‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 86 sur 170 · LIVRE II, CffAPlTltE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CffAPlTltE I

s'était à peine écoulé depuis la mémorable vietoire de nos armes, et les voici revenus plus nombreux et plus arrogants que jamais!

« Profilant de la marée basse, ils ont débarqué à Pehtang, et sont venus a4taquer les formidables retranche» menls deTa^kou; mais, comme des barbares qu'ils sont, ils les ont attaqués la nuit et par derrière. C'est ainsi qu'ils ont pu surprendre nos miliciens, accoutumés à se voir braver en foce par un ennemi courageux et fier, mais ne pouvant pas s'imaginer que tant de lâcheté et de perfidie fût mise en œuvre contre eux. Maintenant, enflés par ce succès qui devrait les couvrir de honte, ils osent marcher sur Tien-tsin; mais ma colère va les atteindre, et pour eux il n'y aura pas de merci. Aussi, nous ordonnons à tous nos sujets, miliciens et laboureurs, habitants des villes et des campagnes. Chinois ou Tartares, de les détruire comme des animaux malfaisants. Nous ordonnons à tous nos mandarins et officiers, militaires et civils, d'avoir à faire évacuer, par les populations sous leurs ordres, toute ville ou bourgade vers laquelle ces naisérables étrangers feraient mine de se diriger. On devra également détruire, par l'eau et par le feu, tous les vivres et tous les approvisionnements que l'on serait obligé d'abandonner. De cette façon, cette race maudite, traquée par le fer et par la faim, périra bientôt, comme les poissons d'un étang qu'on a mis à sec.

Donné à Huyen-mi-hu-hyen, le vingt-troisième jour de la dixième lune de la neuvième année de notre règne. »

XX. — Le général GoUineau a reçu l'ordre de rejoindre le général en chef, en conservant à Tien-tsin, sous les ordres du capitaine Théologue, les troupes nécessaires à la garde du fort et des positions que nous occupons en dehors de la ville. — Pendant ce temps, Tarmée continue sa marche sur Tuhg-chao.

Si Ton devait avec juste raison n'avoir qu'une confiance très-limitée dans les assurances pacifiques du gouvernement chinois, la pensée des ambassadeurs et des commandants en chef n'allait pas pkis loin. — Cependant les traces visibles de campements considérables de cavalerie indiquaient que l'armée ennemie était en campagne, et qu'elle se retirait pas à pas devant nos tôles de colonne.

On ne voulait point, par une suspicion qu'eussent grandement motivée les actes précédents du gouvernement, entraver les nouvelles négociations qui touchaient à leur terme, et le général de Montauban se décida, ainsi que son collègue de l'armée anglaise, à envoyer en avant plusieurs officiers chargés de passer à Tung-chao des marchés pour les approvisionnements, et convenir avec les plénipotentiaires chinois des positions où devaient s'établir les bivacs des deux armées.

Celte mesure était du reste devenue nécessaire par le vide qui se faisait autour de l'armée alliée, partout où elle passait. Dans les villages , les habitations étaient fermées ; de tous côtés régnait un morne silence, et la vie semblait retirée de ce pays devenu subitement désert.

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