LIVRE I, CHAPITRE III
plus les rallier, se donna lui-inêrae la mort avant le désastre. L'armée, restée sans chefs, s'est dispersée et tout le matériel est resté entre les mains des rebelles. En moins d'un mois, la position est devenue des plus déplorables. Jamais on n'a vu de semblables catastrophes.... « En supposant qu'il vienne des troupes à notre recours, comment les nourrir?
« C'est pour cela que Su Yu-j in, gouverneur du Kiangsou , quand Sou-tcheou était en danger et n'ayant pas d'autres moyens, écrivit en toute hâte au trésorier général de la province et à Wu-Hù, intendant du circuit de Susung, pour réclamer le secours des troupes françaises et anglaises. En outre, à la demande des principaux citoyens, il chargea Wu-Yiin, gouverneur par intérim de Sou-tcheou, de porter cette dépêche et de presser l'affaire. Mais Wu-Ytin était à peine arrivé à Shang-haï que Soutcheou était pris. Moi, Ho Kwei-lsing, j'étais sur une barque. Le Tao-taï m'envoya un bateau pour me presser d'aller à Shang-haï. J'y arrivai le 17 au soir. Le 20, je visitai le ministre plénipotentiaire anglais, M. Bruce, pour le prier d'empêcher l'expédition du Nord. — Il me répondit que l'on ne pouvait rien traiter et arrêter à Shang-haï, etc. Le secrétaire du ministre français me fît à peu près la même réponse.
« Des navires de guerre de ces deux royaumes arrivent continuellement et se dirigent vers le littoral du Shan-toung ; ainsi leurs opérations commenceront incessamment, sans qu'on puisse obtenir un délai.
« Nous considérons que la Chine a été en relations
commerciales avec la France et l'Angleterre, restant toujours en paix , pendant près de vingt ans. Le commerce entre les Chinois et les étrangers est utile aux uns et aux autres, et cet état d'hostilité est nuisible à tous. La guerre une fois commencée, on s'en ressentira partout, «t les calamités qu'elle engendre ne finiront peut-être jamais....
« Si nous ne sonunes pas encore en pleine dissolution, c'est seulement parce qu'on espère que le traité de paix sera bientôt conclu et qu'on pourra emprunter des troupes pour exterminer les rebelles. Si cet espoir nous manque aussi , il n'est pas nécessaire que les rebelles arrivent, pour que la situation soit désespérée. -— En cachant cet état de choses, nous serions encore plus coupables pour avoir trompé le gouvernement, et ce crime ne pourrait même pas être expié par dix mille morts. Ainsi nous pensons qu'à présent il n'y a pas d'autres moyens de salut qu'une prompte paix. La France et l'Angleterre oubliant leurs anciens griefs pourraient nous aider, et dans le Midi comme dans le Nord les affaires pourraient se relever. Jour et nuit nous pensons que si la paix est conclue, on peut rétablir la tranquillité.
« Maintenant nous implorons votre indulgence, afin que. Votre Majesté sortant des règles ordinaires, approuve entièrement les articles du traité conclu à Tien-tsin avec la France et l'Angleterre et les quatre articles proposés ensuite. Pour ce qui regarde l'entrée des ambassadeurs à Pé-king pour l'échange des traités, s'il plaît à Votre