III. — La diplomatie chinoise n'avait pourtant pas dit
son dernier mot; et si, dans sa pensée, elle ne pouvait plus se soustraire aux engagements qu'elle avait pris, eUe voulait encore suivre la voie dangereuse de son arrogant orgueil, et enlever à l'arrivée des représentants européens à Pé-king, toute solennité et surtout toute marque extérieure d'une déférence, dont la manifestation envers des étrangers les humiliait profondément.
En se rappelant les précédentes ambassades qui avaient, à diverses époques, tenté vainement de pénétrer dans l'intérieur du Céleste-Empire, on voit que les différends les plus sérieux ont toujours eu pour point de départ des questions d'étiquette et le refus permanent du gouvernement chinois de traiter sur un pied d'égalité avec les nations européennes (1).
Il avait été convenu entre M. de Bourboulon, ministre de France, l'amiral Hope et le ministre anglais, M. Bruce, que l'amiral Hope précéderait de quelques jours, à l'embouchure du Peïho, les bâtiments français et entrerait immédiatement en communication avec les hautes autorités chinoises, pour assurer aux plénipotentiaires la possibilité de remonter librement la rivière jusqu'à Tientsin et ensuite les moyens de se rendre sans retard à Pé-king.