LIVRE I, CHAPITRE ïll
corps. — Tché-fouest un campement favorable sons tous les rapports; Tairy est salubre, Feau bonne et abondante.
D'un autre côté, les efforts de la commission envoyée au Japon ont enfin, après bien des obstacles et des difficultés, été couronnés de succès. Elle annonce la prochaine arrivée de 1200 chevaux qui seront affectés au service de Tartillerie, à celui du train et aux officiers qui ont droit à être montés. — Le prix moyen des chevaux achetés au Japon est de 35 piastres, la traversée en sus.
Les inquiétudes causées par les mouvements des rebelles aux environs de Shanghai sont venues aussi ajouter une complication aux difficultés matérielles de la situation, difficultés, retards, obstacles contre lesquels il faut lutter avec les plus persévérants efforts. La proclamation des alliés adressée à la population de Shanghai a déjà porté ses fruits et calmé la terreur qui s'était emparée d'elle.
Il est curieux d'étudier les phases et la physionomie de cette étrange position qui érige en auxiliaires du gouvernement chinois ceux-là même qui lui ont déclaré la guerre et luttent depuis plus d'une année contre son arrogance et son orgueilleux aveuglement. — Abandon-r nées par un gouvernement sans force et sans influence morale, minées par les sanglants désordres de la guerre civile, c'est vers nous que se tournent avec des prières les hautes autorités chinoises pour sauver du pillage et du massacre une de leurs provinces les plus riches et les
plus commerciales. Combien loin il y a de la lettre du Tao-taï de Shanghai au style habituel des mandarins ! — La ville et ses environs n'ont rien à redouter, ils seront protégés par les armes alliées contre toute attaque des rebelles, aussi bien que les possessions européennes.
Cette position qui fait tourner en partie au profit du gouvernement chinois les troupes de la France et de l'Angleterre, au moment où les deux nations s'arment contre lui pour venger une insulte et la violation d'un traité, est un fait assez anomal dans l'histoire des guerres, pour mériter d'être signalé.
XLIX. —Ainsi le 26 mai, le Tao-taï fait demander une entrevue au général en chef français, afin de s'entendre avec lui sur les moyens de défense de la ville. — Comme nos alliés doivent également concourir à cette défense, le général de Montauban fait prévenir le général Grant de l'entrevue qui lui a été demandée et qu'il n'a pas cru devoir refuser.
A midi, heure indiquée, le Tao-taï se présente accompagné d'un autre mandarin; il apporte avec lui un plan de Shanghai et de ses environs, afin d'indiquer quels seront les points importants à défendre.
. « Ces points (écrit le général) combinés par les Chinois comme nœuds de communication entre les rivières et la route de Shanghai à Sou-tcheou indiquent de certames idées militaires. Le Tao-taï Ou a k réputation à'xm homme habite et énergique, ou plutM eomprené et apprécie mieux les Européens et leur supériorité par suite