LIVRE I, CHitWTRiS ni
de ses relations suivies aTec eux. Il a la physionomie intelligente, empreinte même d'un certain cachet de douceur qui contraste étrangement avec les faits qui viennent de se passer, quelques heures auparavant. »
Ce mandarin venait en effet de faire trancher douze têtes, sans procès, sans condamnation, par le fait de Isa seule volonté. — Il avait appris qu'à deux lieues de la ville, quelques rebelles s'étaient établis dans une pagode; aussitôt il les fait cerner, les prend tous et donne ordre de les décapiter sur l'heure. — En Chine de pareils ordres s'exécutent avec la plus ponctuelle et la plus scrupuleuse exactitude. — La justice, on le voit, y est expéditive. Ces prisonniers étaient, il est vrai, des rebelles en guerre ouverte avec le gouvernement de l'Empereur.
Il fut convenu dans cette entrevue que des disjîositions seraient prises immédiatement dans l'intérêt de la ville et des possessions européennes. — Le lieutenant-colonel Favre, de l'infanterie de marine, fut chargé de Texécution de ces mesures.
Le général de Montauban voulait d'abord Finstaller à Tsing-poo, mais il y renonça par suite des dispositions pleines de méfiance des habitants et d'une nouvelle résolution prise par les Anglais de n'occuper qu'un poste beaucoup en arrière de celui qui avait été précédemment déterminé ; le général en chef français donna donc ordre à ses troupes de ne pas dépasser le St^ka -we; de ce point elles pouvaient couvrir solidement Shanghai et protéger l'établissement des frères jésuites dans cette localité. Une occupailioii plus avancée ne sera ordonnée,
que si les entreprises ultérieures des rebelles la rendent nécessaire.
L. — Cependant les nouvelles de l'intérieur prenaient chaque jour un plus grand caractère de gravité ; elles^ déterminèrent le Tao-!aï de Shanghai à une seconde démarche près des commandants en chef et livrèrent la population de la ville à une terreur indescriptible.
La ville de Sou-tcheou était, disait-on, tombée au pouvoir des révoltés; on ajoutait même qu'ils s'étaient emparés de Tia-king, à huit lieues environ de Shanghai, et qu'ils y mettaient tout à feu et à sang.
oc J'envoyai des espions (écrit le général de Montauban, le 8 juin), et voici la véritable position des choses.
« Les rebelles forment quatre bandes distinctes, sous les ordres de deux chefs qui s'intitulent les lieutenants de Taï-sing-houang, le prétendu Empereur de la dynastie des Mings.
« Ces quatre bannières sont noire, rouge, jaune et blanche, et chacune d'elles a son rôle à. remplir.
« La bannière noire est chargée de tuer.
« La bannière rouge d'incendier.
« La bannière blanche de prendre des vivres pour les quatre bannières.
« La bannière jaune de s'emparer de l'argent pour pourvoir à la solde des autres bannières.
« Celte espèce d'ordre dans le pillage et dans le meurtre suppose bien évidemment des chefs, mais on ne croit