LIVRE I, CHAPITRE III
matin, on trouvait quatorze pieds d'eau, — on était à mi-jusant.— Les embarcations poussèrent. La nuit était claire, la mer très-calme.
« En quittant YAlon-Prah, les embarcations marchaient de front : celle du commandant et du chef d'étatmajor général au milieu, les deux autres à distance de voix, la 4« dite de réserve en arrière du centre, à 100 mètres.
« Après une demi-heure de marche dans cet ordre, les profondeurs, qui diminuaient déjà précédemment d'une manière continue, devinrent sensibles à la gaffe, quelques minutes après à l'aviron.
« Ce fut alors que l'on put avoir la certitude que sur tout ce nouveau parcours, par des fonds de 3 pieds, le sol était dur comme de la pierre; quelques coups d'aviron encore, et nous espérions trouver la terre. — Mais la mer descendait, nous fûmes obligés de nous arrêter à la profondeur de 2 pieds , et quittant nos embarcations, nous sautâmes dans Feau, marchant en bataille ; les officiers en tête, une petite réserve était réunie à l'arrière.
« Le sol couvert par l'eau était ferme, résistant, il eût pu supporter le roulement des plus gros fardeaux; la terre elle-même cependant ne se présentait pas. Après 20 minutes de marche dans ces conditions, le sol couvert de grandes nappes d'eau à fleur de terre, devint mou, glissant, collant, glaiseux, et nous avons continué au milieu de ces immenses lacs, sans pouvoir rencontrer la fin de ces flaques dormantes. — Pensant que nous n 7
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avions fait fausse route depuis notre sortie des canots, nous revînmes aux embarcations pour nous diriger dans le Sud-Ouest.
LXin. — « Il était trois heures du matin, la lumière pâle de la lune glissait sur l'eau, et nous n'apercevions aucune trace de terre réelle. — Tout à coup nous crûmes la toucher, nous entendîmes des cris de Chinois et les matelots s*élancèrent à leur poursuite; le commandant Bourgois se mit à la tête de ces hommes, en entrant dans l'eau avec eux.
«La lerreétail encore un leurre. L'ombre qui se projetait était celle d'un vaste réseau de filets perpendiculaires, au niveau de Teau et formant un immense barrage. Le chef d'état-major général resta à cette limite et rallia la réserve.
« Le commandant Bourgois continua la marche, toujours dans l'eau, au milieu des terres vaseuses. — Le jour commençait à poindre, nous pûmes alors reconnaître que cette côte est garnie de pêcheries d'un périmètre extrêmement grand.
< Dans la direction de la marche du commandant, à 4000 mètres de l'endroit, où les canots étaient échoués, s'élevait une sorte de plateau, comme une grande pièce de f(M*tification noyée au milieu de ces lacs sai^ fin.
« Le commandant Bourgois reconnut avec le colonel Dupin que c'était un village, élevé sur des anaas de vases et préservé de l'inondation par une différence de niveau.