LIVRE I, CHAPITRE lU
Majesté de rordonner, Si-Hué partirait par la voie de mer pour le Nord, pour arranger cette importante affaire.
c Nous attendons avec une crainte respectueuse les ordres de Votre Majesté, Nous avons écrit ce placet de commun accord et nous l'envoyons par le courrier le plus rapide,
c Nous vous supplions de l'examiner.
« Nous vous informons avec respect.
«Expédié la lO'année, le 24 de la 4'' lune (13 juin 1860).»
LXVIII. — Nous avons transcrit ce document, parce qu'il a été officiellement envoyé au général de Montauban par les autorités de Shang-haï; mais malgré leurs assurances réitérées, il est bien difficile de croire que le vice-roi des deux Kiang et le gouverneur général de Tche-kiang aient osé adresser à l'Empereur une semblable communication.
Enfin rien ne doit plus retarder l'expédition des armées alliées. L'ordre de départ a été annoncé par le général en chef, pour le 26 juillet.— Depuis le 20, l'embarquement des dhevaux et du matériel de guerre est commencé.
c Je laisse à Tche-fou environ 250 hommes (écrit au ministre de la guerre le général en chef) (1), soit ouvriers d'administration, soit convalescents et coolies, pour recevoir et nous expédier les approvisionnements que j'ai fait réunir sur ce point pour être transportés à Tien- Ci) Dépêche du 23 juillet 1860.
tsin, dès que la voie sera ouverte. Un chef de Wtaillon (le commandant Delaplane du lOP) conserve le commandement supérieur. J'ai fait faire une coupure sur la partie la plus étroite de la presqu'île. — Le génie y a pratiqué un fossé avec un parapet, travail, du reste superflu en raison des mœurs paisibles des habitants. Jamais on ne rencontre un seul Chinois armé même d'un bâton. De très-bonnes relations sont établies avec eux, elles sont basées sur leur intérêt, et notre départ sera vivement regretté. »
LXIX. — Il estfacile de comprendre avec quelle joie fut accueillie la nouvelle tant désirée du départ. De tous côtés on entendait les chants des soldats; et à leurs refreins militaires, répétés en chœurs, se joignaient des plaisanteries à l'égard des Chinois. Par tout le camp, c'était une animation incessante, un mouvement joyeux, un tumulte qui donnait un aspect magique à cette colline sur laquelle resplendissait un soleil éblouissant. . — Jamais ce pauvre village de Yen-taï n'avait vu un semblable spectacle ; toute la population accourue voulait aider nos soldats dans ses préparatifs de départ.
Quand l'ordre du général en chef fut connu dans les hôpitaux , les malades, oubliant leurs souffrances, voulaient, malgré les instances des médecins, reprendre leurs armes et rentrer à leur rang. — Comment s'opposer à cette mâle et noble émulation? — Il ne resta dans les hôpitaux que ceux dont la maladie avait entièrement épuisé les forces et qui ne purent se soulever de