‹ Les expériences sociales de J.-Bte A. GodinChapitre 10 sur 50 · C. — Par l’élection seule · texte numérisé non relu

C. — Par l’élection seule

Total 150

A. — 32 lauréats sur les 66 cand.

Que peut-on conclure, en somme, de cette partie des opérations ? Une première remarque s’impose. Après avoir subi l’injuste exclusion du sufïrage au premier degré, les 57 ouvriers de premier mérite, promus candidats par la décision du chef d’industrie, avaient vu, par un oubli semblable, 11 d’entre eux échouer complètement au scrutin définitif. En outre, sur les 46 à qui étaient allés des suffrages, 17 seulement avaient fini par prendre place au palmarès des lauréats. Sur les 150 travailleurs à qui leurs oeuvres avaient valu la mention de premier ou de second mérite, pas un seul n’avait réuni sur son nom assez de suffrages pour qu’on pût lui décerner un grand prix, c’est-à-dire une premièrê récompense.

Assurément, le résultat du vote, envisagé sous d’autres points de vue, permettait des constatations meilleures. C’est ainsi, par exemple, que dans la section de la Fonderie « les 10 « candidats du deuxième groupe (1), désignés et par les notes « de fabrication et par l’élection primaire, sortirent tous au « vote final et avec un nombre de voix tel qu’on put distribuer « dans ce groupe 2 premiers prix, 2 seconds prix et 3 troisièmes « prix. De même, dans la quatrième section, celle des Ateliers « divers, les 6 candidats du troisième groupe, désignés aussi « et par la capacité et par l’élection, sortirent tous au vote « final et avec un chiffre de voix permettant la distribution « parmi eux d’un premier, d’un second et d’un troisième prix ». Ce sont des faits de ce genre qui amenèrent les conseils à porter sur la tentative le jugement optimiste dont on retrouve la trace

(1) Nous avons parlé plus haut de la répartition des électeurs en sections. Pour faciliter leur tâche, on avait classé de même les 150 éligibles par groupes professionnels, et dans le vote préparatoire, celui du 16 mai, les électeurs avaient été également distribués en groupes.

au registre de leurs procès-verbaux : « L’expérience, y est-il « dit, semble montrer qu’il y a plus de justice dans les groupes, « et cela par la raison qu’on se connaît mieux et qu’on est « plus apte à apprécier les mérites de chacun des membres du « groupe ». Ainsi, la création de sections et de groupes calqués sur les diverses spécialités professionnelles avait été heureuse parce qu’elle avait « resserré le lien entre le vote et la fonction ». On se promit donc de persévérer dans cette voie, comme aussi de mettre obstacle à l’avenir « aux spéculations et aux intrigues « faites jusqu’alors pour obtenir de l’argent à dépenser en com- « mun... » De cette double préoccupation naquirent les changements qui, en mai 1869, modifièrent l’expérience dans quelqu£s-unes de ses conditions essentielles.

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