‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 38 sur 170 · LIVRE I, CHAPITBE IIJ · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITBE IIJ

amiral Protêt, on pourrait débarquer à Sin-ko, à sept ou huit lieues environ du dernier fort de la rive droite. — On savait même par des documents envoyés par Mgr Mouly, évêque du Pe-tchi-li, que le principal fort n'était pas défendu à la gorge, et que l'accumulation des défenses était tournée du côté de la mer, les Chinois étant convaincus qu'on opérerait le débarquement après avoir forcé l'entrée du Peï ho.

Le général Grant et l'amiral Hope demandaient que l'on débarquât seulement dans le nord, objectant qu'il n'y avait point au sud du Peï ho de lieu de débarquement offrant des conditions aussi favorables sous tous les rapports que dans la rivière de Peh-tang; il craignait surtout la difficulté des communications.

LIV. — Cependant, l'amiral Hope reconnaissait luimême la justesse des appréciations émises par le général en chef français, car plusieurs mois avant cette réunion (20 sept. 1859), il écrivait dans un rapport au secrétaire de l'amirauté : « La seule objection au débarquement sur le côté nord de la rivière du Peï ho, c'est que le principal fort est sur le côté sud ; par conséquent, dans le cas de débarquement au sud, la réduction du fort le plus considérable entraînerait probablement celle du fort plus faible de l'autre côté, avec peu ou point de résistance, tandis que le résultat est tout contraire dans l'hypothèse inverse. »

La discussion dura près de quatre heures, et le général français fut assez heureux pour faire prévaloir

le plan qu'il avait proposé depuis longtemps et dont il exposa les motifs avec précision. — Les chefs auxquels étaient confiées les destinées de celte grave expédition et l'honneur des armes alliées, donnèrent, dès le début, à celte discussion ce caractère élevé qui la grandit en mettant de côté toutes les petites questions de vain amour-propre et de fausse personnalité.

Le conseil de guerre arrêta trois points relatifs à la direction des premières opérations :

P Le commandant en chef français débarquera avec les forces françaises dans les environs de Sin-ko, et sir Hope Grant, avec les forces anglaises, opérera de son côté un débarquement sur la rive gauche de Peh-tang. — Ces deux points indiqués pouvaient toutefois être modifiés, si des reconnaissances postérieures faites par la marine en démontraient la nécessité ;

2° Le débarquement aura lieu le 15 juillet, ou à une date postérieure aussi rapprochée que possible, mais qui ne devra pas dépasser le 21 juillet ;

30 Dix jours avant l'époque définitivement fixée, les commandants en chef se concerteront pour assigner un rendez-vous aux flottes alliées, afin que les deux drapeaux paraissent simultanément devant les forts du Peï-lio.

LV. — « Une quatrième question a été disculée (dit le procès-verbal de la séance du 18 juin), relative à la présence dans les eaux de Shang-haï d'un assez grand nombre de jonques étrangères à la localité et armées

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