‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 95 sur 170 · LIVRE II, chapitre; U · texte numérisé non relu

LIVRE II, chapitre; U

plices, — Quelle influence exercerait sur les Chinois la nouvelle subite de leur défaite : jetterait-elle la consternation au milieu d'eux, ferait-elle comprendre aux autorités chargées des négociations la vengeance terrible que nous tirerions de cet infâme guet-apens? ou, n'écoutant que sa colère, l'ennemi voudrait-il venger les désastres de son armée sur les prisonniers livrés à sa merci?

La journée se passa dans la plus cruelle inquiétude, tous les regards interrogeaient à Thorizon la route qui conduisait de Tung-chao au camp des alliés, espérant découvrir quelque indice révélateur. — Hélas 1 la nuit vint sans nous apporter aucune nouvelle de nos malheureux compatriotes. Il n'était pas douteux, d'après le récit du colonel Walker, que l'officier français entouré par les Chinois, blessé et renversé de son cheval, fût le comptable de première classe Ader. •— Ces renseignements étaient corroborés par le comptable Gagey, qui par son ordre l'avait devancé et était parvenu à atteindre l'avant-garde anglaise (1).

L'intendant militaire Dubut et le colonel PouUon Grandchamps avaient dû quitter Tung-chao peu de temps

(l) Happort du comptable Gagey.

Notre chargement s' étant dérangé, et les embarras de la route nous faisant craindre de ne pas arriver à huit heures précises à la porte du village où nous devions rencontrer M. le capitaine Chanoine , chargé de nous indiquer l'emplacement des magasins de l'administration et de l'ambulance, M. Ader m'engagea à le devancer; je fis donc mettre sur la voiture le chargement de ma mule , qui fut montée par le soldat Berden , qui la conduisait et qui m'accompagna en avant, en forçant la marche de nos montures.

218 CAMPAGNE DE GHINB.

après» sans se clouter du sort qui les attendait» et avaient été sans nul doute également massacrés.

XL. — Dans une des reconnaissances exécutées le 19 et le 20 septembre, un soldat chinois fait prisonnier raconta, que, le 18, plusieurs étrangers faits prisonniers avaient été emmenés à Pé-king dans des chariots. — On avait espéré que notre victoire si éclatante aurait déterminé le gouvernement chinois à désavouer l'acte de trahison de Tung-chao, mais cette espérance dut s'évanouir. — M. Wade, interprète anglais, envoyé dans la journée du 19 pour réclamer les prisonniers anglais et français, n'avait rien obtenu, et s'était retiré en déclarant aux autorités chinoises que l'on attaquerait Pé-king, si ces prisonniers n'étaient pas immédiatement renvoyés à leur camp respectif.

En face des faits qui venaient de s'accompUr et du refus criminel des plénipotentiaires chinois qui tous deux, à n'en pas douter, avaient trempé dans cet infâme guet-apens, il ne restait plus qu'à marcher résolument en avant.

Les deux journées qui s'étaient écoulées avaient été, nous l'avons dit, employées à explorer le pays. Les reconnaissances envoyées dans difïérentes directions avaient appris aux généraux alliés qu'un nombre considérable de Tartares des bannières se rassemblait audessus de Tung-chao. — C'était là qu'était réunie dans de grands camps retranchés cette redoutable cavalerie tartare que nous avions un instant aperçue dans la

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