‹ Les exploits de Digénis AkritasChapitre 24 sur 78 · INTRODUCTION, CXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, CXXVII

relique en manière de fresque, au-dessus d’une des portes d'Édesse, et l'avait ainsi exposée à la vénération de tous ceux qui entraient et sortaient. « On l'avait ensuite murée dans sa niche, avec une lampe devant elle, pour la soustraire à l’impiété du petit-fils d'Abgare ; et, des siècles après, instruits par une apparition, les gens d'Édesse avaient retrouvé leur palladium, avec la lampe toujours allumée. Elle avait suffi pour obliger Chosroës à lever le siége d'Édesse et pour exterminer son armée; elle avait ensuite guéri la fille du roi, possédée du démon.

«Il n'était bruit dans l'Orient que de ses miracles. Quand les Pères du synode oriental voulurent prouver à Théophile la légitimité du culte des images, en lui racontant les miracles opérés par elles, ils lui citaient en première ligne le portrait de Marie par saint Luc, l’image de sainte Marie à Diospolis, mais surtout l'image d'Édesse (1). »

Les Byzantins, désireux de posséder un pareil trésor, avaient essayé à plusieurs reprises de l’arracher aux mains des infidèles. Romain Lécapène avait même proposé à l’émir d'Édesse d'échanger l’image miraculeuse contre deux cents prisonniers du plus haut rang et une très-grosse somme d'argent; mais l’émir, craignant sans doute une révolte de ses sujets et de son clergé chrétiens, avait refusé les propositions de l’empereur. Ce fut seulement lorsque les armées grecques reparurent sous les murs d'Édesse que l’émir consentit à livrer la précieuse image, qui fut aussitôt transportée à Constantinople.

(1) Alfred Rambaud, Loc. cit., page 107. Nous conseillons de lire en en-

tier le très-curieux chapitre que M. Alfred Rambaud a consacré à l’'Imagé dEdesse.

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