XIV PRÉFACE
δ τινὰς δ᾽ Ex τοὺς œyobpous του, ηὖγε νὰ χυνηγήση. Γεράχκια ἐῤάσταζον ἄσπρα Ex τῶν μουτάτων, χαὶ ὅταν ἀποσῴσασιν εἰς τὰ μεγάλα ὄρη, ἀπὸ μαχρόθεν βλέπουσι σχληρότατα ἀρχούδια" ἐχεῖνα τότε πήδησαν μέσα ἀπὸ τὸν λόγγον
ΠῚ εἶναι αὐτὰ ὁποῦ πηδοῦν μέσα ἀπὸ τὸ δάσος;. ᾿φεύγουν χαὶ τρέχουν γρήγορα, δὲν στέχουν εἰς τοὺς χάμπους: "Καὶ παρευθὺς ὁ θεῖος του λέγει πρὸς τὸν ᾿Αχρίτην * « Βασίλειε, χαρδία μου, θέλω ἐγὼ ὁρᾶν ce
Si, d’un autre côté, l’on se reporte au remaniement d’Ignace Pétritzis, on s'aperçoit que celui-ci a travaillé sur un texte se rapprochant beaucoup de la version d’Andros, si toutefois il ne lui était pas identique. Les vers marqués d'un astérisque reparaissent chez Pétritzis, sous la forme suivante (vers 1311- 1314) :
La langue dont se sert le remanieur d’Andros est fort vulgaire et détonne singulièrement à côté de celle des vers ou lambeaux de vers de la version qu'il avait sous les yeux et qu'il a conservés.
Ainsi ce vers de la version de Grotta-Ferrata (V, 116), qui est identique dans celle de Trébizonde (vers 1714),
PRÉFACE xv
est devenu dans la version d'Andros (vers 2603) : ἀντάμα ἐχοιμούμεσθεν ἐν τῇ νυχτὶ τῇ τρίτῃ.
Je ne connais rien de plus choquant ni de plus fastidieux qu’un pareil macaronisme.
Ajoutons à cela que le remanieur d’Andros ne comprend pas toujours le texte qu'il a sous les yeux. Ainsi, dans le passage cité ci-dessus (vers 17), Constantin dit à son neveu Basile : Prends ta massue et laïsse-là ton épée. Ce à quoi le remanieur ajoute une insanité (vers 18): 1} n'est pas possible que, avec une épée, un ours prenne la fuite. Il n’a pas saisi le sens du vers (Grotta-Ferrata, IV, 111):
Puis, renchérissant encore, il met dans la bouche de Constantin un vers que celui-ci ne doit pas prononcer, car il est une réflexion du poète, et ce vers nous apporte l’écho mensonger et d’un vers que le remanieur a négligé de rendre et de celui qu'il n’a pas compris:
εἶναι va ἰδῇς θαῦμα φρικτὸν καὶ ἄξιον ἐπαίνου. \
Quand on aborde la lecture de l’épopée acritique, soit dans la version de Trébizonde, soit dans celle de Grotta-Ferrata, on est frappé d'une particularité rythmique, dont l'oreille se trouve tout d’abord déconcertée. On sait, en effet, que la règle du vers politique de quinze syllabes exige des accents sur les syllabes paires. Dans le premier hémistiche, l'accent est facultatif sur les syllabes 2 et 4, mais il est obligatoire sur la 6° ou la 8°, non sur chacune d’elles à la fois ; dans le second hémistiche, l'accent est obligatoire sur la sixième syllabe, facultatif
xvI PRÉFACE
sur la deuxième et la quatrième. Il résulte de cette accentuation une monotonie que l'on essayerait vainement de se dissimuler. L'auteur de l'épopée acritique avait dû en être désagréablement affecté.
J'ai disloqué ce grand niais d'alexandrin,
disait de lui-même Victor Hugo. Notre poète, lui aussi, avait voulu disloquer. Il conserve bien les accents sur les syllabes 6 ou 8, dans le premier hémistiche; sur la syllabe 6, dans le second. L'existence du vers est à ce prix. Mais, pour les autres syllabes, il se donne libre carrière. S’il respecte parfois les vieilles règles, il ne se gêne pas non plus pour les violer. Apparaissent alors des troisièmes et des cinquièmes syllabes accentuées. Mais le moule où se coule le vers national grec est d’une solidité à toute épreuve. Il était impossible de le briser. Le peuple ignorant et illettré avait rendu ce rythme indestructible en l’adoptant pour chanter ses joies et ses douleurs. Une telle innovation était donc condamnée d’avance à périr en naissant. Qui sait même 81 elle n’a pas nui au succès de l’œuvre ? En tout cas, cette tentative reste, croyons-nous, un exemple isolé dans la poésie byzantine.
Ces entorses que le poète avait volontairement données au rythme, le remanieur d’Andros s’est appliqué à les redresser. En voici des exemples :
Le vers 919 de la version de Trébizonde
χαὶ τὴν φοδερὰν δύναμιν ἐχείνου τὴν μεγάλὴν devient dans la version d’Andros (vers 1456) : χαὶ τὴν μεγάλην δύναμιν τὴν φοῤερὰν Exelvou.
Le vers 921 de la version de Trébizonde |
PRÉFACE xvu devient dans celle d’Andros (vers 1458) :
Il arrive que, pour atteindre le but qu’il poursuit, le remanieur d’Andros ne recule pas devant les plus monstrueux solécismes. Qu'on en juge! La version de Trébizonde écrit (vers 938) :
Celle d’Andros corrige ainsi (vers 1475) :
εἰς τὴν δεξιάν του τῇ χειρὶ εἶχε τοὺς δύο ἄρχτους "! Il était si facile d’écrire : | ᾽ς τὴν χεῖρα του τὴν δεξιὰν io δύο aputous;,
ou même, plus conformément à la langue dont se sert le rema-: nieur :
ς τὸ χέρι του τὸ δεξιὸν etc.
Je pourrais multiplier les exemples. Ceux-ci suffiront. La version d’Andros paraît dériver de celle de Trébizonde.
Passons maintenant à la version que nous publions.
Le manuscrit de Grotta-Ferrata qui nous a conservé l'épopée acritique est un chartaceus petit in-4° (21 centimètres de hauteur sur 14 de largeur), copié au quatorzième siècle, et, si l’on en juge par l'écriture, très probablement dans l'Italie méridionale. Il se compose actuellement de 79 feuillets ; 1] est revêtu d’une demi-reliure moderne, avec coins, en cuir de Russie brunâtre. Les plats sont en toile chagrinée d’un violet
ΧΥΠΙῚ PRÉFACE
foncé, et sur le dos on a frappé en lettres d’or cette inscription: BIBL. CRYPT. | |
À la marge inférieure du premier feuillet, recto,'figure un cachet à l’encre bleue, dans le pourtour duquel on lit ces deux mots : BIBAIOGHKH KPYTITOHEPPHE, et au milieu cette cote tracée à la plume : Z. à. XLIV. A la marge supérieure du dernier feuillet reparaît le même cachet, avec cette autre cote: Z. 6. V.
Les feuillets 1 recto à 73 recto sont occupés par l'épopée acritique. Au verso du feuillet 73 commence une version du poème parénétique connu sous le nom dé Spanéas et dont voici les sept premiers vers :
[rot] ᾿Αλεξίου Κομνηνοῦ τοῦ μακαρίου ἐκείνου,
τοῦ ὄντος μεγάλου εἰς φρόνησιν χαὶ σύνεσιν παντοίαν, πρὸς τὸν τοῦ πρίγχιπος υἱὸν καὶ Κομνηνὸν μητρόθεν, ἔγγονον ὄντα εὐσεδοῦς ῥηγὸς τοῦ Poyeplou,
Spiridion Lambros avait donné, dans l’Introduction de ses Romans grecs, une analyse détaillée du manuscrit de Grotta- Ferrata. La lecture de ce résumé substantiel du poème avait vivement intéressé Nicolas Politis, qui se proposait dès lors de publier un important recueil de chansons populaires se rattachant à ce que Sathas a appelé le Cycle acritique. 1] s’en entretint avec son ami Lambros et, d'un commun accord, ils s’adressèrent au R. P. Antoine Rocchi, bibliothécaire de l’abbaye de Grotta-Ferrata, pour le prier de faire exécuter à leurs frais une copie de l’épopée. Or, par une singulière coïncidence, il advint que, de mon côté, j'avais aussi songé à publier ce précieux monument d’après le manuscrit de Grotta- Ferrata. Je fis demander le prêt du volume par l'intermédiaire
PRÉFACE ΧΙΧ
de notre Ministère des Affaires étrangères. Au bout de quelques semaines, je fus informé que le R. P. Rocchi faisait procéder à l'exécution de la copie sollicitée par nos amis d'Athènes. J'en écrivis à Politis, qui, après s’être entendu avec Lambros, me répondit qu’ils renonçaïent en ma faveur à la publication. Enfin, dans le courant de mars 1887, le manuscrit me parvint à Paris. Je m’empressai de le transcrire intégralement. La tâche était facile, car la conservation du volume est assez bonne et l'écriture très lisible.
Ma copie terminée, JEAN PsicuaRi eut l'extrême obligeance de m'aider à la collationner sur l’original, comme en fait foi la note suivante, qu'il écrivit de sa main à la dernière page de mon manuscrit :
Tavrlypago τοῦτο τὄῤγαλε ὁ φίλος ὁ Legrand. Τὸ παραῤάλαμε μαζὶ χ᾽ οἱ δυὸ μὲ τὸ χερόγραφο τῆς Γχρόττα-Φερράτας [Βιδλιοθήχη ἹΚρυπτοφέρρης, Z. 6. V. (παλιὸς ἀριθμὸς) à Ζ. α. XLIV (καινούριος ἀριθμός)]. Ὁ φίλος ὁ Legrand βαστοῦσε τὸ χερόγραφο χαὶ γὼ διάδαζα τὸν ᾿Αχρίτα στὸ χαρτὶ τοῦτο " ὅταν πήραμε τὸ Σπανέα, βαστοῦσα γὼ τὸ χερόγραφο x ἄχουγε ὁ Legrand μὲ τἀντίγραφο. Ἔτσι περνοῦσαν οἱ βραδιὲς ἥσυχα, φιλικὰ καὶ σοφά.
Foxéens. |
En 1880, Spiridion Lambros déclarait avoir de bons motifs pour croire que c'était d’après le manuscrit de Grotta-Ferrata que Joseph Müller, professeur à l’université de Turin, avait songé à publier le poème d’Acritas. L'opinion de Lambros a été confirmée depuis lors par le Père Antoine Rocchi, à la page 469 de son Catalogue des manuscrits de Grotta-Ferrata, paru en 1883, où 1l déclare que Joseph Müller avait copié ce texte multis abhinc annis.
Je crois devoir ajouter que, lors de mon séjour à Turin, en 1879, Müller me confia pendant quelques minutes sa copie de
xx | PRÉFACE
l'épopée acritique. Mais, de cette copie entrevue plûtôt que vue, il ne m'était rien resté dans la mémoire sinon qu’elle débutait par un argument en vers de douze syllabes.
À l’époque où Guillaume Wagner fut chargé, par le Sénat de Hambourg, d’une mission en Italie, afin d’y recueillir des textes en grec vulgaire, Joseph Müller lui fit cadeau de sa copie de l’épopée acritique. Elle devait figurer dans le vaste recueil dont le savant allemand projetait la publication. Mais, une mort prématurée ayant enlevé Wagner au cours même de son voyage littéraire dans la péninsule !, Joseph Müller réclama sa copie à M”° Wagner et l’obtint sans difficulté.
Depuis une dizaine d'années, cette copie sommeillait paisiblement et n’avait point fait parler d’elle. Mais, il y a quelques mois, le bruit se répandit que son possesseur s’en était de nouveau dessaisi. On assurait même que, cette fois-ci, elle allait sûrement voir le jour. Puisse ce dernier renseignement étre l'expression de la vérité! Deux éditions ne seront pas de trop pour une œuvre si remarquable à tous égards.
Quoi qu'il en soit, tous ces on-dit m'ont déterminé à ne pas retarder davantage la publication de cette épopée.
Si je me trouvais dans l'obligation de me prononcer sur l’âge de la version de Grotta-Ferrata, j'avoue que je ne serais pas médiocrement embarrassé. Si à la langue du Spanéas, que j'ai publié en tête du tome premier de cette Bibliothèque grecque vulgaire, je compare celle de l'épopée acritique (version : de Grotta-Ferrata), je trouve que celle-ci se rapproche davantage de l’ancien grec. Si le Spanéas est du douzième siècle, l'Acritas pourrait bien être du onzième. Mais, qu'on veuille bien ne pas s’y méprendre, ce n’est pas une opinion basée sur des faits que j’exprime ici; car le terme de comparaison daté fait défaut, et un purisme relatif peut fort bien n'être qu'artificiel.
1 ἢ mourut à l'hôpital international de Naples le 15 avril 1880.
PRÉFACE ΧΧΙ
Nous pensons pourtant que la version de Grotta-Ferrata est antérieure à celle de Trébizonde, et cette dernière à celle d’Andros. La version de Grotta-Ferrata se distingue encore de toutes les autres par une incontestable supériorité de eomposition. On n’y trouve pas de longueurs. Le style est coulant, simple et naturel. Les images riantes et gracieuses n’y sont pas rares. Le pittoresque s’y montre en maints endroits, et dans plus d’une page on sent passer un soufile de véritable poésie. L’épopée acritique, telle que nous la donne le manuscrit de Grotta-Ferrata, est sans contredit le plus beau poème que nous possédions en grec médiéval.
Sous le rapport de la correction du texte, le manuscrit de Grotta-Ferrata est infiniment au-dessus de celui de Trébizonde. Si quelque lecteur s’armant de patience veut bien se livrer, pour quelques pages prises au hasard, à un travail de collation entre les deux textes, il se convaincra que, dans plus d’un cas, le Sphinx seul aurait pu trouver la solution des rébus dont l'ignorance d’un remanieur ou la négligence d’un copiste a semé la version trébizondienne.
Parmi les arguments que l’on pourrait invoquer à l’appui de l’antériorité de la version de Grotta-Ferrata sur celle de Trébizonde, il en est un que nous fournit le texte lui-même. Nous lisons, en effet, dans le quatrième chant (vers 971 et suivants), que l’empereur Basile, l'heureux Basile, le grand triomphateur, celui qui a emporté avec lui dans le tombeau la gloire impériale, dirigeant alors une expédition contre les Perses et se trouvant non loin des lieux où vivait Acritas, avait voulu voir l’héroïque gardien des frontières de son empire.
Nous ne saurions dire s’il s’agit en ce passage de Basile le Macédonien ou de Basile le Bulgaroctone ; mais le nom de Basile a disparu de la version trébizondienne pour faire place à celui de Romain. On peut choisir entre Romain Lécapène, Romain Argyros et Romain Diogène. Ce qu’il importe de faire observer, c'est que cette substitution a été faite, soit par un
ΧΧΠ PRÉFACE
remanieur, soit par un copiste, en vue de rajeunir le poème et de lui donner un regain d’actualité!.
Nous formerons un vœu en terminant cette préface, c’est de voir prochainement publiée la version en prose de l'Histoire d’Acritas signalée par le D' Mordtmann à Sabbas Ioannidis.
Fontenay-le-Marmion, le 1er janvier 1892.
1 Si l’on tient compte de la chronologie de l'épopée, on est obligé d'admettre qui ni Basile le Macédonien (867-886), ni Basile le Bulgaroctone (976-1025) n'ont pu voir Digénis Acritas. Mais il n’en est pas de même de Romain Lécapène. °
BASIAEIOY AITENOYZ AKPITOY
AOFOI OKTQ
BASIAEIOY AITENOYS AKPITOY
Ἕπαινοι καὶ τρόπαια ἐγχώμιόν τε Fire.
Δηλώσω σοι γὰρ τὰς αὐτοῦ πράξεις ἄρτι, ἃς εἰργάσατο ἐν τῷ παρόντι δίῳ, 16 πῶς πολεμιστὰς δυνατοὺς xal ἀνδρείους χατεπτόησε χαὶ πάντα τὰ θηρία, ἔχων συνεργοῦσαν τε θεοῦ τὴν χάριν,
où
Titre. 1] manque dans le manuscrit.
1. Après ἐγχώμιον, il y avait un mot assez long que l'on ne peut plus lire et qui a dû être effacé à dessein. Je supplée τε, que réclament le sens et la mesure du vers. — 10. χατοχυρωμένον.
χαὶ θεοτόχου τῆς éxatauaxyntou,
χαὶ τῶν ἀγγέλων ἅμα xai ἀρχαγγέλων, τῶν ἀθλοφόρων χαὶ μεγάλων μαρτύρων, Θεοδώρων τε τῶν πανενδοξοτάτων,
καὶ θαυματουργοὺ καὶ μάρτυρος μαρτύρων 1 ve.
φρονήσεώς TE μέτοχος καὶ ἀνδρείας εἰς ἄχρος,
σὺν τούτοις ἀκατάμαχον τὴν ἰσχὺν χεχτημένος, χαθ᾿ ἑκάστην ἐσχόλαζεν εἰς θηρίων πολέμους, τόλμην πειράζων τὴν αὑτοῦ xal ἀνδρείαν θαυμάζων, ὡς θαῦμα πᾶσι προὔχειτο τοῖς αὐτὸν χαθορῶσι.
22, Il ya dans l'original τήρωνος. --- 40. χαθεχάστην. --- 48. πράγμα.
Φ CEE A)
BASILE DIGÉNIS ACRITAS. CH. I 8
χαὶ πλήθη ἠχμαλώτευσε λαοῦ ἀναριθμήτου, ἀπροσφυλάχτων τῶν μερῶν ἐχείνων τυγχανόντων * οἱ γὰρ ἐκεῖ φυλάσσοντες ἔτυχον εἰς τὰς ἄχρας ᾿" xal, ὡς ἐκ τούτου ἄδειαν μεγάλην συναντήσας, διαδραμὼν Χαρζιανὴν, Καππαδοχίαν φθάνει,
χαὶ οἱ τῆς κόρης ἀδελφοὶ ἔτυχον εἰς τὰς dxpaç *
ἡ μήτηρ δὲ, τὰς τῶν ἐθνῶν ἀποφυγοῦσα χεῖρας, ἅπαντα γράφει παρευθὺς τοῖς υἱοῖς τὰ συμόάντα, τὴν τῶν ἐθνῶν τὴν ἔλευσιν, τὴν ἁρπαγὴν τῆς χόρης, τῆς φιλτάτης τὸν χωρισμὸν, τῶν συμφορῶν τὸ πλῆθος. Upooébnxe δὲ τῇ γραφῇ nai τάδε μετὰ θρήνων "
ζωὴν μὴ προτιμήσητε διὰ τὴν ἀδελφήν σας, 2 ve. ἀδελφὴν ἐλεήσατε, τέκνα μου, τὴν ἰδίαν ᾿ ἀπέλθετε μετὰ σπουδῆς εἰς ἀνάρρυσιν ταύτης " εἰ δ᾽ οὖν, θανοῦσαν ὄψεσθε μητέρα ὑπὲρ TÉxvou ΄" 80 χαὶ τὴν χατάραν τὴν ἐμὴν λήψεσθε χαὶ πατρῴαν εἰ τοῦτο οὐ ποιήσητε καθὼς ὑμῖν ὑπέσχον. »
Οἱ δὲ ταῦτα ἀκούσαντες, στενάξαντες x βάθους, χαὶ δαχρύων κατάδροχοι οἱ πέντε γεγονότες, ἀλλήλους προεπέμποντο τοῦ ἀπελθεῖν σπουδαίως, « ἃς ἀπέλθωμεν, λέγοντες, σφαγῶμεν ὑπὲρ ταύτης. » Αὖθις ἵππων ἐπέδησαν καὶ ᾧχοντο τοῦ δρόμου, ᾿συνεπομένους ἔχοντες ὀλίγους στρατιώτας " χαὶ μηδὲν ἀμελήσαντες, ὕπνου μὴ χορεσθέντες, διὰ βραχέων ἡμερῶν ἔφθασαν τὰ φουσσᾶτα, 90 εἰς τὴν χλεισοῦραν τὴν δεινὴν ἣν Δύσχολον καλοῦσι * xal μαχρόθεν πεζεύσαντες ἔνθα τὰς βίγλας εὗρον, δι᾿ ὑπομνήσεως αὐτῶν δεήσεως ἐγγράφου, ἤχθησαν πρὸς τὸν ἀμηρᾶν τῇ ἐχείνου προστάξει. Ὑπῆρχε δὲ καθήμενος ἐφ᾽ ὑψηλοῦ τοῦ θρόνου, χρυσοχολλήτου, φοδεροῦ, ἀπέξωθεν τῆς τένδας ᾿" κύχλῳ αὐτοῦ παρίσταντο πλήθη ἀνδρῶν ἐνόπλων.
Καὶ πλησίον γενόμενοι, ἀχούει τούτων λόγους, xal προσχυνήσαντες αὐτὸν μέχρι τρίτου ἐδάφους, μετὰ δαχρύων ἔλεγον τῷ ἀμηρᾷ τοιάδε" 100 « ἀμηρᾶ, δοῦλε τοῦ θεοῦ καὶ πρῶτε τῆς Συρίας, νὰ φθάσης εἰς τὴν Πάνορμον, ἴδης τὸ μασγιδίον, γὰ προσχυνήσης, ἀμηρᾶ, τὸν χρεμάμενον λίθον, 8 ro. χαὶ ἀξιωθῆς ἀσπάσασθαι τὸ μνῆμα τοῦ []ροφήτου, va ἀχούσης τῆς προσευχῆς τῆς χαθιερωμένης | 106 Κόρην τερπνὴν ἀφήρπαξας, ἀδελφὴν ἡμετέραν ᾿"
86. as, partout ainsi. — 89. φουσσάτα, partout ainsi. — 102, προσχυγήσεις,
BASILE DIGÉNIS ACRITAS. CH. I 5
112. οὐχ᾽, partout ainsi. — 114. Peut-être serait-il préférable d'écrire τυγχάνουν. — 126. δώσητε, et un ε au-dessus de l'n. — 127. σχοπίσατε.
135. σι. --- 139. καταθδάλης. --- 148. Il faut sans doute lire ῥαύδοθαστάγιν. — 149. φραγξάμενος. — 156. ἀμυρὰν, partout orthographié avec υ. Je n'adopte l'n que parce que cette orthographe est généralement regue. À l’accusatif, ce mot porte partout l'accent grave.
BASILE DIGÉNIS ACRITAS. CH. I 7
θρασύτατος ὑπάρχει γὰρ χαὶ pobepos τῇ θέᾳ, τὰ ἄρματα ἀπέστιλθον ἡλιαχὰς ἀχτῖνας " χοντάριν ἐμαλάχιζε βένετον, χρυσωμένον᾽
110 ὡς δοχεῖν μὴ περιπατεῖν, ἀλλὰ χαμαὶ πετᾶσθαι. Ὁ δ᾽ ἀμηρᾶς τερπόμενος χαθώσπερ ἐπεγέλα, παρευθὺς ἐπελάλησεν, εἰς τὸν χάμπον ἐξῆλθε, χραυγάζων ὥσπερ ἀετὸς χαὶ συρίζων ὡς δράκων, 4 ve. ὡς λέων ὠρυόμενος καταπιεῖν τὸν νέον.
180 τὰ ὄρη ἀντιδόνησαν, οἱ βουνοὶ βροντὰς εἶχον " τὸ αἷμα δὲ χατέρρεε τὴν γῆν ἐχείνην ὅλην " οἱ ἵπποι ἠγανάχτησαν, πάντας ἔχπληξις εἶχεν " ὁλόπληγοι γεγόνασι, μηδεὶς τροπὴν ποιῶν TE *
162. Il faut peut-être lire ὑπῆρχε. — 169. ἄλλως τε. δὲ manque. J'emprunte cette correction au manuscrit d'Andros, vers 350. — 171. ἐπηγγείλω. Correction suggérée par le ms. d'Andros, vers 351. — 176. xovtapalas. — 177. χρημνίσαι. — 181, γὴν.
Πόρρωθεν ῥίπτει τὸ σπαθὶν, χεῖρας εἰς ὕψος ἄρας, τοὺς δαχτύλους ἐσταύρωσεν, ὡς ἦν αὐτοῖς τὸ ἔθος, χαὶ ταύτην πρὸς τὸν ἄγουρον τὴν φωνὴν ἐπαφῆχεν " « παῦσαι, καλὲ νεώτερε ᾿ σὸν γάρ ἐστι τὸ νῖχος " δεῦρο λάδε τὴν ἀδελφὴν χαὶ τὴν αἰγμαλωσίαν. » Καὶ λύσαντες τὸ θέατρον, ἀπῆλθον εἰς τὴν τένδαν᾿ χαὶ ἦν ἰδεῖν τοὺς ἀδελφοὺς γαρμονῆς ἐμπλησθέντας. Χεῖρας εἰς ὕψος ἄραντες θεὸν δοξολογοῦσι « ἡ δόξα, πάντες λέγοντες, σοὶ μόνῳ θεῷ πρέπει ‘ ὃ γὰρ ἐλπίζων ἐπὶ σὲ οὐ μὴ καταισχυνθείη. » bre. Τὸν ἀδελφὸν ἠσπάζοντο μετὰ περιχαρίας᾿ οἱ μὲν φιλοῦσι χεῖρας του, ἄλλοι τὴν χεφαλὴν του " τὸν δ᾽ ἀμηρᾶν ἀμφότεροι θερμῶς παρακαλοῦσι * a δὸς, ἀμηρᾶ, τὴν ἀδελφὴν, χαθὼς ἡμῖν ὑπέσχου, χαρδίαν παραμύθησον τὴν λύπη βαρυνθεῖσαν. »
Ὁ ἀμηρᾶς δὲ πρὸς αὐτοὺς οὐχ ἀληθεύων ἔφη ᾿" « σφραγῖδα λάδετε ἐμὴν, γυρεύσατε τὰς τένδας " πανταχοῦ ἐρευνήσατε, ἴδετε τὰ φουσσᾶτα * τὴν ἀδελφὴν γνωρίσαντες, λαθόντες πορευθῆτε. » Oi δὲ μετὰ πολλῆς γαρᾶς τὴν σφραγῖδα λαθόντες, τὸν δόλον ἀγνοήσαντες, ἐπιμελῶς ἠρεύνουν.
189. δεινὸς ἐστὶ. — 190. ἀμυρᾶς, partout ainsi. — 191. χαταχράτος. —
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᾿Βλάλησαν τοὺς ἵππους των, ἀπῆλθον εἰς τὸ ῥυάχιν " πολλὰς σφαμμένας εὔρηχαν εἰς τὸ αἷμα βαπτομένας ᾿ 5 ve. ὧν μὲν αἱ χεῖρες ἔλειπον, χρανία τε καὶ πόδες " ὧν δὲ τὰ μέλη ἅπαντα, καὶ τὰ ἔγκατα ἔξω, γνωρισθῆναι ὑπό τινος μὴ δυνάμενα ὅλως *
231. C'est par ce vers que commence le ms. de Trébizonde. — 233. ὀδυρδούς. — 236. παγχάλιστε. — 248. διὰ, au lieu de παρὰ, que je n'hésite pas à adopter en m'appuyant sur les mss. de Trébizonde (vers 27) et d'Andros (vers 462). ἀχρειωσύνην. — 246. παγκάλιστε.
πῶς σε διαχωρίσομεν Ex τῶν λοιπῶν σωμάτων ; ἕξομεν τοῦτο κἂν μιχράν τινα παραμυθίαν ;
ἀνηλεῶς xatéxontov οἱ ἄνομοι ἀδίκως!
265 « Ἡμεῖς ëx τὸ ἀνατολιχὸν, ἐξ εὐγενῶν Ῥωμαίων,
ἡ δὲ μήτηρ μας Δούχισσα, γένους τῶν Κωνσταντίνου " στρατηγοὶ μὲν οὖν δώδεκα ἐξάδελφοι xat θεῖοι,
247. μιχρὰν τινὰ. — 249, ἥλιον ποτὲ. ἀνατείλη. --- 259. δὸς ἡμῖν, ἀμυρᾶ. Le second mot est de trop et rend le vers hypermètre. — 272. ἔλευσιν.
BASILE DIGÉNIS ACRITAS. CH. I 11
275 οὐχ ἂν εἰς olxov μάς ποτε εἴχετε πορευθῆναι : ἀφ᾽ οὗ δὲ οὐχ ἐτύχομεν, χαλῶς νὰ τὸ καυχᾶσαι. ᾿Αλλ᾽, ὦ ἀμηράδων μέγιστε χαὶ πρῶτε τῆς Συρίας, va mpooxuvnons τὸν Βαγδᾶ * εἰπὲ χαὶ σὺ τίς εἶ γε 6 ve. χαὶ εἰ στραφοῦν οἱ συγγενεῖς ἀπὸ τοῦ ταξιδίου, 280 φέρουν χαὶ τὸν πατέρα μᾶς ἀπὸ τὴν ἐξορίαν, νά σε καταζητήσωμεν ὅπου δ᾽ ἂν καὶ τυγχάνης᾽᾿ οὐ γὰρ ἂν ἀνεχδίκητον ἐάσομεν τὴν τόλμην. »
« γώ, καλοὶ νεώτεροι, ὃ ἀμηρᾶς ἀντέφη, Χρυσοδέργου υἱός εἰμι, μητρὸς δὲ τῆς Πανθίας “Αμόρων ὑπῆρχε pou παπποῦς, θεῖος μου ὁ Καρόης᾽ τέθνηχε γάρ μου ὁ πατὴρ ἔτι νηπίου ὄντος ᾿ παρὰ μητρὸς ἐδόθην δὲ εἰς συγγενεῖς ᾿Αράῤους, οἵτινές με ἀνέθρεψαν εἰς τὸ εὖ μετὰ πόθου " ὁρῶντες δέ με εὐτυχῇ εἰς πάντας τοὺς πολέμους, 290 ἐξουσιαστὴν ἐποίησαν εἰς ὅλην τὴν Συρίαν, χαὶ ἐχλεχτούς μοι ἔδωχαν τρισχιλίους κονταράτους " πᾶσαν Συρίαν ὑπέταξα xal ἐπίασα τὸ Κοῦφερ, χαὶ μιχρόν τι χαυχήσομαι nés ὑμᾶς ἀληθεύων, τὴν Ἡράχλειαν ὕστερον ἐξήλειψα ταχέως" 295 τὸ Αμόριν δὲ χαταλαδὼν ἄχρι τοῦ ᾿Ιχονίου, πλήθη ληστῶν ὑπέταξα χαὶ πάντα τὰ θηρία.
275. μας ποτὲ. — 278. προσχυνήσεις. — 279. ταξειδίου. — 281. val σε xataζητήσομεν. τυγχάνεις. — 284. υἱὸς εἰμὶ, — 292, χοῦφε.
va γένωμαι χριστιανὸς, στραφεὶς εἰς Ῥωμανίαν ᾿
γαμόρὸν ἵνα τὸν λάβωσιν, ἂν ἔλθη εἰς Ρωμανίαν, 7ve.
BASILE DIGÉNIS ACRITAS. CH. I