‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 74 sur 170 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

aucune mission pour en discuter ou en modiOer le contenu, aussi les officiers parlementaires résolurent d'aller trouver le Vice-roi lui-même, dans son yamoun de Ta-kou.

Selon l'habitude du gouvernement chinois, le Vice-roi, gouverneur général du Pe-tchi-li, tenta de mettre les envoyés alliés en présence de mandarins insignifiants, mais ils déclarèrent que c'était au Vice-roi lui-même qu'ils voulaient parler, et que s'ils n'étaient point admis devant lui sans retard, ils retourneraient à leur camp, où l'ordre de continuer l'attaque des forts serait immédiatement donné.

CVIII. — Le Vice-roi ne put se dérober plus longtemps à une insistance si nettement accentuée, et les parlementaires furent enfin idtroduits. Ce haut dignitaire, vieillard très-âgé, avait une cinquantaine de mandarins de différents grades, rangés autour de lui. Il accueillit très-affablement les envoyés , se servant visà-vis d'eux des expressions les plus courtoises; mais il se montra, tout d'abord, inébranlable dans sa résolution.

« Il pouvait bien , disait-il , rendre libre l'entrée du Peï ho , mais il ne consentirait jamais à la reddition des forts de la rive droite. »

Une discussion très-longue s'engagea à ce sujet, et plusieurs fois, devant celte persistance opiniâtre contre laquelle venaient se briser tous leurs arguments, les officiers parlementaires remontèrent à cheval , rendant

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le Vice-roi responsable des malheurs qu'eutràtneraient de nouveaux combats pour les populations nombreuses de la rive droite. — Mais au moment où ils s'éloignaient^ le Vice-roi les faisait rappeler, et essayait par de nouveaux raisonnements à tourner la question , pour diminuer le poids des cruels sacrifices auxquels il sentait bien qu'il ne pouvait plus échapper. Son visage, profondément attristé, exprimait plus peut-être que ses paroles la douleur qa'il ressentait d'en être réduit à une aussi fatale extrémité.

Enfin il céda, demandant l'autorisation de faire rechercher le corps du général en chef tué dans le combat du matin; cette autorisation lui fut aussitôt accordée.

CIX. — Il était neuf heures du soir, et les officiers, partirent emportant avec eux les conditions de la reddition des forts, signées de la main même du Vice-roi.

Ces conditions étaient :

« Que tous les forts de la rive sud (droite), avec les canons et munitions de guerre , ainsi que tous les camps retranchés, seraient remis entre les mains des commandants en chef.

« Que des officiers tartares seraient délégués pour indiquer l'emplacement de toutes les mines qui existaient dans les forts et de toutes les défenses cachées placées dans la rivière du Peï ho. »

Les parlementaires atteignirent leur camp respectif assez avant dans la nuit, et le général Grant envoya le

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lendemain^ de trësrgraiid matin, au général deMontauban une traduction exacte de la convention (1); il annonçait en même t^mps au commandant en chef français^ que le vice-roi HangrFuh devait se rendre dans la matinée au fort extérieur du sud, pour mettre à exécution la reddition qu'il avait consentie. — Le général Napier fut désigné par le général Grant pour se rencontrer avec le gouverneur général du Pe<-ii^hi-li. Le général de Montauban délégua pour la même mission un officier supérieur.

GX. — Ainsi» après quelques heures de combat,

(1) Le soussigné, Hang-Fuh, vice-roi de la province de Pe-tchi-li, adresse la communication suivante aux commandants en chef français et anglais (anglais et français) des forces militaires et navales (navales et miliiaires).

Le cinijuième jour du présent mois (21 août), les honorables commandants en chef ont attaqué les forts par terre et par mer, et ont pris les forts situés sur la rive nord. Ce succès prouve la puissance des troupes des honorables commandants en chef, et l'armée chinoise étant vaincue, fait sa soumission! Cette armée s'étant, en conséquence, retirée de tous les forts de la rive sud, consent maintenant à remettre entre les mains des honorables commandants en chef tous ces forts avec leurs engins de guerre de. toute nature, ainsi que tous les camps fortifiés ou retranchements.

Le soussigné s'engage de plus à déléguer des officiers qui indiqueront aux envoyés des commandants en chef la position de toutes les mines qui existent dans les forts, et de toutes les défenses secrètes placées dans la rivière, afin qu'il ne puisse arriver aucun malheur aux honorables alliés. Il est entendu que la reddition des forts , aussitôt qu'elle sera efl'ectuée , sera suivie de là cessation des hostilités dans celte localité , et aussi que les habitants ne souffriront aucun dommage et seront protégés efficacement, tant dans leurs biens que dans leurs personnes.

Une communication nécessaire, datée du cinquième jour du septième mois de la dixième année du règne de Heen-Pung.

(yradttt* du cbmois en anglais, par M. Parkes.)

nous étions restés maîtres de ces défenses formidables accumulées pendant toute une année par les Chinois pour nous intercepter le passage du Peï ho. Les barrages et les estacades élevés à l'entrée du fleuve tombaient d'eux-mêmes devant nos bfttiments; — la route de Tien-tsin était libre de nouveau.

Enveloppées de tous côtés par l'armée de terre et par l'armée de mer, les troupes chinoises, privées de leur général en chef, furent saisies d'un complet découragement. Elles comprirent que ce cercle de fer et de feu qui les enserrait, allait se refermer derrière elles et leur intercepter la retraite. En eCTet, la brigade Jamin , formée en bataille sur la rive droite, attendait le moment opportun d'entrer en action. La marine, de son côté , n'était pas restée inactive.

CXL — Disons le rôle qu'elle avait joué.

La veille, l'amiral Ghamer avait donné ordre au contreamiral Page de prendre un groupe de quatre petites canonnières en fer, les seules qu'il eût à sa disposition, et d'aller mouiller sur la rive gauche du Peï ho , sur les bancs de vase molle balisés les jours précédents. L'amiral, commandant en chef, emmenait avec lui à l'embouchure du fleuve les grandes canonnières, qui jetèrent l'ancre à six heures du soir, en dedans de la barre, à un mille environ des forts du sud. — Les batteries chinoises n'avaient pas inquiété les mouvements de nos bâtiments, mais, vers le soir, l'ennemi lança des machines incendiaires, qui firent explosion à une petite

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