EXPLOSIONS DES APPAREILS A CHAUFFAGE PAR EAU CHAUDE
feu s'éteint, l'eau se refroidit, surtout dans les étages supérieurs, et elle peut même, lorsqu'il fait froid, geler dans les tuyaux.
C'est ce qui est arrivé à Blois : La nuit du 13 au 14 janvier avait été froide, les conduites étaient gelées, et quand le lendemain matin on alluma le feu, l'eau dilatée par la chaleur ne trouvant plus d'issue les lit éclater.
Le second accident eut lieu le 8 janvier 1858, à l'église Saint-Sulpice, à Paris (1). Il y eut cinq victimes, dont trois furent tuées sur le coup; les deux autres succombèrent quelques jours après.
L'abbé Moigno, qui a laissé un certain nom dans la science, comme directeur du journal h Cosmos, officiait. Tout à coup l'un des appareils de chauffage fait explosion. Ces appareils se composaient de deux petits poêles placés chacun dans une chapelle : l'un de ces poêles seulement éclata, il était placé à côté d'une chaire à prêcher : la chapelle fut immédiatement inondée, dans une hauteur de 30 à 40 centimètres, d'eau à 140 ou 160°; la température de cette eau descendit très rapidement à 100°, ainsi qu'il arrive toujours quand l'eau surchaufiee se trouve à l'air libre, mais au moment où elle s'échappa elle avait une température de 150° environ. La chaire à prêcher s'est brisée et les morceaux de bois, excessivement menus, sont devenus des projectiles qui ont blessé les fidèles.
Les lésions observées sur les victimes étaient des blessures causées par des fragments du poêle ou des débris de la chaire, et des brûlures; celles-ci ont été particulièrement graves et ce sont elles qui ont été la cause de la mort des cinq victimes.
Cet accident a beaucoup ému la population parisienne;
(1) Obs. 19.