‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 32 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

mission semblable avec les mêmes pouvoirs que ceux accordés' au plénipotentiaire anglais.

« Les circonstances dans lesquelles le cabinet de Londres remettait à un de ses membres le rfîglement de la question de Chine (écrivait à ce sujet le ministre des Affaires étrangères de France) nous obligeaient évidemment de désigner un plénipotentiaire extraordinaire qui fût en état de traiter avec le gouvernement chinois sur un pied d'égalité avec lord Elgin, et le choix du baron Gros était dès lors tout naturellement indiqué. >»

Le général de Montauban fut instruit de cette décision des gouvernements alliés, au moment où tout se préparait pour l'installation de ses troupes à Tché-fou.

Dans l'ignorance des instructions dont Leurs Excellences seraient porteurs, Taclion militaire des commandants en chef se trouvait momentanément paralysée , mais ceux-ci n'en continuèrent pas moins activement à organiser leur prochaine entrée en campagne. — Il n'était pas douteux, en effet, que les hauts plénipotentiaires, déjà instruits des manœuvres de la diplomalie chinoise par les négociations stériles et les événements de l'année précédente, n'appréciassent la gravité de la situation, après le rejet insolent de l'ultimatum par la cour de Pé-king et ne laissassent un libre cours aux opérations militaires qui pouvaient seules obtenir à la fois réparation et satisfaction du gouvernement chinois.

XLVL — Il ne fallait pas se le dissimuler; la diplomatie ne pouvait plus honorablement tenter de renouer

les négociations interrompues, en face de ce dédaigneux aveuglement qui prenait chaque jour des proportions plus offensantes. Un succès éclatant et incontestable était nécessaire pour effacer l'échec du Peï-ho ; sans cela, le nouveau traité de paix serait signé sur le sol mouvant de l'orgueil chinois et violé, môme avant sa ratification à Pé-king. — Le passé avait apporté avec lui un trop grave enseignement pour n'être pas pris en sérieuse considération.

Eli effet, c'était avant que les deux cabinets de France et d'Angleterre eussent eu connaissance du rejet de l'ultimatum que le baron Gros avait été chargé de se rendre une seconde fois en Chine, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et de haut commissaire.

Le 21 avril 1860, le ministre des Affaires étrangères, M. Thouvenel, adressait au baron Gros une dépêche dans laquelle il lui détaillait les événements importants qui avaient décidé le gouvernement de l'Empereur à faire de nouveau appel à sa haute expérience et à son dévouement. — Il devait s'entendre et agir de concert avec lord Elgin, désigné par le gouvernement britannique pour remplir une mission analogue.

« Aucune démarche (écrivait le ministre), n'a été faite par le gouvernement chinois auprès des ministres de France et d'Angleterre pour témoigner du regret des fâcheuses circonstances qui avaient mis obstacle à l'échange des ratifications des traités de Tien-tsin, l'empereur Thin - Toung a même officiellement approuvé l'attaque dirigée contre les forces alliées à Ta-kou. Quoi-

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