LIVRE I, CHAPITRE IV
La physionomie de ces malheureux exprime la terreur.
Le général de. Montauban demande ieuv ohef. « Ils n'en ont pas, » répondent-ils.
Le général Grant qui a pénétré dans le fort par la gauche a bientôt rejoint son collègue français. — Dans le même moment, trois Chinois ne portant aucun insigne d'un rang élevé se présentent ; ils viennent dire qife le général en chef ayant été tué dans l'attaque du premier fort, les troupes ne peuvent plus combattre; car nul, sans un ordre spécial de TEmpereur, ne doit et n'ose s'emparer du commandement et en assumer la lourde responsabilité. «Du reste, ajoutent-ils, le premier fart n'ayant pu résisster à l'assaut qui lui avait été livré , celui-là aurait en vain essayé de se défendre. — Les troupes se rendent donc à discrétion, et demandent à être envoyées saines et sauves sur la rive droite. »
Les généraux alliés répondent qu'elles seront toutes rendues à la liberté ; mais que d-abord deux officiers anglais el deux officiers français iront demander au Viceroi, qui est de l'autre côté du fleuve, la remise des défenses du sud.
Le chef d'escadron Canipenon, et le capitaine de Cools furent chargés de cette mission. M. Parkes, que sa connaissance approfondie de la langue chinoise rendait très-utile dans toutes ces négociations, accompagnait les officiers anglais désignés.
La reddition si inattendue de ce fort, que les ouvrages de la rive droite auraient pu si efficacement protéger et soutenir, montrait à quel point la démoralisation s'é-
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tait emparée de l'armée ennemie, et faisait supposer que le vice-roi du Pe-tchi-li, comprenant l'inutilité d'une résistance stérile, ne tenterait pas plus longtemps de nous barrer le passage.
GVII. — Une jonque transporta rapidement les officiers parlementaires sur la rive droite,
M Arrivés sur l'autre rive (écrit le général de Montauban au ministre de la guerre, dans sa correspondance du 23 août), les officiers tentèrent de pénétrer dans le premier fort, mais ils en furent écartés par un mandarin militaire, qui fit lever devant eux les ponts-levîs.
« En ce moment, un autre mandarin porteur de dépèches pour les généraux alliés se présentait à eux. Ces dépêches ouvertes, sur-le-champ, et traduites par M. Parkes, de l'armée anglaise, offrait l'abandon aux alliés des forts conquis le matin, et l'ouverture du Peï ho aux escadres , mais réservait aux Chinois les forts et les ouvrages de la rive droite, »
On le voit, à chaque pas en avant de nos troupes victorieuses le cercle des concessions s'agrandissait, mais c'était par lambeaux que les Chinois semblaient se les arracher à eux-mêmes, voulant sans doute conserver ainsi les allures d'une transaction, pour cacher leur rapide défaite aux yeux du souverain, bercé depuis si longtemps par les illusions d'un facile triomphe.
Mais ces nouvelles propositions furent repoussées comme l'avaient été celles faites quelques heures auparavant. Le mandarin qui portait cette dépèche n'avait