‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 29 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IL

lin manifeste semblable au nom du gouvernement de Sa Majesté Brilannique.

« La déclaration que contiendra votre manifeste relativement à notre désir de ne faire porter, autant que possible, que sur le gouvernement chinois le châtiment qu'appelle sa conduite, et de continuer à vivre en bonne intelligence avec les populations elles-mêmes sur les points de l'empire où elles ne nous donnent pas de griefs, est en harmonie avec le plan de campagne arrêté entre les gouvernements alliés. Les opérations de guerre projetées ne doivent affecter, en effet, que les parages placés au nord du Yang-tse-kiang, et ce ne serait que si des incidents nouveaux ou des motifs sérieux et légitimes en amenaient la nécessité, que les commandants des forces alliées élargiraient le cercle de leurs opérations. »

XXXVII. — Le général de Montauban vient de recevoir la nouvelle que S. M. l'empereur Napoléon III a ordonné l'envoi d'un vice-amiral désigné au commandement en chef des forces navales françaises dans les mers de la Chine. — Par suite de cette nouvelle décision, le général do Montauban prendra le titre de Commandant en chef de V Expédition de Chine.

Celle résolution, inspirée par la position de l'amiral Hope vis-à-vis du général Grant, munis tous deux de commandements nettement définis, était une nécessité créée par le fait même d'une guerre entreprise en commun avec des alliés, mais elle ne partageait pas le comman-

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dément en chef relativement aux. opérations à entre.prendrepour l'expédition projetée. Les instructions données à Famiral étaient claires et précises: il devait apporter son concours au général de Montaoban toutes les fois que celui-ci jugerait à propos de le lui demandei?, et, si pour des raisons purement navales Famiral se croyait dans la nécessité de le refuser, i} devait exposes par écrit au commandant en chef les raisons de son refus.

Aussi cette nouvelle position faite àla marine luldoiHK nait un chef direct, immédiat, qui^ par rélévafion de son grade pouvait traiter d*égaL à. égal avec sir Hope Grant, mais n*ôtait rien au commandement en chef de son unité et n'exposait pas les opérations futures à des lenteurs et à des entraves, conséquences inévitables des commandements partagés.

Le 19 avril au matin, le vice-amiral Charner arrive à Shanghai et prend possession de son commandement.

Les bâtiments qui portent les troupes et le matériel étaient arrivés au cap de Bonne-Ëspérance, h la date du 23 au 25 février, àrexception de deux transports, hJva-a et risère. — Après une relâche d.*une moyenne de quinze jours, ces bâtiments se sont dirigés les uns directement sur Houg-kong^ les autres ont passé par Singapour.

Dans le courant du mois de mai», les arrivages de troupes seront, selon toute apparence^ terminés, et le général en chef pourra, dès lors, commencer ses premiers mouvements de concentration.

Les forces anglaises se montent à 12 263 hommes, — sur ce nombre on compte 1298 cavaliers.

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Le corps expéditionnaire français* ne compte que 6 7dO honuneâ, comme effectif de troupe&

XXXVIII. — Pour ne pas retarder l'occupation de Chusan,. le général de.Montauban s*est décidé àappeier 200 hommes de la garnison de Canton ; le contre-amiral Page, auquel est conâé le coaunandemenl de cette petite expédition , est parti d^ Woo-sung,. port, de Shanghai, le 19 avril à 9 h. du matin sur U Dmhayla* — Le 20, à 7 heures du matin, il mouillait en rade de King-tang où il trouvait les cancmnières l'alarme et V Avalanche qui l'avaient précédé.

Le 20, au soir le Saigon amenait à ce mouillage les deux compagnies venues de Canton. — Kins4ang est le lieu de rendez-vous. Le mèmesoir, arrivent le% troupes anglaises au nombre de 1000 hommes environ.

Le contre^amiral Page, le contre-amiral Jones et le général anglais décident que l'expédition fera route le lendemain pour Gbusan« La flottille alliée mouillera d'abord dans lesud desllesRawan et sommera la ville dese rendre. — Si elle refuse, l'attaque commencera immédiatement.

Le. 21, ^ S heures du matin, les deux amiraux alliés se mettent en marche : la petite escadre française tient la tête. Tousles bâtiments défilent devant les forts qui défendait la radedeTcbing-hai, capitale destles.Pas un coup de canon ne pari de ce& forts; ils sont désarmés. Les bAtimenls jettent l'ancre et deux embarcations portant les officiers parlementaires des deux nations abordent à terre et somment les autorités du pays de livrer l'Ue aux

alliés. Celles-ci n'opposent aucune résistance, disant : qu'elles ne pouvaient défendre l'île contre des forces aussi considérables de terre et de mer.

La convention dont étaient porteurs les officiers parlementaires fut aussitôt signée et les troupesdébarquéessans retard. — Les Français occupèrent les forts de Tanhill, et les Anglais l'ancienne caserne anglaise située sur la plage.

Le lieutenant colonel Martin des Pallières, de l'infanterie de marine, est chargé du commandement supérieur des troupes françaises, M. de Méritens, attaché à la légation de France, est nommé commissaire.

XXXIX. — Dès le lendemain, tout le pays était tranquille et les pouvoirs alliés fonctionnaient sans entrave. Une proclamation, placardée dans tous les carrefours et sur les places publiques de Ting-hai, avait fait savoir aux habitants qu'ils pouvaient se livrer en toute sécurité à leur commerce sous la protection des alliés.

Du reste, le fait suivant qui se passa à l'occasion de notre installation dans Tîle de Chusan vint de nouveau donner la mesure des sentiments de patriotisme dont les populations chinoises sont animées. — A peine Chqsan fut-il occupé, qu'une députation envoyée de Ning-Po, ville considérable du continent, exprima aux alliés combien il était regrettable qu'ils n'eussent point choisi de préférence leur ville, dont les ressources de toute nature étaient bien supérieures à celles de Chusan (1).

(1) Dépêche du général commandant en chef à S. E. le Ministre de la guerre, 26 avril 1860.

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