LIVRE I, CHAPITRE IV
Le général Grant voulait, au contraire, ainsi que nous l'avons dit, conlinuer l'attaque successive des défenses de la rive gauche, parce qu'il les supposait, disaît^il, moins bien défendues. — Leur possession apurait, selon lui, l'attaque des forts de la rire droite, car on pouvait alors établir de l'artillerie sur la plage nord, et battre ces forts vigoureusement, en laéme temps que les troupes les attaqueraient par derrière. L'amiral Hope et lord Elgin appuyèrent vivement ce . second plan d'Mtaque proposé par le général en chef anglais. Du reste si cette opération sur la rive gauche n'avait pas d'utilité stratégique, elle offrait l'avantage de mettre à profit le temps qui était encore nécessaire à l'achèvement des travauxde communication avec la rive droite et ne laissait 'point l'ennemi en repos. — Elle fut donc décidée en conseil.
XCV. — Toutefois, l'établissement solide qu'avait formé le général Jamin dans le village de Sia-o-leantz sur la rive droite, conservait son importance ; il menaçait l'armée tartare , et son artillerie en conlre-battant par terre les forts du sud, les empêchait de prendre de tlanc nos colonnes d*attaque sur la rive nord. — Par ordre du commandant en chef, le général Jamin fit, le 20 août, une reconnaissance, dans le but d'éclairer les débouchés en avant de son front; il ne tarda pas à rencontrer des ouvrages fortement occupés et dut s'arrêter devant un feu d'artillerie de gros calibre.
« Il me fut alors démontré (écrit au ministre de la
guerre le général de MontaubaD) (1), que sur cette rive, comme sur la rive gauche, il était impossible d'aborder les forts, sans avoir enlevé un grand camp retranché semblable à celui de Tang-ko pris par nous le 14.
« Dès ce moment, la disposition de Tensemble des ouvrages chinois m*était clairement connue. Sur chaque rive, à l'embouchure dePeï-ho, un fort énorme battant» la mer et les approches des estacades; enamont, un autre fort couvrant dé feu les premiers et enfilant le fleuve; enfin pour protéger tout le système du côté de la terre, un vaste camp retranché situé à la limite de la terre ferme et des lagunes.
« La position de la brigade Jamin sur la rive droite couvrait mon point de passage et avait pour effet de menacer la seule ligne qui rest&t à Tennemi. »
Il fut décidé que l'attaque du fort le plus rapproché de Tang-ko sur la rive gauche, aurait lieu le 21.— La brigade du général Gollineau^et celle du général Napier furent désignées pour cette opération.
Les canonnières des deux flottes avaient mission, pendant l'attaque des troupes alliées, de couvrir de boulets, avec leurs pièces à longue portée, le fort delà rive gauche, situé en aval de celui que l'on devait enlever dans la journée du 21.
XCVL — L'amiral Gharner, qui était en grande^ rade à l'entrée du Pé-tchi-li, reçut du général de Montauban
(1) Dépêche du 24 août 1860, camp de Sin-ko.