‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 68 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

lineau déboucha par les deux chaussées et marcha en s'appuyant au fleuve; — nous, attaquions la droite du fort.

A six heures du matin , l'artillerie alliée placée à 1500 mètres de distance environ, commence à canonner le premier fort qui avait un parapet crénelé, dont chaque embrasure était armée d'une pièce de canon. Ce fort répond vigoureusement, secondé par les batteries de la rive droite qui nous prennent d'écharpe, et par d'autres batteries élevées à l'entrée du village de Sin-ko. Aussi, le général CoUineau, après avoir mis deux de ses pièces en position devant le fleuve, a placé les quatre autres sur la rive même du Peï ho, pour contre- battre de ce côté les feux ennemis.

Le tir des alliés sûrement dirigé, ne tarda pas à produire des dégâts considérables. Vers sept heures, deux explosions successives se font entendre ; ce sont deux poudrières qui sautent, lançant au loin des débris enflammés, l'une dans le fort de face, l'autre dans le fort de gauche très-éloîgné de nos attaques, mais sous le feu de nos canonnières. Deux nuages épais de fumée enveloppent ces deux ouvrages et les dérobent pendant un instant à nos regards.

Trois compagnies du 102* se sont avancées résolument; abritées par un petit épaulement, elles attendent l'ordre de se lancer à l'assaut. — L'artillerie s'est rapprochée à une distance de 600 mètres environ.

Le capitaine Lesergeant d'Hendecourt, aide de camp du général Collineau, est chargé d'aller reconnaître les u 10

obstades qui défeBdent les approches de l'oufrage ennemi. Trois fossés pleins d'eau traversent un terrain fangeux; on ne peut les aborder que par deux voies très-étroites. Dans les intervalles qui séparent les fossés entre eux, les Chinois ont placé plusieurs rangées de pieux croisés et profondément enfoncés en terre (I).

XCIX. — Une fois le terrain bien reconnu , le général Collineau fait prévenir son collègue le général Napier, qu'il croit le moment venu de lancer les colonnes d'allaque.

Une compagnie de voltigeurs du 102« se déploie en tirailleurs en avant de notre front, suivie de près par la 4" compagnie du 1" bataillon, à la tête de laquelle s'est mis le colonel O'Malley. Les coolies qui portent les échelles marchent avec une section du génie, sous les ordres du capitaine Bovet. — L'ennemi commence aussitôt contre les assaillants un feu violent de mousqueterie et de gingalls qui couvre de balles le terrain que l'on doit traverser pour arriver au premier fossé.

A la violence de ce feu, il est facile de comprendre que les Chinois ont préparé d'énergiques moyens de défense, et qu'ils ne céderont pas facilement la place. Le passage est difficile, et l'ennemi redouble d'énergie pour nous arrêter. Ce fossé est si rapproché des remparts que les troupes essuient des pertes sensibles ; mais les projecti-

(1) Dépêche du général en chef au ministre de la guerre, 24 août 1&60. Camp de Sin-ko,

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