LIVRE I, CHAPITRE IV
TEmpire, veulent encore résister et défendre le terrain pied à pied. Entassés dans un espace restreint, ils cherchent à nous empêcher de pénétrer plus avant ; mais nos soldats s'élancent sur eux à la baïonnette, et les refoulent énergiquement.
CI. — De leur côté, les Anglais envahissent bientôt aussi le fort , et plantent après nous sur les créneaux conquis, leur drapeau national.
Les assiégés enveloppés ainsi de tous côtés, ne cherchent plus leur salut que dans la rapidité de la fuite. On les vdit s'élancer éperdus, et se jojter du haut des parapets, ou disparaître par toutes les issues; nos balles les poursuivent, et jonchent le sol de cadavres, en dehors du fort : quelques-uns de ces malheureux restent accrochés sur les pointes acérées des pieux qui défendaient l'approche des remparts, et y trouvent une mort affreuse.
Certes, jamais l'armée chinoise depuis que nous la combattions, n'avait si vaillamment et si rudement résisté.
« Dans cette attaque (écrit le général au ministre) (l), les Chinois ont perdu plus de 1000 hommes tués, soit dans le fort même, soit en fuyant dans la campagne le long du fleuve, pour atteindre le dernier fort de la rive gauche. La terre était couverte de leurs cadavres. J'ignore le nombre des blessés ; il a dû être considéra-
(l) Dépêche particulière du 23 août 1860.
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ble, si l'on peut en juger par tous ceux qu'ils ont emportés en fuyant.
c Mais nos pertes étaient sérieuses et cruelles. Le lieutenant Grandperrier des voltigeurs au 102, le maréchal des logis Duchayla, ont été frappés morlôHienient, les lieutenants Balme et Porte, et l'adjudant sous-offlcier Lunel, du 102% sont grièvement blessés. — Sur huit officiers des deux compagnies du 102% deux seulement ont été épargnés par le feu ; la seule compagnie de voltigeurs compte 62 hommes tués ou blessés. »
GII. — Pour compléter la victoire, et profiter du désordre que la prise de ce fort important devait avoir jeté dans Tarmée ennemie, les généraux en chef décidèrent que dans la seconde journée on attaquerait le second fort, vers lequel on avait vu se diriger les Tartares en fuite.
Pendant le temps nécessaire aux dispositions à prendre pour cette nouvelle attaque, le lieutenant-colonel Dupin, chef du service topographique, reçut l'ordre de prendre avec lui une cinquantaine d'hommes, et d'aller reconnaître les abords de cet ouvrage, éloigné de douze à quatorze cents mètres environ du premier.'
La chaussée se continuait et servait de communication. Trois fossés remplis d'eau, dont le dernier était creusé au pied môme des remparts, protégeaient les approches du fort. — Les intervalles qui séparaient ces fossés étaient couverts d'abatis et de palissades. Si les remparts étaient bien défendus, l'attaque rencontrerait de