INTRODUCTION. CXXXVII
un descendant de la famille de Mohammed, qui serait né à Malatia, vers la fin du second siècle de l'hégire, et aurait passé sa vie à combattre les empereurs grecs. M. Fleischer a très-bien montré qu'iln’y ἃ rien d'historique dans le personnage et qu'il n'y ἃ pas mème un noyau, si petit qu'il soit, de faits et de traditions arabes dans ce roman, qui n'est historique à aucun autre degré que comme une grossière et fabuleuse représentation de la lutte très-réelle entre l'empire grec et les musulmans. Mais c'est une représentation d’origine turque et non pas arabe, et, par conséquent, très-postérieure au temps dans lequel l’auteur ou les auteurs inconnus du roman placent Batthàl.
« [n'y a rien dans les actions ou les manières des personnages, non-seulement rien de la générosité des anciens Arabes, dont Antar et Hatim Taï sont les représentants, mais rien de l'élégance des Khalifes, ΠῚ des sentiments chevaleresques des Arabes d'Espagne ; c’est Le tableau d’une soldatesque brutale et fanatisée : la seule vertu d'un musulman est de tuer le plus de chrétiens possible ; le seul mérite possible d’un chrétien est d'adopter l'islam. Le fond du livre est une série de batailles , dans lesquelles Batthàl met en fuite infailiblement les armées grecques, et ces récits de massacres sont variés de temps en temps par des incidents d'intrigues, d’'empoisonnements, d'enlèvements et de conversions de princesses grecques, et, vers la fin, d'histoires de fées et de magiciens. Le tout produit l’impression de contes faits par des gens très-ignorants pour une populace très-ignorante encore et avide de ces récits merveilleux, qui pouvaient charmer les oisifs des cafés turcs et les soldats aux bivouacs, et entretenir le fanatisme nécessaire pour l’éternelle guerre sainte. De pareils livres