de sa légation dans cette capitale, du moment que Sa Majesté Britannique n'étant plus liée par l'arrangement consenti par S. Exe lord Elgin avec les commii>saires chinois, a repris lui-même le droit de réclamer, sur ce point, lexécution pleine et entière de son traité.
4** Le gouvernement chinois s'engagera à payer à celui de S. M. l'Empereur des Français, une indemnité proportionnée aux charges que la nécessité où Ta mis la conduite de ce gouvernement d'envoyer une seconde fois des forces navales et militaires à une aussi grande distance, a fait de nouveau peser sur le trésor français.
5** Le soussigné, enfin, a reçu Tordre de notifier au gouvernement de S. M. TEmpereur de la Chine, qu'il lui e»t accorde un délai de trente jours, à compter de la remise de la présente notificHtion, pour accepter sans réserves les conditions ci dessus énoncées, à l'expîratâtn duquel délai, si le cahinetdePé-rking n'a pas fait parvenir son acceptation formelle au soussigné, son silence sera considéré comme un refus.
A. DE BOURBOULON
dont ils s'emparent par les scènes du plus affreux carnage.
Ainsi la nouvelle arrive à Shang hai qu'ils se sontemparés de Hang- tcheou, ville très-importante du Tehingkiang, qui domine toute la vallée du fleuve. — De Hangtcheoufou, ils menacent d'un côté Sou-tcheou et de l'autre Ning-poo.— Ces événements ont jeté le plus grand trouble à Shang-hai, les habitants épouvantés craignent une invasion de ces cruels ennemis et s'enfuient déjà en partie, les uns pour venir demander protection au sein des concessions européennes, les autres pour se rendre dans le nord. — Le Tao-taï de la ville est lui-même dans la plus grande anxiété, car déjà bon nombre de ces misérables sans aveu, qui ne vivent que de pillage, se sont introduits dans la ville et disent appartenir au parti des rebelles. Port heureusement, les autorités chinoises apprennent que des forces considérables sont réunies dans la province pour faire face à la rébellion et que la ville de Hang-tcheou a été reprise.
Il est facile de comprendre quelle agitation permanente une semblable situation entretenait dans les esprits. — La révolte au sein de l'empire et la guerre à ses portes.
XXXIL — Le contre-amiral Protêt a reconnu l'Ile de Ghusan dont l'occupation doit être le premier acte militaire accompli par les troupes alliées, aussitôt qu'elles seront réunies en nombre suffisant, car si l'ultimatum, ainsi qu'on doit le supposer, est rejeté, le gouvernement chinois peut susciter des soulèvements subits dans la po-