‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 46 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

deux ambassadeurs ontassistéau conseil,tenulel9,etont déclaré qu'ils n'accepteraient aucune négociation avant que les forts du Peï ho fussent tombés sous les coups des canons alliés. — C'est seulement à Tien-lsin qu'ils consentiront à traiter avec le gouvernement chinois.

Cependant la rébellion continue ses ravages dans l'intérieur de l'Empire et menace chaque jour davantage d'une anarchie complète ce malheureux pays. Les mesures que nous avons prises arrêtent bien les progrès des révoltés aux environs de Shang-haï, mais l'intérieur de la province est dans le plus triste état qui se puisse imaginer.

Avant de quitter les deux Xiang, où le pouvoir insurrectionnel remplace presque .partout le pouvoir impérial, le Vice-roi a adressé, dit-on, un placet à l'Empereur, pour lui exposer la gravité toujours croissante de la situalion. — Une traduction de ce curieux document est apporté au général de Montauban. Est-il véritablement émané du Vice-roi? et si ce mandarin a eu le courage d'exposer ainsi aux yeux du Souverain la cruelle vérité, cet écrit est-il parvenu jusqu'au trône de l'Empereur, que des ministres coupables entourent d'un voile épais? — Peut-être, est-ce un nouveau stratagème pour nous faire croire à des dispositions conciliantes et retarder encore le commencement des hostilités.

Les hautes autorités chinoises de Shang-haï affirment que ce rapport est bien l'œuvre du Vice-roi et qu'il a été envoyé à Pé-kîng.

Nous en extrayons quelques passages qui peignent avec

des couleurs bien sombres mais vraies la désorganisation qui s'étend de toutes paris.

LXVII. — Ho Kwei-tsîng, vice-roi des deux Kiang et Wang-yu-ling, gouverneur général de Tché-Kiang à genoux exposent :

« Que les affaires militaires étant entièrement ruinées, le Midi et le Nord se trouvent en danger; il est urgent qu'on fasse tous ses efforts pour conclure le traité de paix avec les Européens. On pourra, seulement ainsi, détourner un double danger de la part des Européens et des rebelles.

« Ce placet est dressé de commun accord par les deux susdits mandarins; ils supplient Sa Majesté de leur accorder cette grâce pour détourner le péril qui menace. Ils implorent l'attention de Sa Majesté.

« La ville de Sou-tcheou est perdue. La grande administration est désorganisée. Quand moi, Ho Kwei-tsing, je vins à Shang-haï selon vos ordres pour traiter les affaires, j'informai Sa Majesté de l'état des choses. Maintenant nous croyons que la décomposition de la grande .armée de Nan-king est venue de ce que le généralissime Ho-chun, ayant mis sa confiance en des hommes indignes, était détesté par l'armée. — Le général Tsan-kohliang était désolé de ne pouvoir pas agir selon ses bons désirs. Ce général a perdu la vie dans un combat près de Tan-yang. A sa mort, l'armée a été débandée et mise en déroule à la seule vue des rebelles. Le général Hophun, voyant la démoralisation des soldats et ne pouvant

Page 1