LIVRE I, CHAPITRE III
française, uniquement pour satisfaire aux instructions très-précises données aux commandants en chef.
Ces instructions, en effet, disaient : « qu'il ne pouvait être question en aucun cas d'une arrivée séparée dans les eaux du Peï-ho de l'un ou de l'autre pavillon des deux puissances alliées. » Quelque regret qu'éprouvât le général de Montauban de ne point accéder au désir de son collègue, il ne put que s'en référer à ces instructions réciproques et au plan général arrêté et approuvé en conseil de guerre ; mais jaloux d'entretenir toujours d'excellentes relations avec ses alliés, il chargea le colonel Polley, placé auprès de lui, comme commissaire du gouvernement anglais, de porter sa réponse au général Grant, et d'y ajouter des explications verbales.
LIX. — Le général Grant vint avec son étal-major au quartier général français le 10 juillet. Lord Elgin l'accompagnait. Sans doute, le génénil en chef et l'ambassadeur anglais, en même temps qu'ils rendaient une visite de courtoisie au général de Montauban, désiraient voir par eux-mêmes où en étaient les préparatifs du corps expéditionniiire français.
Le général ne larda pas à tomber d'accord avec son collègue sur l'inutilité de l'occupation d'un point plus rapproché du Pei-ho, avant l'époque déterminée pour le commencement des hostilités.
Invité par le général de Montauban à passer en revue le corps expéditionnaire français, il put se convaincre par lui-même que nous étions en mesure d'agir, et que le re-
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fasd'aàhérerà sa demande n'était nullement motivé par le retard apporté à nos préparatifs de guerre. — Notre artillerie attelée de chevaux japonais attira surtout son attention par la précision et la netteté de ses manœuvres.
Les musiques des régiments saluaient le passage du commandant en chef anglais, et du haut plénipotentiaire, en jouant l'air national, God save the Queen.
Avant de quitter le camp, le général Grant fit promettre au général de Monlauban de venir le visiter, voulant aussi, disait-il, lui montrer lés troupes de S. M. britannique sous les armes et prêtes à entrer en campagne.
LX. — Dans cette même journée, il fat arrêté d'un commun accord que, le 20 juillet, le général de Montauban écrirait à son collègue d'Angleterre pour déterminer le jour précis auquel la flotte française et tous les transports pourraient être réunis au golfe du Pe-tclii-li, dans les positions respectives précédemment arrêtées.
Il ne restait plus à décider que le point de débarquement au sud des forts de Ta-kou. — L'amiral Chamer pensait que le meilleur endroit serait sur un banc de vase dure à huit milles au-dessous des forts.
Une dernière reconnaissance fut chargée d'indiquer avec netteté le lieu le plus favorable et quels obstacles seraient à surmonter au moment du débarquement. — Le rapport de l'amiral Protêt, qui avait servi de base aux résolutions arrêtées dans le conseil du 18 juin, servait également de point de départ à cette nouvelle exploration.