LIVRE I, CHAPITRE IIK
Texplosion du charnier à eau-de-vie. Le cambusier était imprudemment entré avec une bougie allumée , au lieu de se servir de sa lanterne, ce qui occasionna Texplosîon. Après plusieurs heures d'inutiles travaux pour se rendre maître du feu, le capitaine de la Reine des Clippers quitta le mouillage des Ladrones, et parvint à échouer le navire à la pointe de l'île, près Macao. — Il était alors six^heurcs du soir.
Le sauvetage des hommes commença vers neuf heures ; à dix heures et demie tout le monde était à terre , moins 25 hommes que le capitaine d'artillerie Dispot avait gardés avec lui pour arroser continuellement les voiles qui servaient au calfeutrage de toutes les issues. — Le feu n'était point éteint. — Le capitaine Dispot descendit à terre , à minuit, sur les instances du capitaine du bâtiment, qui fit embarquer sous ses yeux tous ses marins, voulant être le dernier à quitter son navire. Cette perte était dans les circonstances présentes doublement regrettable ; elle retardait forcément un arrivage impatiemment attendu, et privait le corps expéditionnaire d'un de ses transports les plus considérables.
LIIL — Le 14 juin, le général de Monlauban expédie à Tche-fou un premier convoi de 114 chevaux venus Ak Japon.-^ Dès que les grands transports qui ont, de leur côté, amené des troupes, seront redevenus disponibles, ils reprendront la même route avec chacun 250 chevaux au moins.
C'est un total de 700 chevaux environ qui seront -dé-
barques à Tche-fou, vers le 27 juillet. Le général en chef compte, le 2 juillet, quitter de sa personne Shang-haï avec son état-major; le commandement supérieur ^de cette ville sera confié au colonel Favre, officier aussi énergique qu'intelligent.
Le général doit se concerter une dernière fois avec ses alliés sur le plan définitif d'attaque des forts du Peï ho; les Anglais voudraient que ce Wt par Peh-tang ; mais ils semblent se ranger à l'avis du général de Montauban et se décider à attaquer par Ta-kou. Il paraît qne le chef tartare San-Ko-li-Tsin a augmenté les défenses de plusieurs côtés, et créé, dit-on, des obstacles nouveaux par l'inondation.
Le 16 juin, une première conférence a lieu entre le commandant en chef du corps expéditionnaire français, l'amiral Charner, l'amiral Hope et le général Grant.
Le 18, dans la soirée, les quatre commandants en chef se réunissent chez le général de Montauban eu conseil de guerre. Les dispositions définitives doivent y être ^ arrêtées. -^ Les avis étaient partagés sur le plan d'attaque concernant les forts du Peï ho.
Le général de Montauban,s'appuyant sur les documents émanés des explorations faites à diverses reprises et principalement sur celle du commandant anglais Bythsea, proposait que l'on débarquât à la fois dans le nord et dans le sud du Peï-ho, pour occuper les forls de la rive gauche par Peh-tang, pendant qu'on attaquerait d'un autre côté les forts de la rive droite par Sin-ko. D'après les informations recueillies et le rapport du contre-