LIVRE II, CHAPITRE
de fait et non de droit, et par bienveillance pour le gouvernement chinois, lorsqu'à Tien-tsin le soussigné a cru pouvoir espérer que la paix allait être rétablie sérieusement.
« Déçu dans ses espérances , le soussigné a dû activer les hostilités, et si à son arrivée à Tung-chao, les commissaires impériaux accèdent enfln de bonne foi aux demandes qui ont été faites, la paix sera rétablie, les hostilités cesseront, et l'ambassadeur accompagné seulement de l'escorte convenable à son rang , se rendra pacifiquement à Pé-king pour y procéder à l'échange des ratifications du traité de Tien-tsin.
« Si, au contraire, le gouvernement chinois méconnaissant ses véritables intérêts, permettait que l'on cherchât à entraver la marche des troupes qui se rendent à Tung-chao , les hostilités continueraient au delà de cette ville, et l'armée marcherait immédiatement sur Pé-king.
•c Que les nobles commissaires choisissent donc, ou la paix à Tung-chao ou la guerre avec ses conséquences. Le gouvernement chinois devrait comprendre qu'en dernier résultat, elles ne peuvent pas lui être favorables. »
« Yang-tsun, 12 septembre 1860. »
XV. — Il est utile de Préciser nettement les faits qui précédèrent les événements du 18 septembre, dans laquelle trempèrent si honteusement les hauts commissaires impériaux. La connaissance exacte de ces documents diplomatiques, révèle la vérité tout entière, et
permet de suivre et. d'apprécier les faits dont nous allons retracer le récit dans leurs plus exacts détails ; ces détails mettent à nu la diplomatie chinoise appuyée sur la duplicité et le mensonge, et que la force des armes pouvait seule réduire au silence.
La marche continua donc en avant, malgré les tentatives des nouveaux mandarins.
Le 13, la petite armée campait àKho-scyou, où elle séjournait le 14. — Là, l'ambassadeur reçut une nouvelle communication officielle de Tsai, prince dT'- Tsin, et de son collègue Muh. — €elte dépêche est trèsimportante dans sa teneur, car elle montre clairement, en présence des faits qui se produisirent cinq jours plus tard, combien le gouvernement chinois chercha jusqu'à la fin à nous abuser et à endormir notre vigilance par des démarches conciliatrices qui devaient aboutir à la plus manifeste trahison.
Celte note se termine ainsi :
« Nous avons remarqué dans la dépêche que Votre Excellence nous a écrite le 12 septembre, que son désir était,de s'avancer jusqu'à Tung-chao. Loin de nous opposer à ce que les intentions de Votre Excellence se réalisent à ce sujet, nous voulons au contraire nous entendre avec elle. — Si elle consent à faire camper son armée dans les trois villages de^ïang-tsun, Tchoun-tchou et Kho-seyou , sans qu'elles avancent plus loin , Votre Excellence suivant ce qui a été convenu à Tien-tsin, au sujet de son voyage à Pé-king, pourra avec une suite peu nombreuse et sans armes, venir à Tung-chao pour