LXXXVIII INTRODUCTION
sèrent (1); les uns passèrent au service de Byzance etse signalèrent par leur courage et leur fidélité dans les guerres contre les Arabes en Ttalie eten Syrie (2); leurs forteresses furent, pour la plupart, prises par les Byzantins, quelquesunes pourtant tombèrent aux mains des fils d'Ambron.
D’après notre poëme, le fils de Chrysochéris, Mousour, fut élevé par ses oncles dans la religion de Mahomet. Il se distingua, lui aussi, par sa vaillance, et ses nombreux et éclatants exploits lui valurent d'être nommé émir et gouverneur de la Syrie.
Selon le témoignage de Pierre de Sicile, qui l'avait connu particulièrement, Chrysochéris était neveu et gendre de Carbéas. Suivant notre poëme, il était, au contraire, gendre de l’émir de Mélitène, Ambron; et sa femme, toujours d’après notre poëme, s'appelait Spathia, nom qui n’est certainement pas arabe. Mais cette contradiction n’est qu'apparente et elle peut aisément s’expliquer.
Malgré leur fanatisme, les Pauliciens savaient merveilleusement feindre, lorsque les circonstances l’exigeaient. Dès les premiers temps du schisme, ils fréquentaient les églises orthodoxes, participaient aux sacrements, faisaient baptiser leurs enfants par des prêtres grecs, et adoraient publiquement la croix, qu'ils brülaient en secret.
Ce n'était pas quelques légères divergences dogmatiques qui les séparaient de l’orthodoxie , mais une haine implacable. Aussi, lorsque, comme nous l’avons dit, Chrysochéris s’empara d'Éphèse, ses sectateurs firent-ils entrer
(1) Πεσόντος οὖν τοῦ Χρυσόχειρος, ἀπεμαράνθη πᾶσα à ἀνθοῦσα τῆς Τεφριχῆς εὐανδρία (Cédrénus, I, 1012).
(2) À la tête des Pauliciens au service de Byzance, nous retrouvons le
lieutenant de Chrysochéris, Diaconitzis. Il avait alors ajouté à son nom celui de Chrysochéris, probablement en souvenir de son chef.