‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 52 sur 170 · LIVRE f, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE f, CHAPITRE III

rer le débarquement et établir convenablement les troupes, les minutes étaient précieuses. — Aussi Tentrelien entre les amiraux et les généraux fut court. —Le général Grant proposa d'abord d'attendre l'heure de la marée basse (six heures du soir), mais il existait entre la chaussée et le village Peh-tang-tchen un pont de communica^ tion sur un canal attenant, et l'on avait vu très-distinctement, à l'aide de la longue-vue , des cavaliers tarlares. aller et venir sur la chaussée. Si ces cavaliers avaient la pensée de détruire ce pont , ils nous mettaient dans un grand embarras, car l'établissement de ponts volants eût été très-difficile dans ces terrains vaseux où, selon toute apparence, les chevaux ne pourraient avancer qu'avec la plus grande difficulté. Il fallait doûc quelque difficile et pénible que dût être la marche des troupes , par suite de la marée haute, ne pas retarder leur mise à terre. — Ce dernier avis, appuyé parla majorité, fut adopté, et il fut convenu que 400 hommes de troupes des deux, nations se jetteraient à l'eau à quatre heures et demie,, pour gagner le terrain solide aussi rapidement qu'il serait possible. «

A minuit les amiraux devaient , avec les canonnières seulement, remonter le Peh-tang ho, passer sous le feu des forts et venir mouiller à un point qui leur permît de prendre ces forts à revers, pendant que les deux colonnes française et anglaise, avec les deux batteries d'artillerie française, suivraient la chaussée et les prendraient d'écharpe.-— Tel était le plan d'attaque rapidement conçu et qui devait être rapidement exécuté, si l'on ne voulait

pas voir surgir tout à coup quelque obstacle imprévu qui en empêchât l'exécution,

LXXV. — Le général de Montauban était tellement préoccupé de cette pensée, qu'il se jeta aussitôt dans une embarcation avec le lieutenant-colonel Dupin, qui avait fait la reconnaissance , le capitaine de Montauban , son officier d'ordonnance, et le brigadier Irisson des spqihis. Cette embarcation filant de toute la rapidité de ses avirons, courut vers le rivage où bientôt elle échoua, et le général s'élança le premier dans la mer, ayant de l'eau jusqu'au genou. Les canots qui portaient le bataillon de chasseurs à pied avaient reçu l'ordre de suivre celui du général en chef.

De son côté, le général Grant arrivait avec les Anglais, et bientôt la plage, inondée encore par les eaux de la marée haute, fut couverte de soldats qui s'excitaient à Tcnvi dans cette marche pénible et aventureuse, où parfois chaque homme avait de l'eau jusqu'à la ceinture, — Ce fut un étrange et superbe spectacle qui dut grandement étonner les Tartares,^que celui ie cette multitude armée qui, semblable aux flots de la tempête, avançait vers eux.

Pendant une heure et demie, chefs et soldats luttèrent avec énergie sur ce sol mouvant qui parfois se dérobait tout à coup sous leurs pieds; car malheureusement, dans beaucoup d'endroits, les terrains n'offraient pas la solidité qu'avait annoncé le colonel Dupin. — Enfin on atteignit la terre ferme que nos soldats ne

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