‹ Les exploits de Digénis AkritasChapitre 37 sur 78 · TROISIÈME LIVRE DE DIGÉNIS · texte numérisé non relu

TROISIÈME LIVRE DE DIGÉNIS

La mère de l’émir, l’aïeule d’Akritas, ayant appris ce qui la concernait, elle et son fils, lui envoya une lettre pleine de gémissements, de reproches et de tristesse. Cette missive était ainsi conçue : « Ὁ mon fils bien-aimé, conso-

lation de ta mère, comment, contrairement à mon attente,

es-tu séparé de moi, mon enfant? Tu as aveuglé mes

yeux, tu as éteint ma lumière ! Comment as-tu renoncé à tes parents, à ta foi et à ta patrie? Je suis devenue un objet d’opprobre dans toute la Syrie, tout le monde nous exècre pour avoir renié notre croyance, transgressé la loi, mal observé les décrets du Prophète. Que t’est-il arrivé, mon enfant, et comment m'as-tu oubliée? Comment ne t’es-tu pas rappelé les actions de ton père? Combien de Grecs a-t-1l égorgés? Combien en avait-il pour esclaves ? N'a-t-il pas rempli les prisons de vaillants gouverneurs et ravagé de nombreux #hèmes de la Romanie? Est-ce que,

lui comme toi, on n’essaya pas de le faire apostasier?

20 BASILE DIGENIS AKRITAS.

200 τῆς πίστεως, τῶν συγγενῶν, ἐμῆς γε τῆς μητρός σου" ὁ δὲ Μουσοὺρ ὁ θεῖός σου, ἐχεῖνος ὁ Tapoirnc,

\ » / \ / \ \ € / τῊν Ἀφριχήν, τὴν Tepevrnv, καὶ τὴν Εἰπταχωμιίαν,

205 χαὶ ταῦτα τροπωσάμενος ἐστράφη εἰς Συρίαν. Kai σύ, ὦ δυστυχέστατε, ἐποίησας ταξεῖδιν, χαΐί, ὅταν γενέσθαι βασιλεὺς ἔμελλες τῆς Συρίας, διὰ πόθον χαριντζίρισσας, καὶ γοητείας μάγης, τὸν ἑχυτόν σου ἀπώλεσας ἀχρειωθεὶς τελείως, 210 γέγονες δὲ κατάρατος εἰς ἅπαντα τὸν χόσμον " πλὴν εἰ μὴ παραγίνεσαι τάχιον εἰς Συρίαν, | οἱ ᾿Αραδῖται βούλονται ἐμὲ τοῦ θανατῶσαι, νὰ σφάξωσι τὰ τέκνα. σου πατρὸς ὡς ἀπιστοῦντος, “Ὁ \ \ / 3/ 5 σηῦ τὰ τερπνὰ xopdoux ἄλλοις παραδοθῆναι, 1

A] N \ \ VA ε / A / ἃ διὰ σὲ στενάζουσιν ἡμέρας TE καὶ νύκτας "

di 3 \ VAI, τέκνον [LOU γλυκύτατον, οἴκτειρον σὴν μητέρα,

sue

un καταγάγῃς γῆράς μου εἰς ἄδην μετὰ λύπης " | μὴ βουληθῇς τὰ τέκνα σου ἀδίχως τοῦ σφαγῆναι, μιηδὲ τὰ σὰ κοράσια ἄλλοις παραδοθῆναι -

192. φρικοδεστάτους. — 195. ἐάν. — 198, ῥίπτον. — 202. ἐταξίδευσεν. | — 204. ἐπταχομίαν. — 206. δυστηχέστατε. — 207. ἔμελες. — 208. yaριντζήρισας. |

Est-ce que, quand les légions grecques l’environnèrent, les

généraux ne lui faisaient pas les plus effroyables serments? — « L'empereur t’honorera du titre de patrice ; tu deviendras général, si tu jettes ton épée! » Et lui, fidèle aux préceptes du Prophète, plein de mépris pour les honneurs et de dédain pour les richesses, il fut haché en morceaux, mais 1] ne jeta pas son épée. Et toi, tu as, sans y être contraint, méprisé ta foi, tes parents et ta mère elle-même. Ton oncle, le fameux Mouzour, le Tarsiote, fit une expédition contre Smyrne, la maritime, ravagea Ancyre, la ville d'Akinas, l'Afrique, la Térente, la Heptakomie, et, ces contrées soumises, il revint en Syrie. Et toi, infortuné, au moment de devenir roi de Syrie, tu as fait une expédition, et tu t'es laissé charmer par l'amour d’une étrangère, par les sortiléges d'une enchanteresse ; tu t'es perdu toi-même, tu t'es entièrement avili, tu es devenu pour tout le monde un être maudit. Mais, si tu ne te hâtes pas de revenir en Syrie, les Arabes veulent me tuer; 115 égorgeront tes enfants, comme fils d’un père infidèle, et livreront à d’autres tes charmantes filles, qui soupirent nuit et jour après toi. Oui, mon très-doux enfant, aie pitié de ta mère, ne précipite pas avec les chagrins ma vieillesse dans la tombe ; tu ne voudras pas que tes fils soient injustement mis à mort

et que tes filles passent entre des mains étrangères. Et

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