‹ Les exploits de Capestoc [microforme]Chapitre 6 sur 22 · RAI · texte numérisé non relu

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Et il ne respira que lorsqu'il comprit la rénérosité PArtasnan. Mai: cette faiblesse du bandit devenu valet devait être la dernière. Le jeu brillant, adroit et tout à la fois prudent de Capestoc lui donnait toute espérance. Certes, d'Artagnan était un terrible homme: Cadéae le reconnaisaist, et il avait trop souvent joué de la rapière pour ne point juger sainement de la force du mousquetaire. Mais M. de Capestoc !...

Non! non! songeait-il, tandis que les deux officjers S'escrimaient avec une nouvelle ardeur, il est imposible que \. de Capestoc soit tué. Je pariarais mA tête qu'ils vont se battre fx ndant des heures sans se faire le moindre mal, et que ce n'est que la fatigue qui les vaincra.

Cadéne en était là de ses réflexions élogieuses à l'endroit des deux farouches combattants, et d'Artagnan et Capestoc luttaient toujours, lorsque tout à coup, là-bas

au loin sur la route, on entendit le galop d'un cheval.

les armes à la main, c'était la Bastille, à moins que ce ne fût le billot,

Cependant le galop furieux du cheval se rapprochait, ‘t, soudain, il sembla aux deux adiersaires entendre comme des cris d'effroi.

Qu'est-ce que cela? demanda Capestoc.

Bah! répondit d'Artagnan, quelque soldat en maraude qui vient d'enlever le cheval d'un croquant ; et celui-ci a le mauvais goût de s'en plaindre, comme si tout ce qui est sur la terre de France n'appartenait pas le droit au roy et à ses soldats!

—Bondioux is ce n'est que cela, nous pouvons reprendre notre petite partie,

Et déjà Capestoe tombait en garde, lorsque Cadéac, jui ne quittait pas la route des veux, poussa un véritale beuvlement,

—Oh!

—Eh bien? interrogea Capestoe.

—Vovez ! répondit le valet.

Et son doigt désignait sur la route le cheval qui Avancait toujours au triple galop, & trouvant maintenant à porté de leur vue.

Et le spectacle qui se présenta à leurs regards était bien fait pour arracher à Cadéac un cri de surprise, Car le cheval qui trottait ainsi dans la nuit était monté par un cavalier qui tenait entre ses bras, sur le devant de a selle, une femme qui se débattait en hurlant.

—Parfandious! hurla Capestoe.

—Mordioux! cria d'Artagnan, qui, l'épée haute, courut au milieu de la route dans le but évident de plonser sa lame ans le sein de ce misérable enleveur de femme.

Mais il n'eut pas cette peine, car, prompt comme la foudre, Capestoc avait déja tiré un pistolet Ce «a ceinture et fait feu sur le cheval, qui aussitôt roula dans la

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poussière, entraînant dans sa chûte et le cavalier et la femme.

D'Artagnan et Capestoc se précipitérent. Le cheval

avait été tue sur le coup. La jeune femme avait été jetée sur le bord de la route; quant a l'homme, il s'était évanoui dans sa chute,

Ma foi! dit Capestoc, voilà, je pense, monsieur d'Artagnan, Qui va nous empécher de continuer notre lutte, car il nous faut prodiguer nos Soins it Ces deux victimes que nous venons de faire.

__Bah! nous nous retrouverons toujours.

Je l'espère! Pour l'heure, votre valet. si VOILS le permettez, va aider le mien à transporter ce bandit, que nous avons interrompu dais sa criminelle chevauchée, jusqu'à lauberse où hnols avons SOU pÉ si NTOT Lertil à l'heure.

Et cette jeune femme?

—.Je m'en charge

Et. ce disant, Capestoc se dirigea vers la jeune femme qui isait sans CONNAISSANCE SUT le bord de la route, la saisit dans ses bras, l'enleva comme une plume, et se diriven vers l'auberge, tandis que Cadéne et le valet de d'Artagnan emportaient le cavalier.

L'aubergiste ouvrit des yeux étonné en voyasnt Tevenir ses clients de tout à l'heure, chargés de œ lourd fardeau.

Qu'est-ce? qu'arrive-t-il? voulut-il murmurer.

Mais Capestoc l'interrompit :

—Un lit pour cette enfant, puis des cordiaux si vous en avez par ici!

Abruti par cette étrange irruption, l'aubergiste indiqua à C'apeetoe la porte de sa chambre, Le cadet y pénétra, déposa son fardeau sur le lit, puis regarda la pauvre ferme.

Alors, stupéfait, il poussa un eri:

__Ja jeune fille qui m’a sauvé la vie à Etampes ?

Nos lecteurs n'ont point oublié la terrible aventure Qui était arrivée à ce pauvre Capestoc dans cette hôtel. rie d'Etampes où il avait soupe en gaunant Auxerre OUT rejoindre le cortège roval,

\ttaqué à Fimproviste par deux lansquenets et un Hoine, lequel MOoiDe—epntre par he n'était autre ue le fidèle Cadéac.-le cadet avait dû défendre sa e dans l'ombre, et il serait mort certainement si, par

plus grand hasard, tout à coup, au moment où. pen-

sant sa dernière heure srrivée, il s'adosait contre le

nur, ce mur ne s'était ouvert, ce qui avait eu pour ré-

-ultat de le faire choir, les quatre fers en l'air, au beau

nilieu d'une salle obscure.

Encore une fois, Capestoe était sauvé, et c'était à une

jeune fille qu'il devait la vie.

Comment cette jeune fille avait-elle en vent du com-

plot qui se tramait contre lui? comment <(tait-elle

trouvée là juste à point pour ouvrir cette porte secrète Essimukée dans la muraille? Telle était l'énigme dont Capestoc avait RAS cherché la solution sans ar-

ver à la résoudre. Car les instants étaient Précioux, | jeune file qui venait de l'arracher à une mort cer-

‘aine n'avait point perdu son temps à lui raconter le

ourquoi de ce qui venait de se passer.

Après avoir eu soin de verrouiller la porte de la salle

viant 1!

eo ten: Lies TrTOIS ripants et avoir entrave jeurs

ICTHGICUiIIL chev aux, elle avait lestement eellé celui de Capestoc, et,

comme le lieutenant aux gardes voulait lui témoigner toute sa reconnaissance de ce qu'elle venait de faire, elle Lui avait fermé la bouche d'un mot:

Vite en selle! Chaque instant de perdu est un pis Ajue VOUS faites vers le tombeau !

Or, comme avant toutes choses Capestoc tenait à sa Vo ,.—pour ce futile prétexte qu'il n'en avait qu'une.— avait piqué des deux, fuvant cette néfaste ville d'Efanpres, satis avoir pu éelaireir 6e novel mvatère,

Et voici qu les fieues ot des roues de cette ville, au moment où il v pensait le moins, et tandis que walamment il tentait de <e couper la corse avec un officier de ses amis. il avait la joie de sauver une jeune femme et cette jeune ferme etut juste nt celle qui lui avait sauvé la vie il v avait à peine un mois!

Comment rétrouvait-il à Valence celle qu'il avait laissée à Etampes, et qu'il n'espéralt plus revoir ? (était un nouveau mystère s'ajoutant à tous ceux qui depuis quelque temps se partagenient la vie du brave Gascon, Et, tandis qu'il attendait les cordiaux qu'il avait demandés à l'aubergiste de Saint-Perrav, debont près du lit où il venait de déposer la jeune fille, Capestoc

sonceait.

Ié capédious! si jamais j'écris mes mémoires, je

crois que je pourrai tenir en haleine l'émotion de mes lecteurs, car véritablement tout ce qui m'advient depuis quelques jours est des plus extraordinaires! Beni soit Dieu, qui a permis que je rende à cette belle enfant le rvice qu'elleméme m'a rendu il v a quelques semainest Mais, parfandious! 6e manant d'aubergiste tarde bien de m'apporter les cordiaux que je jui ai fait lhon-

lui demander. Pourvu que cette pauvre créature ne soit qu'évanouie et que je parvienne à lui faire reprendre ses sens !

Ft doucement il se pencha vers la jeune fille, ap-

puyant son oreille contre sa poitrine pour voir si son coeur battait toujours, A ce moment d'Artagnan pénétra dans la chambre,

Eh bien! et œtte belle évanouie?

Ah! monsieur le mousquetaire, dit le cadet raeux, vous me vovez bien heureux,

Je comprends cola! N'est-ce pas une joie d'arracher à la anort, ou tout au moins au déshonneur une femme aussi belle? Vous m'en vovez également ravi.

C'est que vous ne savez pas tout, poursuivit le Gascon, Cette belle fille. je viens de la reconnaitre: elle n'a sauvé la vie il v a un mois à peine,

—Tétedieu !

-Ilest vrai que je ne sais rien d'elle, ni son nom. ni Son ring, rien; imais je sais que je lui dois l'exisrence, et voilà pourquoi je suis doublement heureux d'aor pu larracher des mains de ce bandit qui ne pouvait noir que de bien sinistres projets,

Ce qui prouve qu'un bienfait n'est jamais perdu, Mais content Une personne si faible que celle-ci a-t-

le pu?,.,

Bah! je vous raconterai tout cela plus tard. Voici RE coquin d'aubergiste qui n'apporte enfin des coraux. Aidez-moi, en attendant, à faire revenir cette

pauvre enfant d'un évanouisement qui n'a que trop

L'aubersiste entrait dans la chainbre. en eftet. portant diverses fioles et deux on trois paquets de linge ane. Tous les trois se mirent à l'oeuvre, et cinq min.tes ne s'étaient pas écoulées, qu'ils avaient la douce la malade reprendre ses esprits,

Elle regarda autour d'elle, tout d'abord apeurée, ne reconnaissant point les lieux où elle se trouvait, et sa PE à s

ie de voir

CO prit SOIT Uhe eXpression de désespoir indi-

cible, Mais, tout à coup, son regard tcmba sur Capes-

toc, qui, les veux brillants de joie, assistait muet, retenant <on souffle, à cette résurrection.

D'abord. elle sembla ne point vouloir en croire C@ ‘elle voyait, Mais elle se rendit compte enfin qu'elle ne révait point, rassurée, confiante, elle se prit à courire. MurmUTa La :

| vous ici!

Eh! mordioux! répondit le Gasconi, c'est moi qui devrais m'étonner de vous retrouver lei, alors qu'il v a un mois sons ctiez à Etampes, qui ne se trouve pas précisément =: les frontières du Pauphiné.

—Ah suit il va un mois... répondit la jeune fille.

Mais. bah! nous nous expliquerons après: pour le moment. il s'agit de savoir si vous Vous sentez Imienx ?

Oh! un évanouissement: on est font de suite re-

mise, fit la jeune femme en se dressant sur son séant.

(est que vous avez fait une petite chute, continua le Gascon.

Une chute!

Dame! Pour arréter ce cavaher qui vous emportait ausei vite, je n'ai rien trouvé de mieux que de tuer le cheval. Et ma foi. quand le cheval s'est abattu, vous avez bel et bien roulé dans la poussière, 6 j'ai eu peur, je vous Favouerai, de ne relever qu'un cadavre!

A ce moment le visage de la jeune fille s'assombrit

de nouveau.

C'est vrai! murmura-t-elle. Ce n'était point un

cauchemar!

Puis tout haut:

Mais où suis-je, 161?

Vous Le vovez, répondit Capestoc, avec des amis. Et... l'homme!

Le cavalier ?

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