CXXXVIII INTRODUCTION
n'ont pas d'auteurs connus; ils se forment par une agglomération de fables, qui finissent par être réunies en volume pour les conteurs publics, et se perpétuent ainsi.
« Naturellement le texte des livres de ce genre ne se conserve pas bien religieusement, et les conteurs et les copistes y changent et y ajoutent bien souvent. C’est ainsi qu'on rencontre dans Batthäl l'emploi du mousquet (1, 155) et le nom de Stamboul (1, 195) ; ce sont certainement des additions postérieures des copistes.
. Si l'œuvre ne mérite pas beaucoup d'intérêt par son M ΘΑΝ ni par l’art avec lequel elle est rédigée, elle a l'importance que tous les livres réellement populaires possèdent en nous faisant connaître l’état de la grande masse d’une nation dans une époque donnée; car, dis-moi ce qui t’amuse et je te dirai ce que tu es, et Batthäl nous indique sans doute l’état des esprits chez les Turcs de la basse classe sous les sultans d'Iconium et probablement plus tard. C’est précisément le sujet sur lequel les ouvrages d'histoire et de littérature nous instruisent généralement le moins (1).»
Luitprand rapporte un fait qui démontre avec quelle rapidité les chansons populaires byzantines se répandaient par le monde. Il nous dit que, lors de son voyage à Constantinople, en 958, les chansons faites contre les fils de Romain Lécapène (945) « se chantaient non-seulement en Europe, mais en Asie et en Afrique (2) ».
Mais, si des chansons éphémères par cela seul qu elles étaient satiriques, se propageaient avec une si étonnante promptitude, nous ne tlevons pas trouver surprenant que
(1) Journal asiatique, janvier 1874, pages 70-72. (2) Antapodosis, V, 21-22