‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 28 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE IK · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IK

Excellence lui a transmise tout récemment, portant la date du 5. courant, et lui communiquant la réponse faite par le cabinet de Pé-king à l'ultimatum du gouvernement impérial de France. Cette réponse n'étant pas une acceptation pure et simple dudit ultimatum, le soussigné re^ grelte d'avoir à annoncer au gouverneur des Deux-Kiang qu'il la considère comme un refus catégorique, de la part du gouvernement chinois, de toute satisfaction pour une longue série de griefs dont la France a à lui demander le redressement, justifiant à l'avance toutes les mesures que le soussigné, dans la poursuite de cette juste réparation, jugera le mieux appropriées à cet effet. Il y a d'ailleurs un fait qui, à part ce refus, suffirait à lui seul pour rendre impossible tout arrangement pacifique du différend qui nous divise. Ce tait, c'est l'oubli constant de la part du ciibinet de Pé-king des égards et de la courtoisie dus au haut représentant de l'un des plus puissants empires du monde. Le soussigné ne saurait admettre, en effet, qu'en s'adressant au premier ministre de la Chine, comme il l'a fait pour lui transmettre l'ultimatum de son gouvernement, il n'en reçoive pas une réponse directe ; c'est un procédé, répété du reste déjà plusieurs fois, qui ne témoigne que de l'arrogance, et ce ton est inexplicable dans la position respective où se trouvent la France et la Chine. Le soussigné s'empresse d'en informer le gouverneur général des Deux-Kiang elle prie de vouloir bien porter ce qui précède à la connaissance du cabinet de Pé-king. »

« A. DE BOURBOULON

XXXV. — Suivant les instrnctiom de S. E. le ministre des Affaires étrangères de France (1), notre représentant fit^fnsuite savoir par une lettre, en date du 16 avril, au général de Montauban, commandant en chef les forces de terre et de mer en Chine, que, par suite de la réponse négative du cabinet de Pé-king aux demandes adressées par la France, il nereBtait plus qu*à faire appel à l'action milifaire, et quil remdttaît tous ses pouvoirs entre les mains du comnmndant en chef.

M. Bruce, ministre d'Angleterre, adressa la même communication à l'amiral Hope et au général Grant.

« Mon premier soin (écrit le général de Montauban au Ministre de la guerre, à la même date du 16 avril), a été de réunir les deux ministres, M. le général en chef Grant elles contre-amiraux Page et Jones (ce dernier remplaçant l'amiral Hope, reslé à Hong-kong), pour établir, préalablement aux opérations militaires, certains points qu'il me semblait nécessaire de fixer.

^ Il était important de s'entendre sur le sens des instnictions données aux commandants supérieurs des forces britanniques et au ministre, M. "Bruce. »

Le premier point de ces instructions était l'application d'un blocus et la suppression du cabotage, à partir du Yang-tse-kiang jusqu'au golfe tlu Pe-tehili et du Le-aotong.

« Gcs maures (écrit te itérai en chef), sans utilité pour nos opérations militaires, pouvaient jeter dans l'in-

(!) DèpaëheéQt80iâléee«l»R ¥859, à M. deBourboulon.

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térieur du pays pkis de cent milte marins chinois sans travail «1, par suite, disposés à troubler partout l'ordre que nnofi chercbiiais à maintenir.

« Il existait une tdle urgence à s'écarter des instructions du cabinet anglais que, malgré leur précision, nous avons entraîné l'avis unanime des chefs et du ministre aidais qui, du reste, avait fait un mémorandum pour son gouvernement, afin de lui exposer tous les dangere que pourraient occasionner, pour le commerce européen et la sécurité des personnes, l'application du blocus et la suppression du cabotage du Yang-ise-kiang jusqu'aux golfes duPe-tchilifit du Le-«io-tong.

« U a donc été arrêté qu'aucune démonstration hos* tile n'aurait lieu Tis-è-^vis des po^lations paisibles, et que les communications ou manifestes de guerre seraient adressées dinectement au gouvernement chinois. Cette manière d'agir laissera les populations (chinoises dans un état <ée neutralité complète dafis les opérations que nous litrigerons contre le gouvernement, tant est grande leur af^ihie pour tout ce qui ne touche pas directement leur intérêt personnel ou l'état de leur tamille* »

XXXVl. — Du reste, les intentions du gouvernement français, dans le cas où la guerre par le rqet de l'ultimalaiii deviendrait de noaveau inévïlabie avec la Chine, ^tettt netlemem définies dans tme déipêche du ministre Aes Alirires étrangères.

< n est (écrivait le ministre), une éemièpe démarciie

qu'il vous appartiendra de faire lorsque l'ouverture des hostilités aura été décidée. Cette démarche consistera dans la publication d'un manifeste que vous adresserez au peuple chinois, dans le but de l'édifier sur les motifs qui auront déterminé l'état de guerre.

« Vous rappellerez dans cette pièce que M. le baron Gros avait signé à Tien-tsin une convention à laquelle l'empereur de la Chine avait donné son assentiment et dont les ratifications devaient S'échanger à Pé-king; que cependant, lorsque vous vous êtes présenté amicalement au Peï-ho, pour vous diriger dans ce but vers la capitale du Céleste-Empire, vous avez été, contre toute attente, mis dans Timpossibihté de le faire, en même temps qu'on outrageait le pavillon français; qu'ayant à la suite d'actes aussi indignes, réclamé les excuses convenables et l'exécution par l'empereur de la Chine d'engagements solennels, vos justes demandes n'ont éprouvé que des refus, comme celles de même nature présentées au nom de Sa Majesté Britannique.

« Vous ajouterez qu'en conséquence vous êtes chargé d'obtenir du gouvernement chinois, par la force, et tout en évitant d'ailleurs, autant que possible, d'interrompre les relations que le commerce étranger entretient avec les populations paisibles de la Chine, les réparations que la conduite du cabinet de Pé-king nous oblige d'exiger de lui, l'accomplissement des engagements contractés par l'Empereur et le payement d'une indemnité qui dédommage le gouvernement français des sacrifices de toute nature que lui aura coûté l'expédition. M. Bruce publiera

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