LIVRE 1, CHAPITRE III
sur ce terrain fangeux, pour atteindre la terre ferme. Môme à marée haute la passe du Peh-tang n'a que dix pieds de profondeur; les canonnières peuvent donc seules la franchir. — Telles sont les indications précises qui résultent de cette reconnaissance.
LXXIII. — Les canonnières anglaises rejoignirent le gros de Tescadre le 29 seulement dans la soirée.
Le lendemain, la mer devint si mauvaise, :qu*il fut impossible aux troupes de quitter les bâliments.Le 31, le gros temps continua, mais la mer commença à se calmer. — Le général de Montauban n'avait abord pour ses chevaux que des ressources très-restreintes, aussi însista-t-il vivement auprès de la marine pour le débarquement.
Enfin le 1*" août le temps étant redevenu proportionnellement bon, le débarquement commença au lever du jour. Les bâtiments à vapeur légers, tirant moins de neuf pieds, purent prendre à la remorque les canots et les jonques qui portaient 2000 hommes, une batterie de 4, la batterie de montagne, une section du génie, une section d'ambulance et 200 coolies. —Par suite d'une convention entre les deux généraux en chef, les Anglais avaient embarqué le même nombre d'hommes, moins l'artillerie.
Les canonnières atteignirent la barre en bon ordre et la franchirent à midi et demi, heure de la plus haute marée. Lorsque ces bâtiments légers furent arrivés au point déterminé par le colonel Dupin et parle capitaine Porster dans leur dernière exploration (en face d'une II 8
hutte de pêcheurs), ils jetèrent l'ancre, et le général de Montauban se rendit aussitôt avec l'amiral Gharner à . bord de la canonnière où se trouvait l'amiral Hope et le général Grant. — Au delà des 500 mètres, qu'il fallait traverser dans les terrains vaseux , entièrement recouverts d'eau par la marée haute, on apercevait distinctement le pays plat sur lequel les deux corps expéditionnaires devaient prendre pied. — Les forts qui défendaient les deux rives du Peh-tang ho se voyaient distinctement, ainsi que plusieurs villages considérables, dont les constructions en terre semblaient dénoter la pauvreté. ■— Au milieu de ces villages , peu éloignés les uns des autres, on distinguait celui de Peh-tang-tchen, qui communique avec le Peï ho au moyen d'une chaussée de 6 à 7 mètres de largeur. — Celte chaussée domine la plaine d'environ un mètre et demi. — Deux forts s'élèvent sur les rives du Peh-tang ho. Le fort de droite renferme deux cavaliers, dont chacun a trois embrasures armées de canons, qui peuvent battre l'entrée du fleuve; une longue courtine , armée également de pièces d'artillerie, relie les cavaliers. Le fort de la rive gauche, situé un peu en arrière, a moins d'importance; ses canons peuvent battre aussi le passage, mais avec moins d'efficacité.
LXXIV. — Lorsque le général de Montauban et Tamiral- Gharner montèrent à bord du bâtiment qui avait transporté les deux commandants en chef anglais, il était trois heures, et si on voulait profiter de la journée pour opé-