‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 93 sur 170 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

pièces de canon, dont soixante en bronze restaient en notre pouvoir, ainsi qu'une grande quantité de drapeaux et de gingalls.

« Je ne veux pas terminer mon rapport (écrivait le général en chef au ministre), sans vous dire la glorieuse satisfaction que j'ai éprouvée à diriger cette poignée de braves contre des forces conduites au combat par des chefs perfides. — Un nouveau succès, pour nos armes, a été la conséquence de la trahison et de la félonie du gouvernement chinois, qui nous avait attirés par des assurances de paix auprès de la capitale, avec des forces qu'il croyait insignifiantes. »

XXXVIII. — Au début de l'action, nos alliés avec leurs canons Armstrong, très-favorablement placés sur une élévation de terrain, avaient jeté le désordre dans la cavalerie tartare ; une vigoureuse charge de cavalerie commandée par le major Probyn avait dégagé tout le terrain sur la gauche. Ce fut un heureux début, car la cavalerie tartare eût pu considérablement nous inquiéter, et sa disparition du champ de bataille jeta la démoralisation dans les masses d'infanterie privées ainsi d'un soutien efficace. Mais la colonne d'infanterie anglaise sous les ordres du général Mitchell, chargée d'attaquer la droite de l'ennemi, rencontra des forces tarlares si compactes, qu'elle ne put opérer son mouvement, craignant d'être coupée du corps principal; et lorsque le général put, à l'aide des canons qui lui furent envoyés, déblayer le terrain, déjà les Français avaient achevé leur

mouvement et dépassé sa hauteur. Le eommaiidant en chef français dut même envoyer un de ses officiers d'ordonnance prier le général anglais de cesser le feu de son artillerie dont les boulets arrivaient dans sa direction (1).

Il était près de deux heures lorsque les troupes, harassées de fatigue, prirent position à Khaouat-tsun, village éloigné de Tung-chao de sept kilomètres environ (2).

Les Anglais s'établirent à quatre kilomètres plus haut

(1) Correspondance du général de Montauban.

(2) Ordre général sur la journée du 18 septembre 1860.

L'armée tartare tout entière, retranchée dans une position défendue par un grand nombre de pièces de canon, a voulu s*opposer au passage d'une colonne franco -an glaise qui se rendait à Pé-king.

Ces hordes, amenées au combat par des chefs perfides, ont été dispersées en quelques heures.

L'histoire dira que deux mille Européens ont triomphé, par leur courage , d'un ennemi défendant sa capitale avec des forces qui leur étaient dix fois supérieures en nombre.

Le corps expéditionnaire apprendra avec joie cet immense succès.

Le général commandant en chef cite à l'ordre de l'armée les noms des chefs de service qui ont pris part à ce combat, en les faisant suivre de ceux des officiers et soldats dont la bravoure a été au-dessus de tout éloge :

Le général Jamin, commandant en second l'expédition.

Le colonel Schmitz , chef d*état-major général.

Le colonel de Bentzmann, commandant l'artillerie.

Le lieutenant- colonel Dupouët, commandant le génie par intérim.

État-Major général.

De Bouille, chef d'escadron d'état-major.

De Montauban, capitaine, officier d'ordonnance du général commandant en chef.

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