‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 88 sur 170 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

n*avait pu éveilter leurs soupçons et leur faire supposer l'odieuse trahison dont ils devaient être victimes.

A quatre ou cinq mille mètres environ avant Tungcbao, ils avaient bien aperçu sur leur gauche des tentes tartares» et çà et là dans la campagne ou même sur les routes qu'ils suivaient, quelques détachements de cava^ Uers prenant des directions diverses ; mais les soldats qu'ils avaient rencontrés dans les villages ou en chemin ne semblaient point se préoccuper de leur présence.

Al'entrée de Tung-chao, ils furent accueillis avec grand empressement par divers mandarins qui leur offrirent de les conduire dans l'intérieur de la ville. L'un d'eux mena M.de Bastard à un yamoun préparé à l'avance, pendant que ses compagnons de route suivaient une autre direction.

De leur côté, les parlementaires anglais étaient également arrivés. — Une population nombreuse se pressait dans les rues; elle n'avait dans son allure ou sur son visage aucun caractère menaçant.

XXIV. — M. de Bastard fit sans retard demander au prince Tsai une audience qui fut fixée à quatre heures du soir.

A quatre heures, en effet, l'envoyé de l'ambassadeur de France fut introduit dans une salle où se trouvaient les deux plénipotentiaires Tsai et Muh, entourés de mandarins de différents ordres. — Muh semblait jouer en cette circonstance un rôle entièrement secondaire, tandis qu'au contraire le prince Tsai, par ses manières hautaines envers son entourage, indiquait l'homme habitué à

voir ses moindres ordres exécutés sans réplique ; tous ceux qui rapprochaient se tenaient dans une attitude pleine de crainte et de respect.

Le prince prit connaissance de la dépèche dont était porteur M. de Basiard et l'approuva en son entier; la seule objection qu'il fit portait sur le norabre de mille hommes qui devaient servir d'escorte à l'ambassadeur pour se rendre à Pé-king. La discussion fut assez longue sur ce point, et Muh n'y prit aucune part, se contentant d'écouter avec une impassibilité apparente les paroles transmises par les interprètes.

Enfin ce point fut accordé.

L'incident qui avait mis fin aux relations entamées avec Rwei-liang, quelques jours auparavant, avait monstre qu'il fallait avant tout être édifié sur la nature et l'étendue des pouvoirs concédés aux nouveaux plénipotentiaires. — Aussi M. de Bastard, selon ses instructions, demanda au prince Tsai s'il était, ainsi que son collègue, muni de pleins pouvoirs. « Le prince répondit affirmativement (écrit M. de Bastard dans sa dépêche au baron Gros), mais non sans avoir manifesté sa vive contrariété d'être en butte à pareille question, lui qui, dit-il, n'avait jamais menti, dont l'autorité était supérieure à celle de tous les plénipotentiaires, et dont la signature avait la même force que celle de l'Empereur. »

XXV. — Le projet de convention préparé à Tien-tsin fut ensuite discuté pendant quelques instants, et le prince, après des objections sans importance, déclara qu'il était

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