LIVRE I, CHAPITRE III
Le rapport des explorateurs se terminait ainsi :
c Si le débarquement doit s'opérer dans le sud du Peï ho, le lieu le plus favorable est le premier village à 6 milles dans le sud de la rive droite ; mais le grand éloignement des navires obligés de se tenir à 6 milles en mer, les dislances à parcourir dans les terrains submergés, rendent cette opération impraticable d'une manière continue.
« Dans ces conditions, un débarquement vqts la parlie sud du Peï ho, avec obligation pour la marine d'approvisionner le corps expéditionnaire, nous paraît radicalement impraticable ; la discussion ne peut même pas en être établie.
« Nous considérons cependant que si on attaque les forts du Peï ho par la rive gauche et par la mer, on pourrait envoyer au moment décisif 1500 hommes d'élite, débarquer au village le plus au nord avec une batterie de montagne à dos de mulet, et que ces hommes pourraient peut-être, par un coup de main, prendre les forts à revers, en s'emparanf du village de Ta-kou ; mais ce ne peut être là qu'une expédition de deux ou trois jours, tentée avec des hommes sans sacs et sans établissement qui nécessite de gros ravitaillements. »
LXV. — On voit à quel point les offlciers chargés de celte importante exploration se prononcèrent nettement dans le sens d'une impossibilité absolue.
Le 19 juillet, il y eut donc une nouvelle conférence entre les amiraux et les généraux en chef, malheureu-
sèment les Anglais qui, d'après la convention arrêtée au conseil, devaient faire reconnaître la partie nord du golfe, pendant que les Français feraient reconnaître la partie sud^, n'avaient dirigé aucune nouvelle exploration de ce côté (1).
Cependant le temps était précieux, et de plus longs retards pouvaient devenir très-préjudiciables; on résolut de s'en tenir aux anciens rapports du commandant du génie anglais Fischer et du capitaine Bythsea, ces rapports déclaraient un débarquement facilement praticable par une bande de sable, à l'entrée de la rive gauche du Pehtang ho ; il fut donc convenu que la réunion des deux flottes aurait lieu, pour dernier délai, le 28 à un excellent mouillage en dedans des bancs de Sha-luy-teen, et que le 29 les Français enverraient reconnaître s'il existait des obstacles dans la rivière du Peh-tang; dans ce dernier cas, on débarquerait sur les bancs de sable.^- Dans le cas contraire, on enlèverait de vive force les forts de Peh-tang.
Le général de Montauban ne partageait pas entièrement ce dernier avis; selon lui, il serait préférable de mettre l'expédition à terre hors de la portée des forts, de les tourner et de les attaquer par la gorge où ils sont peu défendus (2).