HET
enr rire nier em er
En quittant Valence, le r'ova cortège auivit le Rhône qu'il ne devait quitter qu'à Tarascon pour prendre la route du Lansuedoe.
On traversant un mervielleux pays qui rappelait an cadet <a bolle Gascogne, d'autant mieux qu'à droite ct à gauche <érendaient de vastes campagnes toutes plantées de verdovants vignobles dont les produits, pour étre moins savoureux que ceux du Médoc, n'en ont pas moins une valeur fort estimée des gourmets.
Tantôt la route S'allongeait dans des campagnes à perte de vue, d'autres fois elle courait entre le fleuve et des petites collines basses toutes jonchées de vignes, de müriers et d'oliviers, d'autres fois les collines faisent place à des roches abruptes, nues et stériles, et alors. sous l'influence d'un soleil de plomb se réverbérant sur ces roches arides, la chaleur devenait écrasante et les chevaux avaient peine à avancer. Mais bientôt un vent léger venait ranimer la belle humeur de chaeun et l'on chevauchait joveusement,
Capestoc à la tête de «1 compagnie songeait, et dans les événements qui “étaient suecédés sans relache depuis son départ de Paris, il trouvait largement de quoi
alimenter sa pensée.
Êl
Mais c'était l'image de Marianne que le fouguneux
Gascon se plaisait surtout à évoquer.
Poston Var lie fille AUS: hallat monolownaital
tout en cheminant. Ses cheveux si sombres et son oeil si bleu donnent à <a phvsionomie un charme étrange
qui m'a séduit tout d’abord. A Etampes, je n'ai fait que l'entrevoir, et pourtant, sa vue, je m'en souviens fort bien, m'avait jeté dans un trouble extraordinaire. Le Presents, sans doute. que cette adorable enfant devait jouer un rôle dans ma vie. Et voici que miracueusement je la retrouve pour lui rendre Je même ser- Vice qu'elle m'avait rendu. Oh! quoi que je fasse, je es maintenant que rien ne pourra effacer de mon es
prit Ja pensCe de cette Marianne, et. pour un baiser,
pour un sourire d'elle, je donnerais ma vie <ans revret. Eh! je comprends que M. de Cing-Mars en soit épris, et que M d'Artagnan lui-même... Bref, me voici avee deux rivaux sur les bras. Pour d'Artagnan. nous nous explhiquerons toujours. D'ailleurs il V à avez longtemps que nous en cherchons l'occasion, Quant au cran écuver...
Et tout à coup, a ce nom de grand écuver, le souvenir fui revint de ce quil avait entendu la veille.
— Au fait, continua Capestoe, je loubliais celui-là! Ainsi, est lui qui a fait assassiner ce pauvre chapelain de Galluis, pour Jui voler <es papiers! Cest done que ces papiers le concernent!
le jeune marquis d'Effiat.
Mais tout à coup le cadet <e f
—0h! quelle idée! fit: ce
Mais en ouoi” Qu'est-ce que
rappa le front, wave curé de Galluis, na-t-il js prononcé des mots qui m'ont paru tout d'abord inintelligibles, et parmi ces mots, le dernier, celui Qu'il n'a pu achever, arrêté oar la mort, n'était-ce pets “maréchal? Oui! maréchal"! Et le pere de M. de Cing-Mars était M. le Maréchal d'Effiat. Pardieu! voilà qui jette une légère clarté sur l'affaire. Vovons! rappelons nos souvenirs, Avant que «a pauvre àme ne 'envolât au ciel, le brave curé à prononcé exactement : “Péril de mort... secret terrible... enfant volée... fille véritable... Jacques Gravier... maréchal. “C'est parfait. Le maréchal, sans aucun doute,
était le maréchal d'Effiat. Pour le péril de mort et ‘e œæcret terrible, cela s'explique tout seul, et pour ma part j'en sais quelque chose. Restent les autres mots: “Enfant volé”. Bon! ectte enfant est la fille véritable... de qui? Eh! pardieu du maréchal. Cette enfant est la soeur de Cinq-Mars, qui la fait rechercher pour Jui rendre une partie de son héritage.
Mais Capestoc secoua la tête,
Non! non! cent fois et mille fois non! ee ne peut être ca! Si M. de Cinq-Mars recherchait une soeur perdue, il est ascez en faveur auprès du roy pour n'avoir pas besoin d'envoyer à sa recherche les ruffians de M. de Fontrailles avec mission de tuer un pauvre curé de campagne. Et puis si M. de Cinq-Mars avait eu d'aussi nobles dessins que de rendre à une soeur des biens qiu lui appartiennent, il serait simplement allé trouver le vieux prètre qu'il savait être dans le secret et il ne l'aurait pas fait assassiner pour le vo'er. Alors?...
Et Capestoe se torturait Fesprit pour arriver à une solution raisonnable qui} ne pouvait découvrir.
Et puis tant pis! dit-il enfin, avec un haussement d'épaule philosophique! Je suis bien bon de me mettre ainsi la cervelle à l'envers pour résoudre une énigme dont le hasard, j'en suis sur, me donnera la elef un de ces jours. En attendant, félicitons-nous d'avoir appris que c'est M. de Cing-Mars qui à fait assassiner le cha-
pelain de Galluis, et réjonissons-nous de ce qu'il ignore
que la grande enveloppe scellée de jaune est tombée en mon pouvoir. C'est égal, je nage en plein mystère, ot il n'est pas jusqu'au départ nocturne de M. de Fontrailles pour un voyage qui doit durer cinq où six jours qui ne me paraisse étrange. Bah! qui vivra verra, Diou biquant ! à tout prendre, Marianne: je serai plus sûr de ne pas attraper mal à la
j'aime mieux songer à la belle
Et Capestoc évoqua la fine silhouette et le charmant
visage de cette jeune comédienne, dont, il faut le dire, A était follement épris,
Îl pouvait être dix heures maintenant, et le cortège ipprochaiït de Montélimar où le rov devait s'arrêter et ner, Et le lieutenant aux gardes se proposait déjà
le S'en venir trouver M. d'Artagnan afin de lui faire artager les Victuailles que Cadéac avait achetées avant ke partir de V once, et ensuite, le déjeuner lestement absorbé, des gner avec Je mousquetaire sur le ter- “ain afin de vider une querelle qui tendait à s’éternier,
Maïs tout à coup, il sentit une main tomber sur son cpaule, et, Sétant retourné, il reconnut le cardinal qui etait derrière lui.
Monseigneur! fit-il étonné, en retenant son cheval, in de permettre à celui du cardinal de prendre le pas ur Jui.
Car, on l'a dit, durant ce voyage, le cardinal de Rihelieu avait revêtu un costume de cavalier, et fort souent il quittait sa litière pour chevaucher au milieu de “es vardes,
—Monsieur de Capestoc, fit le cardinal. Sa Majesté décidé de demeurer trois ou quatre heures dans sa onne ville de Montelimar, car elle se sent fatiguée ce matin.
—Bon! pensa le cadet, tout en s'inclinant devant l’Ennenc, voilà qui nous donnera tout le temps nécesaire de nous expliquer avee M, d’Artagnan.
—En conséquence, continua le cardinal, Sa Majesté 0e pourra atteindre Avignon ce soir, ni y passer la nuit oinme cela était décidé.
Une nouvelle fois le cadet s'inclina, tout en se deandant où Richelieu voulait en venir et pourquoi il 1 donnait ces détails qui, somme toute, ne l’intéresuent guére.
—C’est à Orange, poursuivit Richelieu, que Sa Ma-
jesté passera la nuit. Comme cette ville n’était point informée de l'honneur que lui fait Sa Majesté, le roy vient d'envoyer un de ses Mousquetaires afin que l'on prépare tout pour Le recevoir, Vous allez donc partir en avant à votre tour pour faire préparer mes louis, Car ajouta L'Eminence avec un soupir, on s'occupe bien peu de nous durant ce vovage! Et si je ne me chargeais
moi-méme des soins de me pourvoir pour la nuit, je ris-
QUES fort de dormir a la e hlle étoile.
Dois-je partir sur le champ? demanda Capestoc.
qui voyait une fois de plus compromise sa rencontre avec d'Artagnan.
Mais tout de suite! répondit Richelieu. Te fourrier du rov vient de partir et j'aimerais assez que vous le rattrappiez en route. Ne serait-ce que pour montrer qu'en fait de cavalier mes & ardes valent les mousquetaires rOY.
Si Capestoc n'eût pas été décidé à brûler le pavé, ce seul mot lui eût donné des ailes.
Je pars, Monseigneur: dit-il simplement.
Et. après avoir salué le cardinal, il éperonna st monture et. sans autre réflexion, il piqua des deux.
Mais, il n'avait pas fait dix pas, qu'il arrêta net son cheval et toriene bride. C'est que cette pensée lui était venne qu'il était bon sans doute de faire prévenir M. d'Artagnan du contretemps qui lui arrivait.
Il courut done à la queue du cortège, et ayant trouvé son valet Cadéac:
__Evoute, Cadéac! fit-il, et souviens-toi de ce que je vais te dire.
LJe suis tout oreilles! Monseigneur, répondit le valet. légèrement troublé et un tantinet effravé,
—Pès que tu seras arrivé à Montélimar, tu recherchoras M SÉAFAETAR
M, d'Artagnan! fit Cadéac en ouvrant des grands veux tout papillotants d'effroi.
— Oui! M. d'Artagnan, Et tu lui diras: “Mon maire me charge de vous présenter toutes ses excuses.”
—Des excuses! interrompit Cadéac, n'en pouvant roire ce qu'il entendait.
Capestoc continua :
..— Toutes ses excuses de ne point venir vous rerouver. Mais Son Eminence vient de le charger d’une sion, et dès qu'elle sera terminée, il se mettra à voe disposition,
Et cest tout? interrogea Cadéac piteusement.
Le brave garçon avait cru un instant que la querelle + deux gentilshommes allait prendre fin, et son coeur ait bondi de joie dans sa poitrine.
— Oui, c'est tout! répondit Capestoc, où plutôt non, ar tu donneras à M. d'Artagnan les provisions dont tu <Lû te prémunir à Valence, et qui me sont inutiles, ‘tu le prieras de boire à ma santé.
Et avant dit, le cadet piqua son cheval et s'éloigna à ‘ravers champs, ne voulant point traverser le cortège val dans toute sa longueur ct laissant son valet ébahi ar tout ce qu'il venait d'entendre,
Une minute, Cadéac demeura réveur.
—Bah! fitil enfin, qui vivra verra. Ils ne se tuent pas aujourd'hui, c'est le principal. Pour l'avenir, icu V pourvoira !
Et rassuré, il remit son bidet au pas et suivit le cor- HS Cependant, courant à travers la campagne, Capestoc ait regagné la route, et à peine un quart d'heure res il traversait la bonne ville de Montélimar comme de trombe, et cela au grand étonnement des bourgeois
les manants assemblés déjà sur la place pour receir Sa Majesté Louis XTIT.
Après Montélimar, la route s'allonge à travers la mpagne, droite comme un T, durant près d’une lieue.
Capestoe, tout en fendant l’espace, inspectait l’ho-
rizon pour voir s'il n'apercevait pas an loin le fourrier du rov. Mais la route était déserte,
Le cadet, d'ailleurs, avait bien vingt bonnes minutes de retard sur le mousquetaire qui était parti en avant, et en vinet minutes un cavalier fait bien du chemin, surtout quand il galope pour le service de Sa Majesté.
En un quart d'heure, Capestoc avait fait plus d’une lieue,… Maintenant la route escaladait à pic une haute colline que surmontait une chapelle, et. qu'elle que fût son impatience de rejoindre où même de devancer l’envové royal. il dut mettre son cheval au pas, afin de ne pas le tuer, ce qui n'eût point avancé ses affaires,
La route montait pendant deux lieues au moins et Capestoc mit une heure à les couvrir. Enfin. il parvint au haut de la chapelle. De cet endroit, le panorauma était merveilleux, embrassant à l'entour des lieues et des lieues de verdovantes campagnes,
Mais le cadet ne perdit point son temps à le contempler. La route descendait en zig-zat l’autre versant de la colline, et, ramassant les rênes, Capestoc lança son cheval sur cette pente roide. IT chevaucha un quart d'heure encore: mais il avait beau interroger l’horizon, il ne parvenait point à distinguer le cavalier qu'il voulait à tout prix devancer. Il en faisait une question d'honneur, et d’ailleurs il savait que le soir le cardinal serait content d'apprendre qu'un mousquetaire parti une demi-heure avant avait été dépassé par un de ses gardes,
Au bas de la colline, il traversa un village qui sppelait Donzère, et qui appartenait à l’évêque de Viviers. Puis de nouveau, au milieu d'une grasse plaine, la route S'allongea devant lui, droite et rectiligne jusqu'à lho-
rizon. où il pouvait apercevoir 7m iminense I)C Sur-
monté d'une forteresse et dominant la plaine. Mais cette fois Capestoe tressaillit. Là-bas, tout au loin, il venait de distinguer un point noir d ns un
nuage de poussière. Ce ne pouvait être que le mousquetaire. Il éperonna sa monture qui fila comme le vent.
Lentement ce point noir grossissait, ce qui prouvait que Capestoc gaunait du terrain sur lui. xientôt le cadet put distinguer un cavalier, et enfin il reconnut ‘manteau rouxe timbré de la croix d'or des mousqueaires, [ne S'était pas trompé.
— Enfin! cria Capestoe les veux brillants de joie, les sardes vont sortir vainqueurs de cette course et Son FEminence sera contente ! Je m'en vais passer comme un clair auprés de ce lambin de mousquetaire, et avant quil ait pu comprendre, je serai déjà loin.
Et bien que son cheval rendit par les naseaux le sang et lécume, il lui enfonca ses éperons dans le ventre, et se sentit emporté comme dans un tourbillon.
Deux minutes après, il passait devant le mousquetire en poussant un rugissement de triomphe.
Mais tout à coup, il entendit derrière lui une voix ioveuse qui lui criait:
— Hé! monsieur de Capestoc! où courez-vous si vite!
Et le cadet reconnut la voix de d'Artagnan.
\lors, dépité, il arrêta son cheval et, se tournant vers
mousquetaire qui venait de le rejoindre :
—Mordioux ! Monsieur, il faut que ce soit vous pour que je ralentise mon allure, car j'avais la ferme intention d'arriver à Orange une bonne demi-heure avant ‘ mousquetaire que je savais me précéder,
— Vive Dieu! Monsieur, répondit d'Artagnan: si j'aais su que c'était vous que le cardinal avait choisi. je he serais point allé si vite.
— Vous le voyez pourtant, je vous ai rattrapé.
— Vous êtes le seul, parmi les gardes. capable d’ac-
Anplir un tel exploit.
— Comme vous êtes le seul parmi les mousquetaires,
qui avez pu me faire trotter ainsi. Tout autre que vous, je
‘otse rattrapé depuis longtemps.
Et souriant, le deux nnemis se serrèrent la main
Ce qui fait que, Si vous de voulez bien, reprit d’Artagnan, nous allons faire le chemin de compagnie ?
J'allais vous le propose Fe
Car vous allez à Orange. nr'avez-vous dit ?
Oui! faire préparer les logis de Son Ermnene: comme vous allez faire préparer ceux de Sa Majesté.
Alors, tout va bien. Mais ce n'est point une ralcon de flñner sur cette route,
Et les deux officiers remirent leurs chevaux au galop.
Parfandious! fit le Gascon. je ne pensais point vous trouver sur mon chemin.
Je ne pensais point non plus avoir ce plaisir.
A telles enseignes que j'avais chargé Cadéac di Vous présenter mes CNCURES de ne me pas trouver la.
—Ma foi, j'avais prié un de mes mousquetaires 0 vous faire la même commission.
Eh! pardieu! le hasard fait bien ke choses quant il s'en méle, répondit Capestoc,
Ce ii fait. continua le mousquetaire, que sancrainte d'etre déranges, cetti fors, nous allons pouvol arranger tranquillement nos petites affaires,
Pas avant d'être arrivés à Orange, cependant.
— Pourquoi? cela
— Parce que, comme vous, je suis chargé d'une mi-sion. et que si vous me tuez avant de l'avoir accomplie. ce serait de la désertion.
Pardien! vous avez raison! Forcons done un peu nos chevaux, car, vous l'avouerai-je? j'ai hâte de m° mesurer Avec VOUS.
Et. éperonnés, les deux chevaux dévorérent l'espace. Ils approchaïent maintenant de ce rocher que tou! à l'heure Capestoe avait apereu à l'horizon, et qui of-
irait ce spectacle curieux d'un immence bloc de caleaire déposé, scmblaitil au milieu de la plaine par quelte puissant génie, car rien he le reliait aux montagnes ointatties,
Nous Favons dit, un château fort ruiné surmontait d Che abrüpte, ét maintenant il ne semblait atoir l'autre raison d'étre que or protéger contre le fourueux vent du nord le Village qui s'abritait à «s pieds,
Ce village, qui, d'ailleurs, tirait son nom de æ rocher, S'appelait Pierrelate, il était célèbre pour le bourres de soie que l'on 4 tiscait.
Mais. il faut l'avouer, Capestoe et d'Artaunan ignotient ce détail D'ailleurs, leussent-ils connu, au plus où moins de qualité de la pierrelatine ils eussent préléré un bon pâté et une vieille bouteille de vin: car, navamt rien pris depuis le matin et avant chevauché ans perdre haleine une quinzaine de lieues ils se sentient l'estomac dans les talons.
Aussi, sortant du village qu'ils avaient traversé comme le vent, ne furentsils pas médiocrement satisfaits d'apercevoir un rameau de pin qui se balancait au-des- «us d'une porte surmontée de ces trois mots: {ôtellerie
France.
—Parfandious! S'exclama joveusement C'apestoe, voici notre affaire. Je vous avouerai que j'ai une faim Je chien. et je Ne serais pas fâché de goûter aux victuailles de l'Hôtellerie de France.
—Ma foi, cela permettra à nos chevaux de souffler, répondit d'Artagnan, et ils n'en courront que mieux tout à l'heure pour rattraper le temps perdu.
Ils sautèrent donc de cheval et + après avoir abandonné » les rènes à un moutard qui venait Li aCCOur Ir, ” pénétrérent dans l'hôtellerie, où ils ui ns, repas, copieusement arrosé de ce vieux vin que le soleil mûrit au bord du Rhône.
Une demi-heure après ils se remettaient en selle, et.
Pr ET PP TS CES
aa rond
ns ä . LT ï Sac inncsnitisntnensineeindtiluittisliee Lu. PSP ce. anse ne peter tahentéhennnes tt -“Écceme mmun S Les BiheT PS BR
en mans ennhe one “nt
comme d'Artagnan l'avait dit, les chevaux reposés eurent bientot fait de regagner le temps p fu.
Après avoir traverse trois ou quatre autres salué au passage quelques vieilles fortercse que le rouche baron de Adrets avant démantelées moins d'un siècle auparavant, ils pénétrerent dans Orange, apres u\oir admiré ce vieil are de triomphe romain que in! tradition populaire attribue à Marius et dont les geurres de religion avaient fait une citadelle.
L'émoi des échevins de la ville d'Orange fut vrand quand ils apprirent que le roy leur faisait l'honneur de coucher dans leur ville, Mais les deux officiers, leur mission remplie, les laissérent se démener pour recevoir, Sa Majesté conrme elle le méritait, et se mirent tout de cuite en quête d'une hôtellerie: car, avant préparé Île coucher du roy et du cardinal, il était bien juste qu'ils S'occupassent un peu d'eux-memes,
Ils eurent vite trouvé deux chambres, puis n'ayant plus rien à faire:
Et maintenant, monsieur d'Artagnan, dit Capestoe, si nous cherchions un endroit écarté où nous pussions régler en paix les petites affaires que nous avions en Ï u ?
Je cuis tout à votre service, répondit d'Artagnan. Cette ville n'est point trop grande, Pme semble, et nous n'aurons pas loin à aller pour en sortir. Voici, Je pense, une rue qui va nous mener tout droit à la campagne.
Et ils enfilérent cette rue qui, comme ils le prévoraient, les mena en pleins champs. La solitude était grande: la route passait à une centaine de pas, mais elle paraissait déserte : les deux officiers pensèrent qu'ils étaient bien seuls, et joveusement ils donnèrent de Pair à leur rapières,
Mais, hélas, il était écrit au grand livre du destin que
es deux braves gentilshommes ne pourraient jamais tirer l'épée sans qu'aussitôt ne survint quelque fâcheux. A
peine les deux lames avaient-elles pris le contact, qu'un homme s'élança vers eux, s'écriant :
—Holà! les amis, je vous en prie, un coup de main!
—Parfandious! lillustre Mirandor! s'écria Capestoc en reconnaissant le chef de troupe dans l'intrus qui arrivait si malencontreusement.
— Allons! c'est la fatalité! grommela d'Artagnan en remettant son épée au fourreau.
Mirandor, cependant, à son tour, venait de reconnaîe tre les deux gentilshommes, et, tout troublé, il tortillait son feutre entre ses doigts, saluant, souriant niaisement, n'osant rien pire,
- Eh bien! qu'y a-t-il? qu'arrive-tl? cria Capestoe ; que fais-tu sur cette route, et pourquoi nous appelais-tu avec cet air de désespoir?
—Monseisneur! Monseigneur! balbutait Mirandor.
— Voyons! parle! réclama d'Artagnan.
— Mon Dieu, Monseigneur, commença Mirandor, d'une voix tremblante, je vous fais toutes mes excuses... mais pouvais-je prévoir?.., de loin j'ai vu deux hom-
mes... J'ai pensé que c'étaient des, habitants du pays.
comment reconnaître que c'étaient vos seigneuries !…..
—Enfin !interrogea Capestoc, si c’avaient été des manants, que leur aurais-tu demandé?
— Voici la chose, Monseigneur, continua Mirandor, dont l'embarras ne faisait que croître... Je vais vous dire, mais pardonnez-moi ma hardiesse : figurez-vous que mon chariot s'est embourbé, et alors...
— Bon ! bon! compris ! Et tu nous appelais à ton aide ?
— Oh! parce que je n'avais point reconnu vos scigneuries, sans cela.
— Hé? parfandious! nos seigneuries te donneront bien un coûp de main pour le tirer d'embarras; où est Île chariot !
—{juoi! vous voudriez ?
—Où est ton chariot, te dis-je ?
Hà. Monseigneur, là, sur Ja route.
Allons? fit Capestoc.
Et <e tournant vers d'ATrtaAENan :
Mordioux! puisque nous Re pouvons étre tranquilles et que nous M'avons TION de mieux à faire, allons don-
ner un Coup de main à cet imbécile.
Lil anivit Mirandor, tandis que d'Artagnan retrousait sa moustt he. tout Joveux de revoir la jolie Marianle.
Au milieu de la route. le chariot attendait. immobili- «€, tandis qu'autour de lui. toute la troupe, plus les deux charretiers, S'épuisaient en de vains efforts. L'atrivée des deux officiers étonna tout le monde, mais surtout Marianne.
Vous! fit-elle toute rougissante.
Mais Mirandor <écrlait:
Voici ces deux gentilkshommes que j'ai surpris en train de seserimer, et qui veulent bien nous venir en aide.
Mais il vous faudrait des chevaux! fit d'Artagnan après avoir jeté un coup d'oeil sur le char dont la roue “enfoncait dans une fondrière, jusqu'a moxen.
heure que je le répete, fit observer le co-
qui n'était autre que le Fierabras de trandor. oui! il faudrait des chevaux, rouverons qu'à Ja ville, et nous n'avons
si nous voulons être arrivés à
vous avez le temps, en ce Cas, nt roy couche à Orange cette nuit et ne
iwnon que demain.
trois umes sauvés! s'exelama Mirandor les charretiers vont rester là à garder Îa allons retourner à la ville, Je
ramèncrai les chevaux, et nous jouer ce soir, À Oranve, puisque le roy y couche.
Les comédiens respirèrent et ia tre » rebronssa cheini .
Cependant, d'Artagnan et Capestoc étaient approchés de Marianne.
Eh bien! Mademoiselle, commença Capestoc, étes- Vous revenue de votre émotion d'hier au soir?
Et rien de facheux ne vous est advenu depuis que nous vous avons quittée? ajouta d'Artagnan, qui ne voulait pas être distancé par be lieutenant aux gardes,
—Je me porte fort bien, et il ne nrest rien advenu de facheux, répondit Marianne avec un sourire.
Et elle ajouta :
—En pourriez-vous dire autant Messieurs ?
Nous! firent à la fois les deux officiers.
Marianne les regarda Fun après Fautre, puis, moqueuse
— N'ai-je pas entendu, tout à Fheure, que Mirandor vous a trouvés les armes à la main?
—Hah! fit d'Artagnan.
—Nous nous entretenions la main, ajouta Capestoe.
Vraiment! continua Mariane de plus en plus 1ronique, Est-il d'usage parmi les gardes ou les mousquetaires de choisir les endroits les plus écartés pour faire assaut ? Pardonnez-moi, je ne suis qu'une comédienne et ne connais point trop les usages de la cour et des wentilshommes comme vous: mais il me semble...
—Hé! parfandious! interrempit Capestoc, je ne sais si vous parlez sérieusement, où si vous voulez vous jouer de nous: mais, ma foi, tant pis, je vais tout vous dire,
—Vovons! fit la jeune fille.
Eh bien! reprit Capestoe, Monsieur, qui est lientenant aux mousquetaires, et moi qui ai le même. grade
aux gardes du cardinal, avons à décrer de cette question, lequel doit céder le pas à l'autre.
__Ah! Et c'est pour cœla que vous ie vous tuer ?
—N y a bien une autre question en jeu! grommela d'Artagnan.
Aussi, fit la jeune comédienne, il me semblait un peu... ridicule que deux braves officiers comme vous tentassent de se couper la gorge pour d'aussi futiles raisons |
En effet, l'autre est plus érieuse, fit Capestoc. Eh bien! commenea dArtasnan.
Mais soudain il s'arréta. Et ayant jeté un regard autour de lui, il examina pour voir s ‘ils étaient bien seuls. Les comédiens avaient pris les devants et ils étaient bien tous les trois seuls au imilieu de la route,
—(jue de précaution ! fit Marianne sur un ton enjoué. Il s'agit done d'un secret d'Etat?
Vous allez voi! reprit W'Artagnan.
Et il commença.
[maginez-vous que M. de Capestoc et moi, nous sommes amoureux de la même personne.
Ah! fit Marianne, dont le visage en un mstant de- \int aussi rouge qu'une pivoine.
C'apestoc se taisait, mordillant sa moustache. Lui qui n'avait ee reculé devant six rapières menaçant sa poitrine, eût donné si \ part de Paradis à cette heure pour se trouver ailleurs qu ‘aux cotés de Marianne. Et le plus naïvement du monde. il admirait le courage de d'Artagnan. Mais celui-ic continuait:
Oui' nous sommes amoureux de la même jeune fille. Et comme l'amour d'une femme ne peut se partapartager, nous somme obligés d'avoir recours au hasani pour savoir qui de nous lui fera la cour. Seulement, au lieu de jouer à pile ou face comme des manants. étant hommes d'épée, nous jouons Famour de cette enfant à la rapiere, Ce ui qui sera tué laissera la place à l'autre.
Voilà!
Sans qu'un musele de sa physionomie tressaillit, MArianne regarda d'Artagnan.
—Vous voulez vous moquer? fit<lle enfin.
—Pas le moins du monde!
—Et que dit de cela la jeune fille que vous aimez tous deux ?
Elle ne dit rien, pour la bonne raison qu'elle ne sait rien.
— Mais si elle le savait ?
—Bah!
Et fixant Marianne:
(Que diriez-vous à sa place?
Oh! moi, je ne suis point en cause, fit la jeune fille -n secouant la tête.
—(jui sait ?
(ue voulez-vous dire ?
D'Artagnan baissa la tête. Marianne le mettait au pidi du mur.
Capestoc n'avait pas une goutte de sang dans les veines. Pour la première fois de sa vie, il se sentait ému.
Enfin, le mousquetaire releva le front, et, avec une hardiesse de page:
—Je veux dire, Marianne, que la jeune femme dont M. de Capestoc et moi somines amoureux, cest vous !
— Moi! fit Marianne en tressaillant.
—Oui, vous !
Mais, au grand étonnement de Capestocè la jeune fille éclata de rire.
—Oh! cette fois, par exemple, vous n'oserez point me soutenir en face que vous ne voulez point vous gausser de moi!
Oh! firent en même temps les déux gentilshommes,
Un lieutenant aux gardes, un lieutenant aux monsauetaires. sans doute deux futurs maréchaux de Frar:2, amoureux d’une comé&lienne !
Qu'importe le rang?
Amoureux d'une enfant trouvée !.….
- N'étes-vous pas jeune, belle ?
Mais je n'ai pas de nom...
Cela empéchetl de s'aimer ?
Oh! vardon, monseineur d'Artagnan, fit la jeun: fille soudainement devenue grave, Comédienne et enfunt trouvée, je ne puis devenir voir femme, Quant à
étre votre maitresse, jamais!
En parlant ainsi. elle était véritablement Im Ile,
Capestoc en fut profondément troublé.
Oh! Madame, fitil, pensez-vous q'ie c'était votr déshonneur que nots convoitions !
Ma foi, gronda d'Artagnan, je me serais fort bien contenté de cela.
Mais. Monseigneur et moi n'aspirons qu'a une chose, continua Capestoe. Vols épouser.
Marianne sourit.
Je vous remercie, monsieur de Capestoc, de cette bonne pensée, He vous ai sauvé la vie une fois, vous me l'avez reniu, nous sommes quittes. Mais passez votre chemin. et laissez-moi à mes tragédies, Je ne veux point douter de vos sentiments. Peut-étre. en un moment d'enthousiasme, m'épouseriez-vous 5 ms c'est une foli que vous regretteriez bientôt, j'en suis sûre. Done, ne vous occupez plus de mot. Je ne puis être votre femme ei je ne serai jamais votre maîtresse, Alors, à quoi bon vous tuer pour moi?
“D'ailleurs, —et elle se tourna vers d'Artagnan, c'est un mauvais svstème que le vôtre: Si vous êtes aimé. à quoi bon tuer un homnn qui ne vous gène point ? Et si l'on vous dédaigne, pensez-vous que l'on vous en aimera plus quand vous aurez tué celui que l'on chérit :
Mordious! vous avez peut-être raison, gromimelà le mousquetaire entre ses dents.
Quant à la question de préséance qui vous sépare,
ontinua la jeune fille, à quoi bon vous entretuer pour
cela D'ailleurs, vos vies vous appartiennent-elles, pour
n disposer ainsi pour d'aussi futile causes? Elles sont rov, qui en à besoin pour soutenir son royaume, Vous devez mourir que devant l'ennemi et pour le service
u roy, Oubliez vos petites ranennes, Et au lieu de
ous entretuer pour savoir qui passera le premier le seuil
une porte, rivalisez plutôt à qui le premier montera l'assaut et plantera les fleurs de lvs sur la brèche,
Parfandious! gronda Capestoc, vous avez raison, à oup sûr!
— Ainsi donc, sovez amis et ne Vous souvenez de moi 1e pour resserrer les liens de votre amitié. Et la-des- : bonsoir, Messieurs. Me voici devant la porte de Lôtellerie où nous allons loger; mes compagnons m'atdent, et je ne veux pas abuser de vos instants.
Et. avee un sourire et une révérence, elle planta là ls eux officiers qui n'étaient pas encore revenus de leur upéfaction.
Un long temps ils demeurèrent là ébahis. Enfin :
Votre main, monsieur d'Artagnan, dit Capestoe.
Oh! de grand coeur | répongit le mousquetaire.
(‘est à la vie, à la mort, n'est-ce pas?
—Pardieu !
Vovez-vous, cette comédienne a raison. Tous les eux nous avons fait nos preuves, et il serait criminel de priver le rov de soldats tels que nous.
D'ailleurs, si je vous avais, tué, assura d'Artagnan,
j'en aurais été marri toute ma vie,
__Et moi, Monsieur, je n'aurais pu survivre au mal-
hour de vous avoir envoyé ad patres.
Soyons amis!
—-Soyons frères!
Et. bras-dessus bras-dessous, sans arrière-pensée cette
fois, ils ‘éloignèrent de l'hôtellerie où logeait la troupe
de l'illustre Mirandor.
péteren pis à
Cependant, tandis que tout ceci se passait, Sa Majesté Louis NII avait fait son entrée dans la vieille ville d'Orange, aux acelamations des habitants. Les consuls et les échevins avaient prononcé des discours qui, bien qu'avant été composés à la hâte, n'en étaient pas moins fiandreux. Puis le roy et le cardinal avaient regagné les logis qui leur avaient été préparés : les gardes et les mousquetaires s'étaient répandus par la ville, et tout le monde semblait heureux.
Un homme seul faisait exception à cette universelle joie, et cet homme, besoin est-il de le dire? était le pauvre Cadéac.
Lorsque Capestoc l'avait quitté à quelques lieues de Montélimar, il était tout d’abord demeuré fort perplexe. Mais bientôt il avait réfléchi que, puisque son maître partait en avant et que d'Artagnan demervrait en arrière, tonte rencontre était impossible entre les jeux officiers et qu'il avait désormais quelque répit. Et, sous l'influence de cette réconfortante pensée, il avait joyeusement achevé sa route, en sifflant tous les airs qu'il connaissait. ainei qu'il avait l'habitude de le faire.
Dès que le cortège arriva à Montélimar, C'adéac se mit en quête de d'Artagnan. Ce n'était pas chose facile. fl allait, venait, rôdait par la ville, s'informant auprès du premier venu Sans parvenir à mettre la main sur le Heutenant. Enfin, il apereut un manteau rouge timbré d'une eroix d'or qui se dirigeait vers Iui.
__Pardieu! se dit Cadéae, voici un mousquetaire, il
doit savoir où se trouve son lieutenant; je m'en vais l'interroger adroitement.
Mais, à son grand étonnement, ce fut le mousquetaire qui l'abomia le premier, lui disant :
—N'êtes-vous point le valet de M. de Capestoc, lieutenant aux gardes ?
Cadéac regarda l’homme.
—Si? fit-il enfin.
__ Savez-vous où se trouve votre maître ?
—Mon maître ?
Oui, Je suis chargé de lui dire un mot.
Une pensée traversa l'esprit de Cadéac.
__Ne viendriez-vous point de la part de M. d’Artaynan.
—En effet.
__Pardieu! songea C'adéac, c'est cet enragé de mousquetaire qui cherche mon maître pour s'aligner avec lui. Heureusement qu'il est loin.
Et s'adressant au soldat :
—Pardieu! je cherche également M. d'Artagnan pour lui dire deux mots de la part de mon maitre.
M, de Capestoc n'est done pas ici?
__Ma foi! il doit être loin à cette heure, car il a pris les devants par ordre de Monseigneur le cardinal.
__Bien! fit le mousquetaire, en ce cas, nos deux missions sont inutiles, car comme M. d'Artagnan a pris également les devants par ordre de Sa Majesté, votre maître et mon lieutenant vont infailliblement se rencontrer à Orange.
__Vons dites! lama Cadéac éperdn.
Mais le mousquetaire était déjà loin.
Patatras! soupira Cadéac, quand il fut revenu de son émoi: cette fois, ea v est! Nos deux bretteurs vont
PNR es pus
se rencontrer à Orange: leur premier soin sera d'en découdre, et comme je ne serai point” ir survenir fort à propos, certainement l'un des deux tuera l'autre. Mais
lequel? Si c'est d'Aartagnan qui est tué, Ina fois tant pis! Quelque estime que j'aie pour ee brave lieutenant, je me consolerai bien vite de sa mort. Mais si c'est M de Capestoe...
Et Cadéac termina sa phrase par une si vilaine grimece qu'il ne laissait aucun doute sur les sentiments qu'il ressentait.
|! faut l'avouer, Cadéac eut tout d'abord ja pensée TE fuir, de s'en aller devant lui, au hasard, de quitter la France, de se mettre hors d'atteinte de M. le prévôt du Châtelet, qui possédant La fameuse lettre à n'ouvrir qu'apres la mort de M. de Capestoc.
Et déja il faisait tous ses préparatits pour prendre du champ.
Mais il réfléchit néanmoins que fuir ne l'avancerait à rien; qu'il lui cerait bien difficile d'éviter la main Crochue des gens de a prévoté : que bientot toute la police
du rovautnie serait à ses Trousses, et que, dan: «es condi-
ons. on ue va pas bien loin.
Puis, après tout, rien ne prouvait que M. de Capestee fût mort. I pouvait fort bien tuer M. d'Artagnan. Ma foi, il valait mieux attendre et retarder toute décisien jusqu'à ee que l'on fût arrivé à Orange, où il serait renseigné et saurait Ce qu'il avait à faire,
Et. fort mélancolique. Cadéac, à qui toutes ces préc eupations n'entevaient point l'appétit, ouvrit le panier
provisions destinées à M. de Capestoc et se mit à Manger,
Oh! la route de Montélimar à Orange parut sans àttraits au lamentable Cadéac, et chaque leue qu'il faisait ac roissait encore son angoisse. Qu'allait-il apprendre là-bas, en arrivant ?
Enfin. on arriva à Orange el le pren r soin déae fut de chercher son maitre.
Mais, tout soudain, il palit affreusement, La. lui, debout sur le seuil d'une hôtellerie, il venait
cevoir M. d’Artagnan. Son sang 8€ glaça dans ses veines.
__Misère de moi! soupira-t-il, manquant défaillir.
Pardieu, le doute n'était pas possible : d'Artagnan vivant, c'était Capestoc mort! Et, trébuchant, le pauvre Cadéac s'apprètait déjà à prendre la fuite, lorsqu'il entendit la voix joyeuse (lt mousquetaire qui l'interpellait.
__Holà! Cadéac, mon garçon! avance ici, mon ami!
Plus mort que vif, Cadéac s'approcha.
Je parie que tu cherches ton mâitre, ce brave M. de Capestoc ?
Cadéac terrifié regarda le mousquetaire,
(Qjuel sans coeur! murmura-t-il me parler ainsi après avoir tué ce brave M. de Capestoc!
—Quoi done! continua d'Artagnan, qu'as-tu à me revarder ainsi? Il me semble que je te dis pourtant des choses simples, et tu n'as pas besoin d'ouvrir des yeux si effravés. Tu cherches ton maître, n'est-ce pas? Eh bien, je vais te dire où il est.
__Pardieu! je m'en doute bien, urommela le valet sur un ton lamentable.
__Jl est ici, continua d'Artagnan, dans cette hôtellerie, et...
Quoi! vous ne l'avez pas tué !
Un éclat de rire répondit à cette question. C'était Capestoe en personne qui venait d'apparaître sur le seul de la porte. En le voyant, Cadéac n'en put croire ses Veux. Ipâlit, rougit, trembla. baibutia, puis s'élança vers son maître en criant:
Vous! Vous! Et vivant!
Eh bien! quoi! que t'arrive-t-1l ? demanda Capestoe, et pourquoi pouvais-tu supposer que j'étais mort ?
__Mais.… commença Cadéac, et il regarda d’Artagnan d'une Si particulière façon que Capestoc comprit tout de suite:
Hé! parfandious ! cet imbécile a supposé que nous
LT
en 14
nous étions battus en duel, et en vous voyant vivant... Pardieu! continua d'Artagnan, il a cru que vous étiez mort, Mordioux! vous avez là un valet qui vous est ensulièrement attaché!
{la ses raisons pour cela! réponit Capestoc en clignant de l'oeil.
Puis s'adressant à Cadéac:
Or cù, l'ami, rassure-tors comme tu 1e vois, M. d'Artagnan ne ma point tue, et pour l'avenir tu peux vivre tranquille, car il ne sera plus question de duel, maintenant, entre M. d'Artagnan et mor.
__Bien vrai? demanda Cadéac soupeonneux.
Quand je te le dis!
—Oh! alors!
Et pour toute réponse, C'adéac lanca son chapeau en
l'air, en même temps qu'il poussait trois vivats retentissants qui, mieux que n'importe quelle autre parole, té- 1 moignaient de la profonde joie qu'il ressentait. il Capestoc et d'Artagnan laissérent Cadéae à son bon- 4 heur et se dirigérent vers l'hôtellerie de l'illustre Mirandor.
[ls s'étaient souvenus en effet du danger que courrait Marianne en motant sur les planches, et ils allaient prier le chef de troupe de donner congé pendant quelques jours à son ingénue.
| jien qu'après les paroles de la jeune fille, ayant senti \ la vanité de leur amour, ils eussent renoncé à elle, — à
regret il est vrai.—ils ne tenaient point à ce qu'il lui arrivat malheur. Somme toute, M. de Cinq-Mars pouvait fort bien aller à la comédie le soir, afin de distraire la monotonie d'un vovage qut durait depuis si longtemps. Qu'arriverait-il, 1] reconnaissait la jeune fille que Fontrailles Lui avait assuré avoir été enlevée la veille et qu'il crovait fermement retrouver à Avignon le lendemain ? A tout prix. il fallait empêcher Marianne je se montrer dans ce spectacle, ce soir et les jours suivants.
Ni Capestoc ni d’Artagnan ne se dissimulaient les difficultés de la chose. On ne prive pas une troupe ambulante de son étoile sans que la compagnie n'en souffre un peu. Mais, bah! Mirandor s'arrangerait. Qu'auraitil fait, après tout, si Marianne eût été réellement enlevée par l’'Angevin?
Cependant, ils étaient arrivés devant l'hôtellerie où Mirandor avait établi ses pénates. Comme il n'était pas loin de sept heures du soir, toute la troupe se préparait pour la représentation que le crieur publie annonçait à grand renfort de trompette à travers les rues et les carrefours de la ville. Au milieu de ce brouhaha il était dfificile d'entretenir à part, ne fût-ce qu'une minute, l'illustre Mirandor qui se multipliait, courant de ei de là, se démenant, donnant des ordres, jouant de l'importance, faisant de l'ouvrage comme quatre et du bruit comme vingt.
Capestoe et d'Artagnan finirent enfin par l’appréhender au moment où il donnait ses instructions au moucheur de chandelles, fonction qui n'était pas une sinécure à cette époque où le gaz ni l’électricité n'avaient encore fait leur entrée en ce monde.
-Enfin! nous vous tenons, dit Capestoc en se plantant devant le chef de troupe, tandis que d'Artagnan se plaçant à ses côtés lui barrait toute retraite.
—Oh, Messeigneurs ! cet donc vous! vous venez donc voir la comédie? s’écria Mirandor tout affairé. C’est un peu tôt; mais c'est égal, je vais vous faire donner deux bonnes places sur la scène, au premier banc, et je ne souffrirai pas...
__Bon! bon! fit Capestoe, il ne s'agit point de cela. Nous avons un entretien bien plus sérieux avec vous, ct ce n’est point précisément pour avoir des places au spectacle que nous venons vous trouver.
Mirandor, ouvrant autant qu’il le put ses deux petits veux ronds, regarda les deux gentilshommes. Que lui
.- + Mpocnnmgres nr
perstsenperemgeer-2e gestes rime TER EEE COUR EE ES
pere retirer te dore ES LEE
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
ANSI and ISO TEST CHART No. 2