LIVRE H, CHAPITRE II
par une voie de douze kilomètres, ouvrage des anciennes dynasties. Cette route traverse , au village de Pa-li-kiao et sur un grand pont de pierre, le canal qui joint le Peï ho à Pé-king. Nous résolûmes de négliger Tung-chao , où il n'y avait plus un seul soldat, et de nous porter sur ce pont que nous savions occupé, en avant et en arrière, par les camps du Seti-Wang. »
C'était à l'armée française, celte fois, à choisir son ordre de marche et sa position d'attaque ; le génécal de Montauban prit le pont de Pa-li-kiao, ce devait être évidemment le point principal de la défense.
Ainsi , l'armée française devait s'avancer directement vers ce pont, tandis que l'armée anglaise, déployée sur sa gauche, chercherait un autre point de passage, en prenant pour direction un petit pont de bois étroit et destiné aux piétons. — Ce pont était à trois kilomètres environ plus à gauche; Mais il était évident que les deux corps expéditionnaires restaient un peu dans l'inconnu, malgré les renseignements recueillis la veille et l'uvantveille, et sur l'exactitude desquels il n'était pas possible de se fier entièrement. Les chefs ignoraient la rtfute certaine qu'ils pourraient suivre et si des obstacles matériels ne viendraient pas entraver leur marche et surtout intercepter le passage de leur artillerie. — C'étaient là des considérations majeures dont il fallait accepter les éventualités bonnes ou mauvaises.
Une résolution prompte et énergique était déjà un gage de succès. — La journée du lendemain devait être décisive. — L'armée tartare battue ne pourrait plus se
2ââ CAMPAGNE DE CHINE.
relever de ce nouvel échec, et laisserait la grande route qui conduit de Tung-chao à Pé-king. Sang-ko-lin-sin était là, et si la cavalerie avait déserté le champ de bataille de Tchang-kia-ouang, c'était pour nous attendre sur son terrain dans une position que le chef tartare jugeait inexpugnable; les nuées de ses cavaliers devaient fouler les barbares aux pieds de leurs chevaux, comme une vile poussière.