‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 72 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

de la rive droite. Aussi le général de Montauban, profitant des deux heures qui lui restaient avant Tattaque, fit venir toute son artillerie pour tenir en respect ces forts qui pouvaient à un moment donné gêner sérieusement les mouvements de ses troupes.

Par son ordre, le colonel de Bentzmann amène sur le terraii\ deux batteries de 4, la seconde batterie de 12, et la section de fuséens. — Les pièces de 4 canonneront le second fort de la rive gauche ; — celles de 12 prennent position avec les fuséens sur les rives du Peî ho, pour conlre-batlre le grand fort de la rive droite.

 deux heures les ouvrages ennemis ne s'étant point rendus, les alliés se remirent en marche, — les Français, tenant toujours la droite, se développaient dans les terrains entre la chaussée et le Ptï ho.

Le commandant en chef est en tête de la colonne avec son état-major et le général Gollineau, qui a eu dans le précédent combat son épaulette traversée par une balle. Les troupes qui ont combattu le matin forment la réserve.

CV. — Pendant que Tinfanterie de marine, déployée en tirailleurs, cherche un passage le long du fleuve, nos troupes s'avancent directement sur le fort ;— rartillerie est prête à ouvrir son feu, aussitôt que l'ennemi aura commencé le sien. — Mais les forts restent silencieux, pas un coup de canon n'est tiré des embrasures, pas une balle ne part du sommet des remparts; ce silence a quelque chose d'étrange. — Quel peut être le projet des Chinois? Veulent-ils nous laisser approcher jusqu'au pied

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des murailles pour nous accabler tout à coup d'une nuée de projectHes, et nous envelopper de mitraille? Le général de Montauban redoute quelque embûche, et envoie en avant une compagnie de génie qui doit s'assurer que le fort et ses approches ne sont pas minées. Les troupes avancent toujours en bon ordre. — Déjà elles ont atteint le premier fossé, — la section du génie place les échelles; le général CoUineau s'y hasarde le premier avec ce courage intrépide, dont il avait déjà donné tant, de preuves sur les champs de bataille de Crimée. — Derrière lui toutes les troupes ont franchi rapidement ce premier obstacle. — Les abatis sont renversés, le passage est libre jusqu'au second fossé, et le fort reste toujours silencieux, comme s'il eût été subitement abandonné par tous ses défenseurs. — Ainsi que le premier, le second fossé est bientôt franchi ; ce second ouvrage est armé d'une artillerie formidable et a sur ses cavaliers des pièces du plus gros calibre. Au moment où chefs et soldats ont atteint le pied des remparts et rivalisent d'ardeur pour monter à l'escalade, ils aperçoivent les compagnies d'infanterie de marine et du génie, qui déjà ont pénétré dans le fort par les issues qui donnent sur le fleuve et qu'elles ont trouvées ouvertes.

CVL — Un spectacle étrange s'offrit alors; sur le revêtement intérieur des faces opposées sont groupés immobiles près de 3000 Tarlares. — Devant eux leurs armes sont jetées à terre ou réunies en faisceaux.

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