‹ Les expéditions de Chine et de Cochinchine d'après les documents officielsChapitre 96 sur 170 · LIVRE 11^ CHAPITRE It, S · texte numérisé non relu

LIVRE 11^ CHAPITRE It, S

journée du 18; elle était, ainsi que l'infanterie, sous les ordres du fameux chef mogol Sang-ko-lin-sin, ce général si renommé parmi les Chinois par ses victoires sur les rebelles et que n'avaient pu faire disgracier ni l'échec du Peï ho, ni celui qu'il venait encore d'essuyer tout récemment.

Les camps préparés de longue main et placés à cheval sur la grande route de Pé-king révélaient une direction énergique et habile ; le combat livré deux jours auparavant n'avait évidemment aucun caractère décisif aux yeux des chefs militaires tartares. — C'était dans la vaste plaine qui s'étend en avant du canal depuis Tung-chao jusqu'au pont de Pa-li-kiao que le Sen- Wang Sang-ko-lin-sin s'était établi dans une redoutable position.

XU.— On apprit plus tard par une correspondance qui tomba entre les mains des alliés, que Sang-ko-lin-sin avait écrit de Kho-seyou à l'Empereur pour lui faire savoir que nous nous avancions de Tien-tsin vers la capitale avec des forces si minimes qu'il n'y avait rien à craindre.

« La position que j'ai choisie en avant de Tchang-kiaouang (disait-il) est très-forte et les nombreuses troupes que je commande sont disposées de telle façon qu'il me sera facile d'écraser les barbares , s'ils tentent d'aller plus avant. > — La date de cette lettre indiquait qu'elle avait été écrite dans le môme moment où le prince Tsaï et son collègue traitaient et donnaient aux ambassadeurs des assurances réitérées de paix.

Les deux généraux en chef ne doutèrent point qu'une grande bataille ne fût imminente ; ils résolurent de prendre les devants et d'attaquer l'ennemi, dès le lendemain. — Le général Gollineau, accouru à marches forcées avec toutes ses forces disponibles, avait rejoint l'armée dans la journée du 19 septembre.

Le 20, dans la soirée, après avoir reçu tous les renseignements que l'on avait pu recueillir sur le développement des positions ennemies , le général de Montauban se rendit auprès du commandant en chef anglais pour combiner avec lui le plan général des opérations du lendemain.

Les ambassadeurs avaient enfin ouvert les yeux sur l'inefficacité des négociations diplomaliques, voile trompeur derrière lequel le gouvernement chinois avait caché jusqu'au dernier moment ses préparatifs de défense. La vraie vérité se faisait jour un peu tard peut-être, et devait, en dehors des chances ordinaires de la guerre, coûter la vie à quelques-uns des infortunés si traîtreusement arrêtés dans la ville de Tung-chao.

Les dispositions de combat furent donc arrêtées de commun accord avec le général Grant.

XLIl. — « Nous avions, écrit le général de Montauban au ministre de la guerre (1), à cinq kilomètres en avant de nos bivacs de Tchang-kia-ouang, la grande ville de Tung-chao de 400 000 âmes, qui est reliée à Pé-king

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