‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 49 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

leur lit de douleur. Une chaleur accablante faisait ruisseler de sueur tous les fronts et brisait souvent les forces des plus robustes ; mais Tarraée allait entrer en campagne; elle quittait l'immobilité d'un campement sur une colline inofîensive pour les grandes émotions des combats et des champs de bataille. — Combien elle était impatiente de se mesurer avec cette armée tartare qui devait, disait-on, défendre à outrance les abords de la capitale du Céleste-Empire, et se ruer en nuées innombrables sur les imprudents Européens qui osaient se croire les égaux des puissants empereurs de la Chine!

LXX. — La France est une nation guerrière. Le bruit d'une bataille Tenivre et la transporte.— Et puis, ce petit corps d'armée avait la foi en soi-même, il avait confiance en ses chefs qui avaient surmonté tous les obstacles avec une si énergique persévérance.

A moins d'avoir sérieusement étudié le mécanisme compliqué d'une administration militaire qui doit tout prévoir et parer à tout au moment d'une entrée en cam^ pagne, il est bien difficile de se faire une idée exacte des détails innombrables qui s'y rattachent et des empêche- ' rnents dont un chef habile et prévoyant doit triompher. Ces difficultés réelles, inévitables pour toute armée en mouvement, s'accumulent à chaque pas, lorsqu'il s'agit d'une entreprise qui jette ainsi sur une côte lointaine quelques milliers de combattants. — Ainsi il avait fallu compter avec les retards, avec la mer qui brisait sur des

ëcaeils les navires impatiemment attendus et privait subitement le corps expéditionnaire de ressources sur lesquelles il devait compter. Mais la France allait défendre la grande cause de la civilisation et Dieu veillait sur cette petite armée si loin du sol natal.

« J'ai bien peu de monde comparativement aux Anglais (écrivait le général en chef); et dans l'attaque des forts du Peï ho , je ne pourrai guère présenter plus de 6000 combattants, y compris l'artillerie; ce sera environ 5000 baïonnettes, mais la confiance de tous et le désir de prouver à l'Empereur et à la France que nous sommes dignes de la mission que nous avons reçue seront notre meilleure force. — Dieu fera le reste. »

LXXI. — L'embarquement des troupes est complètement terminé. Sou efTectif se compose de 8314 hommes, avec un matériel de 1200 chevaux, 12 pièces de 12 rayées, 12 pièces de 4 rayées, 4 pièces de montagne.

Le 25 juillet, à trois heures de l'après-midi, le général de Montauban , commandant en chef, arrive à bord du ForUn^ qui a été mis, par l'amiral Charner, à sa disposition. — La flotte française présente un aspect magnifique; vingt-deux bâtiments rangés avec ordre, balancent leurs hautes mâtures comme une forêt agitée par le vent. Lorsque le signal du départ apparaît au grand mât du vaisseau amiral, une immense acclamation sort à fa fois de toutes les poitrines, et ce cri de : vive l'Empereur 1 qui précède toujours nos soldais auxcombats, court de navire en navire.

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