‹ Les exploits de Digénis AkritasChapitre 18 sur 78 · DXXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

DXXXVI INTRODUCTION

vraisemblablement aussi pour arrêter les termes d'une alliance amicale avec Chrysochéris. [

Pierre composa une longue réfutation de l'hérésie des Pauliciens, sur la base de laquelle Photius écrivit à son tour un traité contre les Manichéens. Tous deux blâment énergiquement la cruauté de Carbéas, tandis qu'ils s’abstiennent de la plus petite injure envers Chrysochéris.

Mais les négociations de Pierre de Sicile n’aboutirent à rien, et, l’année suivante (872), Chrysochéris, à la tête des Pauliciens , fit sa première incursion dans les provinces helléniques. Il pilla Nicée et Nicomédie, ravagea le thème d'Ionie, et s’avanca jusqu'à Éphèse, où, en dérision de la religion chrétienne, ses soldats firent entrer leurs chevaux dans l’église de l’apôtre saint Jean.

L'empereur Basile, épouvanté de tant d’audace, écrivit à Chrysochéris pour lui demander la paix. Il le priait de se borner aux ravages qu'il avait faits, de prendre autant d'argent et d’étoffes qu’il voudrait, et de cesser toutes hostilités contre les chrétiens.

Mais l’indomptable Paulicien lui répondit : «Si tu veux la paix, laisse-nous l'Orient et contente-toi des provinces oceidentales ; à cette condition seule nous serons amis, autrement j'irai à Constantinople t’enlever la couronne (1).»

Peu de temps après, Chrysochénis fit une nouvelle incursion ; il poussa une pointe jusqu'à Ancyre, et revint à Téfrique chargé d’un riche butin, sans que le généralissime d'Orient osât mème l’inquiéter.

L'empereur Basile se décida alors à faire une expédition contre ces terribles ennemis. Il ravagea les provinces des

(1) Génésius, IV, 122-123; Muralt, page 45%. — Voir aussi ce que dit de Chrysochéris son épouse Spathia, vers 187-195 de notre poëme.

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