DU DANGER DE DONNER DES CONSEILS AUX BUCHERONS
M. de Capestoc connaissait bien le chemin qui conduisait au château de la Montmare.
Bien des fois depuis deux ans, il avait fait cette route, à laquelle la belle forêt des Yvelines fait un dôme de verdure et que les sanglantes bruyères et les verdoyantes fougères couvrent du tapis le plus merveilleux.
Et toujours il avait chevauché dans cet admirable paysage l'âme heureuse et le cœur content.
C'est que la vie avait été douce au Gascon. Après les aventures périlleuses du début, qui ont fait le sujet de la première partie de ce récit, Capestoc n'avait eu qu'à se louer de l'existence qu'il avait menée à la cour.
Pourvu d'une lieutenance à la première occasion, ainsi que le cardinal le lui avait promis, il n'avait partout rencontré que des amis, et la protection de Richelieu s'était si clairement démontrée, qu'en fort peu de temps le cadet était devenu comme une sorte de petit personnage.
Aussi la brave gaieté et la joyeuse insouciance qui faisaient le fond du caractère de Capestoc n'avaient fait qae se développer, et il n'était pas d'homme plus réjoui ni plus content de son sort que ce Gascon, à la cour du roy Louis XII [.
Et l'on comprendra que cette joie de vivre s'exacerbait encore davanta)?e, si l'on peut dire, lorsque, pouvant fuir quelque temps le Louvre ou Saint Germain, M. le lieutenant aux gardes s'en venait serrer la main à son vieil ami Lionnel de Puyroland, aujourd'hui duc de Belyeuse.
Mais ce jour-là, tandis qu'il chevauchait, la vieille mule du curé remplaçait son cheval tué, sur la route ombragée de la Montmare, la face ordinairement si radieuse du Gascon se barrait d'un pli profond de préoccupation et une ombre d'inquiétude assombrissait son front d'ordinaire si calme.
C'est que, quoique Gascon, quoique lieutenant aux gardes, et bien que sur les champs de bataille on ait déjà vu mourir pas mal de gens, ce n'est pas sans un certain serreaient de cœur qu'on assiste à cette terrible et suprètne lutte que se livrent dans l'agonie la vie avec la mort.
Mais cela n'était peut-être rien encore, et la mort de ce vieillard dont il venait d'être le témoin n'aurait point fait sur sod âme une telle impression, s'il n'y avait pas eu le formidable mystère dont elle était entourée.
Et Capestoc se demandait si cet événement, qui l'avait arrêté devant la chapelle de Galluis-les-Yvelines, n'allait pas avoir une importance par trop considérable dans sa vie si calme, si paisible, si tranquille jusqu'à ce jour-là.
Il y avait une petite heure que Capestoc cheminait. Tl avait dépassé déjà le hameau de Gros-Rouvre et venait de s'engager dans cette partie de la forêt connue alors sous le nom si peu poétique de Chêne Rogneux ; une lieue à peine le séparait de ce château de la Montmare qui était le but de sa route, lorsque tout à coup, au détour du chemin, il aperçut, à une demi portée d'arquebuse devant lui, une sorte de bûcheron qui s'escrimait tout seul contre un orme plus que centenaire. I
Lacier poli de la hache brillait une seconde dans l'air, lançait des éclairs, puis s'abattait lourdement sur le tronc de l'arbre avec un bruit sourd. L'arbre ne tenait plus que par quelques fibres ; encore quelques coups de hache, et il allait s'efîondrer sur le sol.
— Sandious ! murmura le Gascon, distrait de ses pensées par ce spectacle,. voilà un imbécile qui va se faire tuer s'il n'en prend garde, car cet arbre pourrait bien lui choir sur la tête et l'écraser comme une galette !
En effet, l'arbre vacillait déjà sur son immense tronc, et, insouciant, le bûcheron cognait toujours.
Une pensée charitable jaillit dans l'esprit du Gascon, qui voulut avertir le pauvre hère du danger qu'il courait :
— Hé ! l'homme ! ci*ia-t-il.
Mais sa voix se perdit dans le formidable fracas que fit Farbi'e en s'effondrant. Toutes ses branches craquèrent, emplissant le silence de la forêt du bruit de cette gigantesque chute, faisant comme une pluie de feuilles qui, une minute, voilèrent l'horizon.
Le bûcheron, cependant, avait eu le temps de faire un saut de côté, et il n'avait pas été fracassée par cet effondrement.
Mais tout a coup Capestoc poussa un nouveau cri :
— Maladroit !
L'arbre en tombant, s'était abattu en travers de la route, dressant tout à coup devant le Gascon un infranchissable obstacle, ce qui fait que Capestoc dut arrêter sa mule.
L'homme, cependant, ayant déposé sa cognée, considérait l'orme couché à ses pieds avec cet œil triomphant et victorieux que dut avoir David quand il eut tué Goliath et qu'il examina ce géant étendu sa,ns vie devant ses pieds de pygmée.
Le Gascon l'interpella :
— Eh bien ! dit-il, voici de la jolie besogne ! Comment vaisje faire pour passer, maintenant que tu as si stupidement barré la route ?
Le bûcheron regarda le seigneur qui l'interpellait ainsi :
— Chacun fait son métier, répliqua t-il entre ses dents ; le mien est <l'abattre des arbres.
— Hé ! parfandious ! l'ami, tu fais bien mal ton métier, voilà ! quand on abat un arbre, on tâche qu'il tombe au moins du côté où il ne gênera pas les passants.
Le bûcheron eut un mauvais sourire et, haussant les épaules :
— Que les passants s'arrangent !
Capestoc n'était point patient : n'aimait pas non plus que l'on haussât les épaules quand il parlait. Un gentilhomme qui s'était une fois permis ce geste avait eu toute l'éternité pour aller s'en repentir dans l'autre monde, car le Gascon l'avait tué. Aussi quand il vit ce manant de bûcheron hausser les épaules, il ne put se contenir.
— Sais tu, mordioux ! que je m'en vais te couper une oreille ou deux !
— Ouais ! faudrait voir ! répondit le manant interpellé, qui ne parut pas s'efifrayer autrement de la menace.
Celui-ci ne recula pas d'une semelle, seulement, tournant la tête vers la droite :
— A moi, camarades ! cria-t-il.
Et aussitôt deux hommes sortirent d'un fourré et bondirent sur Capestoc.
— Holà ! lit celui-ci, qui, prompt comme l'éclair, tira sa rapière et exécuta un rapide moulinet, espérant, par ce geste, mettre en fuite les deux hommes <jui l'attaquaient ainsi à lïmproviste et qu'il pensait être deux vulgaires bûcherons, comme celui qui les avait appelés à son secours.
Mais, à son grand étonnement, il aperçoit ses deux agresseurs dégainer a leur tour, car les hommes qu'il prenait pour des bûchei'ons portaient une casaque de buffe, des bottes de cuir jaune et une longue colichemarde pendant à leur côté.
Capestoc n'eut pas le temps de réfléchir à cette étrangeté, tout occupé à se défendre contre les attaques de ces hommes auxquels venait de se joindre le bûcheron q^i avait trouvé une épée, Dieu sait où, et qui, il faut le dire à sa louange, s'en servait beaucoup mieux que de sa hache.
Devant ces trois ennemis qui tombaient sur lui au moment où il s'y attendait le moins, tout autre que Capestoc eût pu se considérer comme un homme mort.
Et les trois diables qui, sans aucun doute, ne connaissaient point l'homme à qui ils avaient affaire, n'étaient pas loin de chanter victoire, persuadés que leur adversaire ne pourrait résister à cette triple attaque.
Mais trois hommes n'étaient pas faits pour faire peur à Capestoc. Il s'était trouvé déjà en pire compagnie, et des ennemis plus nombreux encore ne l'avaient pas vu reculer d'un pas.
— Arrière, canaille ! hurla-t-il en fonçant sur les trois bandits.
Les agresseurs plièrent sous cette terrible attaque et rompirent d'un pas.
Capestoc sourit : il venait dé mesurer la force de ses adversaires, en même temps qu'un petit plan venait de germer en son esprit inventif.
Les trois hommes se trouvaient entre lui et l'arbre que le bûcheron maladroit venait d'abattre au beau milieu de la route. Et Capestoc pensa que s'il pouvait changer l'ordre de la bataille et se placer entre l'arbre et ses ednemis, tout irait pour le mieux dans le plus charmant des duels.
Il ht donc un saut de côté, et poussa une pointe dans le flanc droit de
l'ennemi, ce qui lui fit faire un demi-tour à gauche ; puis ayant renouvelé la manœuvre, il se trouva tout naturellement dans la position qu'il avait voulu avoir.
— Et maintenant, pensa Capestoc satisfait de voir la tournure que prenait l'aventure, il s'agit de ne pas perdre une minute et de frapper un grand coup.
Les trois hommes, cependant, s'escria>aient toujours et essayaient vainement de trouver un petit coin oii la parade de leur adversaire leur permit de lui porter un coup mortel. Mais le Gascon paraissait invulnérable. Un mur d'acier ne l'eût pas mieux défendu que les moulinets prompts et rapides de son épée, qui lui faisait une mouvante mais solide barrière de fer. Et depuis cinq minutes que durait ce combat contre trois hommes déterminés à le tuer, Capestoc n'avait pas perdu un pouce de terrain.
Tout à coup, les trois bandits poussèrent un véritable rugissement de joie.
Sans doute fatigué par une si rude attaque, le cadet rompait lentement.
— Hardi ! compagnons ! cria le bûcheron, nous le tenons ! Et férocement ils poussèrent leur pointe.
Capestoc reculait toujours. Mais cela ne l'empêchait point de parer avec une maestria incomparable.
Mais tout soudain, :e Gascon ne put plus rompre. Il venait de rencontrer derrière lui le large tronc de l'orme auquel il était adossé.
— Il est pris ! il est pris ! hurla le bûcheron, qui décidément était le chef de cette petite troupe d'assassins.
— Ah ! tu crois ! cria Capestoc.
Et alors, rapide comme l'éclair, il se fendit et son épée, ayant rencontré un obstacle qui n'était autre que la poitrine du bûcherou, elle y pénétra comme dans du sable.
L'homme tomba pour ne plus se relever.
A ce coup les deux autres reculèrent. Mais Capestoc ne s'arrêta point pour juger de l'effet que venait de produite ce prodigieux coup droit. D'un bond il sauta par-dessus l'arbre qui bari'ait la route, et avant que les deux survivants fussent revenus de leur effarement, le Gascon était déjà loin, détalant à travers les bruyères.
Deux ou trois balles qui vinrent écorcher l'écorce des arbres autour de lui, lui démontrèrent que les bandits étaient revenus de leur émoi ; mais, maintenant^ il avait mis du terrain entre eux et lui.
Il n'en relentit point pour cela sou allure, et moins d'un quart d'heure après, il était devant la grille du château de Montmare, essoufflé, suant, couvert de poussière, sans chapeau, sans épée, mais vivant.
— Ouf ! fit-il enfin. La journée a été rude mais je m'en suis tiré.
Décidément, ajouta-t-il' en riant, il était dit qu^ j arrivf^rais ici à pied.
Lfi vieux bidet du curé, on s^ en souvient, était demeuré de l'autre côté de î'arbre, et Capestoc n'av.iit pas eu le temps d'aller le chercher.
ou M. DE PUYROLAND EST AUSSI PERPLEXE QUE SON AMI CAPESTOC.
Lorsque Lionnel de Puyroland, averti par un serviteur qu'un homme le demandait qu'on avait introduit dans le petit salon du rez-de-chaussée, se trouva en face du Gascon et qu'il le vit dans un aussi piteux équipage, il ne put s'empêcher de rire.
— Quoi ! c'est vous, monsieur de Capestoc ! c'est vous dans cet état !
— Ma foi, monsieur de Puyroland, il s'en est fallu de peu que vous ne me vissiez dans un état pire encore. Car si je n'étais le fils de mon père, c'est bel et bien le cadavre de M. de Capestoc, lieutenant aux gardes du cardinal, que vous auriez maintenant sous les yeux.
Lionnel s'arrêta de rire.
— Que vous est-il donc arrivé, mon ami ? demanda-t-il affectueusement.
— Ma foi, monsieur de Puyroland, je n'en sais rien moi-même.
— Il faut cependant que ce soit quelque grave événement, pour que vous veniez ainsi à pied, comme un manant, nu-tête, et le fourreau veuf de son épée.
— Mon cheval est resté à Galluis, avec une balle dans le poitrail ; mon chapeau doit être à cette heure entre Gros-Rouvre et le Chêne-Rogaeux ; quant à mon épée, je l'ai oubliée dans la poitrine d'un pauvre bûcheron qui s'était fâché pai'ce que je lui donnais un conseil sur la façon d'abattre les ormes.
— Que me dites vous là 1 demanda Lionnel regardant son ami pour voir s'il était sérieux ou s'il voulait plaisanter.
— Je vous dis la vérité, Monsieur !
— Racontez-moi donc cela.
— Ma foi, monsieur le duc, riposta Capestoc en s'inclinant, je vous avouerai que pour l'instant je serais bien plus aise prendre un bain que de vous raconter des histoires. Ayez donc l'obligeance de me faire donner de l'eau, un habit, du liuge, et après cela un bon dîner, car je vous l'avouerai, j'ai grand'faim. H est bientôt, trois heures, et depuis ce matin je n'ai rien pris. .. . qu'une balle dans mon chap.^au.
— Je vous demande pardon ' répondit Lionnel en souriant. Vous allez avoir tout ce dont vous avez besoin.
Et, ayant appelé un valet auquel il donna des ordres, Lionnel pria Capestoc de le suivre, ce que le Gascon fit avec- la meilleur complaisance du monde.
Moias d'une demi heure après, Capestoc descendit et vint trouver Lionnel qui l'attendait.
— Enfin me voici plus présentable, fit le Gascon en souriant ; mainte-^ nant je suis votre homme.
— Une minute, répondit Lionnel, souriant à son tour, je ne veux riea entendre avant que vous n'ayez goûté de ces pâtés et de ces vins que je viena de faire préparer pour vous. j
— Je vous obéis ! riposta Capestoc, qui attaqua les victuailles avec urv
appétit que nos lecteurs ont déjà vu à l'œuvre et dont ils doivent se souvenir.
— Ouf ! fit-il enfin, en vidant dans son verre le restant d'une bouteille
où tout à l'heure un vin blond et doré souriait, cela va mieux, et je croia que je pourrai vous raconter tout ce que j'ai à vous dire en attendant le souper.
— Je vous écoute, répondit Puyroland.
— Avant toute chose, murmura le Gascon, permettez-moi une question : Connaissez-vous le vieux chapelain de l'église de Galluis ?
— Si je le connais ? Certes ! C'est un brave et digne vieillard que j'aime de tout mon cœur.
— En ce cas, répondit Capestoc, j'ai une triste nouvelle à vous annoncer.
— Une triste nouvelle 1 demanda Lionnel en frémissant.
— Hélas ! oui : ce digne prêtre est mort.
— Mrtrt ! fit Puyroland, qui se leva comme s'il était mû par un ressort.
— E^ mort dans mes bras ! ajouta le Gascon.
— Que me dites-vous là ?
— Ce que j'ai vu.
— Mais c'est impossible ! De quoi est-il mort, lui qui hier encore ....
— Attendez et calmez-vous, continua le Gascon impassible, car, mon ami, vous n'êtes pas au bout de vos étonnements. Permettez donc que je reprenne mon récit, et que je le reprenne de pi s haut.
Lionnel écoutait le Gascon, impatient. Ce qu'il venait de lui apprendre le troublait étrangement et il avait hâte d'en connaître les détails.
— Je dois vous dire d'abord, reprit le Gascon, que ce malin, j'ai quitté Paris de fort bonne heure, dans l'intention de venir vous serrer la maîn ; car là où je vais, bien souvent on n'en revient pas.
— Vous partez 1
— Oui ! Le roi a décidé daller voir prendre Perpignan aux Espagnols ; le cardinal l'accompagne et les gardes suivent toujours le cardinal, comme oomme vous ne l'ignorez pas. Donc, laissant ma compagnie aux soins de M. de Brunière, mon brigadier, tandis que le cardinal sortait par la porte Saint Jacques, moi je quittai P;\ris par la porte Buci, afin de venir vous présenter mes respects, et ensuite de rejoindre ma compagnie à Montereau ou à Sens. Tout à bien marché tant que j'ai chevauché sur la route de Brest. Mais ayant pris le chemin qui conduit chez vous, mon cher duc, et comme je me trouvais à une demi-portée d'arquebuse à peine de la petite église de Galluis, un étrange spectacle se présenta à mes yeux.
— Un spectacle 1 demanda Puyroland.
— Oui : trois hommes sortaient en courant du presbytère, sautaient sur leurs chevaux et disparaissaient dans le bois, tandis que des cris de mort partaient de l'intérieur du presbytère.
— C'étaient les assassins du chapelain ?
— Tout porte à le croire. Comme bien vous pensez, je me mis à leur poursuite mais cinq ou six balles siâlcrent à mon oreille, dont l'une perça mon chapeau et l'autre tua mon cheval
— Ce qui fait que vous ignorez ....
— Quels étaient ces hommes, en efîet.
— Les misérables ! gronda Puyroland, se mettre à trois pour assassiner un vieillard ! Espéraient -ils donc trouver une fortune dans ce pauvre presbytère ?
— Eh qui sait ? fit le Gascon avec un geste intraduisible.
— Comment ! vous croyez ? . . . .
—Patience, monsieur de Puyroland, et écoutez la suite de cette étran*^ aventure ; elle en vaut la peine, je vous le jure ' étrange
—Et s'étant versé à boire, M. de Capestoc continua • —Démonté par cette arquebusade, il eût été folie de suivre mes malan drms qui se sauvaient. Je revins donc vers le presbytère où nén^fr-r^f^ T
it'ZrieTl'''' ''T- T ''^^'^ -^ -^ard'S^rprdlr rfvl ^ rable am le chapelam. crible de mille coups et baignant dans son san. -Il était mort ? interrompit Lionnel, les yeux pleins de larmes. " -Je le crus d abord. Mais, l'ayant transporté à son lie il né tarda nao k rouvrir les yeux, et me dit alors ces propres paroles qui sont demeurées Xée^ voler nn '" '■ ^'' '''''' ^""''^^^ ^"^ '^'^^^^ ^"^ ^^« ^'«^^t fait que pC me
un meublas" "'""'"' '''^^^^ " "^^'^^^"' " ^^ sa mail mS[qua imnniT^'^""^ ^f-f ^'^ - '^"'"'""^^ lionnel. Quel était donc ce papier ? Quelle !'ap'p:o;ri::r"'"''^""P°"^ ^"'"^ ""^^^^^^^ P^^ devant un mL^rtrepourt
~H?!nn-'IT ""?"' ^^- '^"'■°"' peut-être jamais ! conclut Capestoc. -lie quoi ! le chaplain n'ajouta pas une autre chose ?
lée d^s le mu iT'fi'','^^'^"^ ^' '"''""' '^'"^" '^'^'"" ^"^ ^^ ^^'«"^^i^' dissimulee Clans le mur. Je fis jouer un ressort, et un panneau s'étant ouvert i'er.
t^rai une enveloppe scellée de cinq sceaux de oire^aune. CeUe enveloppe^ "
à Pufroknd' '"'''' '°'' pourpoint. Capestoc en tira l'enveloppe, qu'il tendit
-Et ctl'rpr^r'- ^I^t -r ^r'^'^"^' ^"^"^^^ ^^^•^««^' ^^^««^ indication, contelaft r '^"'^"PP"' ^^'"^^ ^"^'^' ^« «^^^P^l^^^ "^ vous a point dit ce qu'elle
rant h^uTun.^t'' •^"^''/■'' ""'' "'''" enveloppe dans ma main, l'œil du mourant brilla une dernière fois et ces mots sortirent de sa bouche : '• Cette enve
eTentluL^d "'"'" ^^""^' ""' '' ''''' ^"^ ''' — ---^ -ta feulement, quand le moment sera venu, vous la remettrez à
—A qui ? demanda Lionnel haletant.
r^. u~^' ""^ -P"^ "^'""^ ""^ ''''"'' ^""^ ^^ ™°^'t 'e tenait déjà dans ses griffes de marbre ; mais i put prononcer encore quelques mots que je n'entend iou'en collant mon oreille près de sa bouche. ^ entenais qu en
— Et ces mots ?
—Péril de mort .... secret terrible .... enfant volé .... fille véritable Jacques Gravier maréchal veiir,aoie
— Et c'est tout 1
—Tout Le vieillard venait de rendre le dernier soupir Cape^tr relplXcre'ï;^ '^"^ '' "^^" ' '' ''''^'''^' profondément. knd7^^ ^'^'^ ' ^^''^ ^'^^'^' "^""^ Pe^i-^ez-vcus de tout cela, monsieur de Puyro-
— Je pense, répondit-il, qu'il y a là un terrible mystère.
— Que nous ne connaîtrons jamais.
-Pourquoi cela ? fit Lionnel en relevant la tête et regardant Capestoc. rlp= ^7 '"'"' ' ^"^""Plement pour ceci : Quand le terrible sphynx posait
des énigmes aux passants, du moins leur adressait-il une questfon! etThIs
toire nous apprend que le sage Œdipe sut y répondre, ce qui lui valut de n'être point dévoré. Mais comment voulez vous que nous découvrions l'énigme qui nous est posée, alors que nous n'avons aucune base pour asseoir nos déductions ? Nous ne savons ni de quoi, ni de qui il s'agit. Nous savons qu'il y a un mystère et c'est tout, mais ce n'est pas assez, à mon sens, pour le découvrir,
De nouveau Lionnel réfléchit une minute, au bout de laquelle, relevant la tête :
— Au fait, dit-il^ vous n'avez pas achevé votre histoire.
— Mon histoire ! demanda le cadet qui, perdu dans sa rêverie, n'était plus à la question.
— Oui ! j'ai bien su comment vous aviez laissé votre cheval à Galluis, mais vous ne m'avez point appris comment il se fait que vous ayez laissé votre chapeau à Gros-Rouve et votre épée dans la poitrine d'un bûcheron.
— C'est vrai ! répondit Capestoc ; c'est que, après ce que je viens de vous raconter, le )"este est de bien peu d'intérêt.
— Dites toujours ! fit Lionnel.
— Et bien, le chapelain étant mort, et une vieille femme à son service, que l'on avait eu la précaution d'éloigner, étant revenue, je n'avais plus rien "à faire au presbytère, et je me suis dirigé vers votre château. Mais comme je me trouvais au lieu que l'on nomme si vilainement le Chêne Rogneux, je me vis dans l'impossibilité de continuer ma route, du moins à cheval, un satané bûcheron ayant eu la malencontreuse idée d'abattre un arbre qui était venu tomber au beau milieu du chemin.
— Vraiment ! fit Puyroland sur un ton indéfinissable.
— Ayant fait quelques observations au bûchoron, celui-ci a mal pris la chose, et comme je le menaçais de lui couper l'oreille, il a appelle au secours, et deux hommes sont tombés sur moi.
— Deux bûcherons, sans doute 1 demanda Puyroland sur le même ton que tout à l'heure.
— Non point, mais deux grands diables armés de colichemardes qui m'eussent certainement fait un mauvais parti, si je ne maniais l'épée mieux que ce pauvre Bourniquet ne maniait sa brache. J'ai tué le bûcheron, qui entre nous n'était qu'un bandit de grand chemin, et j'ai pu échapper à une mort certaine, car mes coquins ne paraissaient pas bitn disposés à mon endroit.
— Et vous en concluez que vous avez été attaqué par des bandits ?
— Oui ! répondit naïvement le cadet, qui dans le feu de son récit n'avait pas pris garde à l'accent bizarre de Puyroland. Pour moi, l'arbre abattu n'était qu'un coup monté de ces sacripants, qui en voulaient à ma bourse.
— Croyez-vous 1
— Comment ! Pensez-vous qu'ils m'attaquaient ainsi en plein bois pour me faire accepter une cinquantaine de pistoles 1
— Je crois, répondit Puyroland, que ces hommes n'avaient[d'autre dessein que de vous enlever cette enveloppe ....
— Parfandious ! hurla Capestoc.
— Et que la bataille du Chêne-Rogneux n'est que la suite de l'assassinat de Galluis.
— Et dire, cria Capestoc, que je n'avais pas deviné cela ?
Pardieu, continua Lionnel, cette enveloppe renferme un tel secret que
pour s'emparer non seulement on n'a pas hésité à tuer le chapelain de Galluis, mais qu'encore on paraissait fort bien disposé à vous faire un mauvais parti.
— Mais comment diable ces bandits ont-ils pu savoir que je possédais ce document ?
— Hé ! Monsieur, parce que sans doute celui qu'ils ont volé dans le secrétaire ne leur a point paru satisfaisant ; parce que, bien renseignés, ils savaient •qu'il en existait un autre ; parce qu'il vous ont épié sans doute, que sais-je ! Bref, pour moi, il est évident qu'ils vous savent en possession de ce précieux papier, puisqu'ils ont voulu vous assassiner.
— C'est juste ! approuva Capestoc en hochant la tête ; c'est fort juste !
Puis, après une minute de silence et de reflexion :
— Mais tout cela, reprit le Gascon, ne nous donne point la clef de l'énigme.
— Bah ! rien ne demeure caché en ce monde, et nous finirons bien par le connaître.
— Mais comment ?
— Hé ! ma foi, d'une façon fort simple. Vous disiez tout à l'heure que nous manquions d'une base pour asseoir nos déductions. Voici maintenant que nous en avons ti'ouvé une.
— Où donc cela 1
— Ne savons nous point qu'il existe de par le monde une personne qui ne recule pas devant l'assassinat pour connaître le secret contenu dans cette enveloppe?
—Oui ! Eh bien ?
— Eh bien! le jour où nous connaîtrons cette personne, nous ne serons pas ioin de connaître le secret.
— Parfandious ! vous avez raison, monsieur le duc, et vous êtes digne d'être Gascon pour la finesse et la pénétration.
Lionnel sourit à cet éloge, car c'en était un de la part du cadet.
— D'ailleurs, continuat-il, ne peut-on préjuger déjà de ce qu'il s'agit ?
— Diavolo ! fit le Gascon.
— Certes, la chose du moins me paraît facile.
— Voyons !
— Répétez-moi un peu, je vous prie, les mots que ce pauvre prêtre a prononcés dans son agonie.
— Péril de mort .... répéta le Gascon.
— Hélas ! oui, et nous en avons eu la preuve, ce mystère est bien décidé' ment mortel pour ceux qui le connaissent.
— Secret terrible ! continua le Gascon.
— De cela aussi nous ne pouvons douter.
— Enfant volé .... fille véritable ....
— Hé ! pardieu ! voici un peu de lumière, et j'oserai dire que cette enveloppe contient tout simplement la preuve qu'un enfant qui a été volé est la véritable fille. . . .
—De qui 1
— Ah ! dame vous me demandez trop. Mais constatez que nous savons déjà de quelle essence est le mystère dont nous recherchons la clef. Il s'agit d'un de ces terribles secrets de famille si nombreux dans la noblesse de France.
— Oui ! mais que dites-vous du nom : Jacques Gravier, que le moribond X prononcé 1
— Je dis que si nous savions quel est cet homme, nous serions bien près de tout connaître.
— Et cet autre mot : maréchal 1 . . . .
— II indique peut être la profession du susdit Jacques Gravier.
— Et dire, s'écria Capestoc, que si notre vieil ami le chapelain avait vécu une minute, seulement une petite minute de plus, nous n'en serions point là à nous torturer l'esprit !
— Hé 1 mon Dieu, fit Lionnel en regardant le Gascon, qui vous force à vous mettre la cervelle à l'envers :
— Hé ! capédious ! répondit le cadet, j'ai promis à ce vieillard mourant d'exécuter fidèlement ses dernières volontés, ne faut-il point que je tienne ma promesse 1 Seulement où la chose se complique, c'est que le malheureux n'a pas eu le temps de me les faire connaître, ces dernières volontés, et je me trou\ e fort empêché ....
— Patience !
— Hé ! patience ! c'est facile à dire ; mais pendant ce temps, qui sait si quelque pauvre créature ne va pas souffrir, par suite de mon ignorance 1
— A l'impossible nul n'est contraint, monsieur de Capestoc.
— Pardieu i iSlais il n'en est pas moins vrai que je ne vivrai point tant que je n'aurai pas eu la clef de cette énigme, et tant que cette mystérieuse enveloppe ne sera pas entre les mains de la personne à qui elle est destinée.
— Dieu y pourvoira, soyez-en sûr ! En attendant, :iu'allezvous faire 1
— Hé ! pardious ! rejoindre ma compagnie et assiéger Perpignan.
— Et cette enveloppe 1
— Ma foi; monsieur le duc, vous lavouerai-je ? je préfère qu'elle reste •entre vos mains
— Vous me la confiez 1
— Ecoutez, quand on doit courir les routes, il me paraît qu'on est moins ingambe quand on porte sur soi un pareil chiffon de papier. Et puis, connaîton les hasards de la guerre ! Si je venais à être tué là-bas, que deviendrait le dépôt du chapelain ?
— Vous avez raison. Je garderai soigneusement (^ette enveloppe et je jure Dieu que, quoi qu'il arrive, elle ne sortira jamais de ma demeure. Et maintenant, monsieur de Capestoc, Mme la duchesse de Belyeuse doit être rentrée dans ses appartements, vous plairait-il de venir lui présenter vos hommages ?