EXPLOSION DES GAZ D'UNE FOSSE DAISANCES
la veuve B... une somme de 200 francs, et à la veuve G... colle de 1 000 francs ;
Dil que G... es nom sera tenu dans le délai de quinzaine, à partir d'aujourd'hui, d'exécuter dans la fosse d'aisances dont il s'agit, les travaux nécessaires pour qu'elle soit ventilée d'une manière suffisante, et ce, conformément aux conclusions des experts; sinon et faute par G... de faire les travaux nécessaires dans le délai de quinzaine et icelui passé, autorise J... à les faire exécuter aux frais et risques de la Société civile de Bercy, sous la direction de l'expert M...;
Condamne G... es nom en tous les dépens vis-à-vis de toutes les parties. — (Tribunal civil de la Seine. Présidence de M. Labour.)
6. Explosion des gaz d'une fosse d'aisances (D"" Perrin) (1). — L'accident s'est passé en 1838, au n° 162 de la rue Saint-Dominique, dans une fosse sans tuyau d'évent, desservie par un seul cabinet d'aisances situé au rez-de-chaussée. Au moment de l'explosion, une colonne de matières fécales s'échappa verticalement par la lunette du siège, et enveloppa complètement le visiteur imprudent, qui fut en quelque temps projeté avec une violence extrême, par Ja fenêtre même du cabinet, jusque dans la cour voisine. La pierre de la fosse fut soulevée et retournée, ainsi que quarante à cinquante pavés dans la cour. Il fut impossible d'établir par l'enquête si le visiteur avait pénétré dans le cabinet avec une lumière, ou s'il avait jeté dans la fosse un papier enflammé.
7. Explosion des gaz d'une fosse d'aisances (D'' Perrin) (2). — L'explosion de la rue Sainl-Mai tin, qui eut lieu sur les onze heuies du malin, par une très chaude journée du mois de juillet 1863, se fit sans que le concierge, ijui était en bas de l'escalier au moment de l'explosion, eût vu ou entendu quelqu'un sortir des cabinets situés aux 2% 3<= et 4" étages. Ce concierge n'oserait cependant affirmer d'une manière absolue qu'aucun visiteur n'ait pu à la rigueur y entrer ou en sortir à son insu, et surtout projeter dans le tuyau de chute un corps enflammé quelconque.
(1) Df Perrin, De l'inflammalion des gaz produits dmis les fosses d'nisances et des accidents (l'explosion et autres qui peuvent en résulter {Ann. d'hyg., 18G7, 2^^ série, t. XXVII, p. G).
(2) D>' Perrin, Annales d'hyg. et de méd. lég., 1" série, t. XXVif, p. 9.
Quoiqu'il en soif, la pierre d'extraction placée au rez-de-cliaussée, dans une guérite en menuiserie vitrée, formant l'avant-corps de la loge, fut soulevée et complètement déplacée, en même temps qu'une flamme bleuâtre, accompagnée de fumée, s'échappa à travers le vitrage de la guéiite, qui fut brisé. La pression des gaz à la surface des matières contenues dans la fosse, détermina une projection violente de ces matières à travers la lunette du siège béant du 2*^ étage, jusqu'au plafond du cabinet, qui fut souillé dans une grande étendue. Évidemment le visiteur supposé, dont on est d'ailleurs fondé à admettre, jusqu'à preuve du contraire, la présence dans un de ces cabinets, n'était pas fort heureusement dans celui oi^i les matières de la fosse ont si largement pénétré. Cette fosse était sans tuyau d'évent et pleine aux deux tiers seulement. Il n'y avait de cabinets d'aisances qu'aux trois derniers étages ; le rez-de-chaussée et le premier en étaient dépourvus. Ces cabinets étaient tous à siège béant, exposés au midi, directement aérés et éclairés sur la cour.
8. Explosion des gaz d'une fosse daisances (D'' Perrin) (I). — Une explosion survint rue Martel, n° 1, vers minuit, au mois de mars ou d'avtil 1865, dans une fosse, sans tuyau d'évent, qui ne se vidait guère que tous les cinq ou six ans et desservait un seul cabinet d'aisances au rez-de-chaussée, muni d'un siège hermétique en fonte, dit à bascule; la porte de ce cabinet ouvrait sur une petite cour.
Le visiteur qui venait de pénétrer dans le cabinet au moment de l'explosion, fut jeté, presque sans connaissance, dans la cour. La porte d'entrée fut brisée, ainsi que quelques vitres d'une croisée au 2° étage. Le siège en fonte fut fortement endommagé. Quant à la pierre d'extraction formant le sol même du cabinet, elle fut soulevée au-dessus de son cadre pour retomber de champ et obliquement au-dessus de l'oriflce. La détonation produite fut effroyable et mit en violent émoi tout le quartier, qui fut empesté pendant plusieurs heures.
Le visiteur, remis depuis longtemps de son aventure, a toujours persisté à nier qu'il ait jeté aucun corps enflammé dans la fosse. H était entré d'ailleurs dans le cabinet sans lumière à la main.
(l) Dr Perrln, Annales d'/ii/g. et de méd. lég , 1'' série, t. XXVII, p. 10.
EXPLOSIOX PAU LliS GAZ SORTANT d"lN PLITS. 141
9. Explosion des gaz d'une fosse d'aisances (D"" Peruln) (I). — C'était en 1864, rue de Tournon, n° 20, dans une fosse sans ventilation, desservant un seul cabinet commun, à siège béant, situé au rez-de-chaussée sur la cour. Au moment où la détonation se fît entendre, la personne placée sur le siège fut subitement enveloppée par la flamme et eut les cheveux brûlés. La pierre d'extraction fut soulevée et déplacée, ainsi que plusieurs pavés alentour. Toutefois on ne s'aperçut pas immédiatement de ce déplacement, attendu que celle pierre d'extraction élait située dans un petit hangar voisin, séparé du cabinet d'aisances par une porte pleine, toujours fermée à clef, et qu'on n'ouvrait jamais qu'au moment de la vidange. Aussi qu'arriva-t-il ? C'est que les gaz délélères, s'échappant en abondance de la fosse violemment entr'ouverle, pénétrèrent dans une petite cuisine dont la porte d'entrée donnait précisément sous ce petit hangar, et, de là, dans une chambre à coucher contiguë, dans laquelle deux personnes, le mari et la femme, reposaient. Il élait trois heures du matin, quand tout à coup ces deux personnes se réveillèrent sufîoquées, étourdies, à demi asphyxiées, ce qu'elles attribuèrent dans l'ignorance oii elles étaient de l'explosion qui avait eu lieu vers minuit, à quelque fuite de gaz. Mais bientôt, n'y pouvant tenir, elles durent se jeter hors du lit et se traîner, en chancelant comme des gens ivres, jusque dans la rue, oi!i elles purent enfin respirer à l'aise et revenir peu à peu à elles-mêmes, après avoir éprouvé des nausées et des vomissements, et leconnu le genre d'accident auquel elles venaient d'échapper.
10. Explosion par les gaz sortant d'un puits. Affaire de la rue Saint-Séverin. — Je soussigné, Jules Socquet, docteur en médecine, commis par M. Bertulus, juge d'instruction près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d'une ordonnance en date du 11 mars 1896, ainsi conçue :
« Vu la procédure commencée contre X..., inculpé d'homicide et blessures par imprudence.
(( Attendu la nécessité de constater judiciairement l'état dans lequel se trouve en ce moment le cadavre du nommé B... (Désiré), déposé à l'Hôtel-Dieu.
« Ordonnons qu'il y sera procédé par M. Socquet, lequel, après
(1) Dr Perriû, Annales d'/iyg. et de méd. lég., 2^ série, t. XXVII, p. 13.
avoir reconnu l'étal où se Irouve le cadavre, procédera à son autopsie et s'expliquera sur les causes de la mort. »
Serment préalablement prêté, ai procédé à cette autopsie le 12 mars 1896.
Le cadavre est celui d'un jeune enfant de quatorze à quinze ans environ, assez bien constitué et mesurant 1™,48.
Ce cadavre porte de nombreuses brûlures au deuxième degré, disséminées sur différentes parties du corps, notamment sur le C(Mé gauche de la face. On constate, en outre, des plaies contuses et des contusions eccbymotiques.
Sur les deux yeux se trouvent des ecchymoses sous-conjonctivales.
Sur la lèvre inférieure, près de la commissure labiale gauche, petite plaie d'un centimètre de longueur.
Sur la bosse frontale droite, large contusion ecchymolique de 4 centimètres de diamètre.
A la naissance du cuir chevelu, un peu à droite de la ligne médiane, plaie contuse linéaire de 2 centimètres de longueur.
Sur l'épaule droite, petite contusion ecchymolique de 2 centimètres.
Au niveau du coude gauche, plaie contuse de 3 centimètres de diamètre. Sur la face postérieure du poignet gauche, plaie contuse de 3 centimètres. Sur la face dorsale de la main gauche, se trouvent quinze ou \ingt petites plaies, situées au milieu d'une large ecchymose.
Le poignet droit est le siège d'une luxation en arrière. Sur la face dorsale de la main droite, notamment au niveau du pouce et de l'index, se trouvent de longues érosions de la peau.
Le scrotum présente à droite une plaie de 8 centimètres de longueur, le testicule droit fait hernie par cette plaie.
Au niveau du Irochanter gauche, petite plaie contuse.
Sur la cuisse et la jambe gauches, se trouvent plusieurs petites contusions eccbymotiques.
Sur la cuisse droite se trouvent quatre ou cinq petites plaies contuses.
Sur la jambe droite, à la partie supérieure de la face interne, se trouve une large plaie de 10 centimètres, les muscles ont été sectionnés; les bords de la plaie présentent un écartement de 5 centimètres.
EXPLOSION PAR LES GAZ SORTANT d'uN PUITS. i AS
Un peu au-dessus de la malléole inleriie droile se trouve une plaie coiituse transversale, niesui-aut 5 centimètres de longueur.
Ouverture du corps. — Sous le cuir chevelu se trouve un épaacliemenl sanguin assez abondant. — Toute la moitié antérieure du crâne, y compris les voûtes orbitaires, est fracturée en nombreux fragments. Ces fraclures se continuent en arrière et à droile jusqu'au niveau de la partie médiane, [.es rochers sont fracturés, notamment le rocher gauche.
L'hémisphère cérébral droit est recouvert d'un épanchement de sang. — Au niveau du bulbe et du quatrième ventricule, on conslale un épanchement sanguin. La dure- mère est déchirée el donne issue à de la substance cérébrale.
L'œsophage el la trachée sont sains.
Il n'y a pas d'épanchement dans les cavités pleurales. Le poumon droit présente de nombreuses adhérences dans toute sa hauteur. A gauche, on constate quelques adhérences. Les poumons sont sains ; ils ne contiennent pas de tubercules.
Les cavités du cœur sont vides ; les valvules sont saines.
Le foie est sain.
La raie est saine et n'est pas diffluente.
Les reins sont sains et se décortiquent facilement, le rein droit est un peu congeslioimé.
Dans la cavité abdominale se trouve un léger épanchement sanguin. Les intestins paraissent sains.
Le pubis présente une ligne de fracture très nette, située un peu à gauche de la ligne médiane.
La vessie est vide ; sa muqueuse est saine.
Conclusions. — 1° Le cadavre porte sur différentes parties du corps, notamment à la face, des brûlures, des plaies conluses disséminées et des contusions ecchymoliques.
2° La mort est le résultat de nombreuses fractures des os du crâne.
11. Explosion par les gaz sortant d'un puits. Affaire de la rue Saint-Séverin. — Je soussigné, Jules Socquet, docteur en médecine, commis par M. Bertulus, juge d'instruction près le tribunal de première instance du département de la Seine, en vertu d'une ordonnance, en date du 20 mars 1896, ainsi conçue :
« Vu la procédure commencés contre X..., inculpé d'homicide par imprudence.
« Atlendu la nécessité de constater judiciairement l'état où se trouve le sieur G... (François), de procéder à son autopsie et de rechercher les causes de la mort.
<( Ordonnons qu'il y sera procédé par M. Socquet, lequel après avoir reconnu l'état où se trouve le cadavre du sieur G... (François), s'expliquera sur les causes de la mort. »
Serment préalablement piôté, ai procédé à l'examen du sieur G.., (François), à l'Hôtel-Dieu, et à son autopsie, le 25 mars 1896.
Lors de l'examen du sieur G... (François), âgé de trente-six ans, nous avons constaté que cet homme portait de nombreuses brûlures disséminées sur tout le corps et qu'il était atteint d'une fracture du cubitus gauche.
Cet homme étant décédé le 19 mars à cinq heures du soir, nous .avons procédé à sonaulopsiele23 mars et avons constaté ce qui suit :
De nombreuses brûlures aux deuxième et troisième degrés disséminées sur la face : joues, nez, lèvres, etc., les cheveux et les moustaches ont été flambés; les sourcils le sont moins et les cils ont été respectés.
Au coude gauche, on conslate une luxation en avant de l'extrémité supérieure du radius et une fracture du cubitus.
La partie antérieure des avant-bras et les mains porte des brûlures assez étendues.
Sur la face antérieure de la jambe guache, au niveau du tiers inférieur, se trouve une large brûlure.
Ouverture du corps. — Il n'y a pas d'épanchement sanguin sous le cuir chevelu. Les os du crâne ne sont pas fracturés. Les méninges sont épaissies et un peu congestionnées. Le cerveau se décortique facilement ; il ne présente aucune lésion, ni tumeur, ainsi que le bulbe et le cervelet.
L'œsophage et la trachée sont sains.
Les poumons présentent quelques adhérences pleurales, ils sont un peu congestionnés et ne contiennent pas de tubercules.
Le péricarde est vide; les cavités du cœur renferment un caillot fibrineux à droite et cruorique à gauche. Les valvules sont saines.
Le foie est gras et volumineux ; il pèse 2"^'^, 5.50.
L'estomac renferme quelques grammes de liquide jaunâtre ; sa muqueuse est saine.
EXPLOSION DE FARINE DANS UNE BOULANGEltlE. lio
La rate n'est pas diffluenle.
Les reins sont sains ; ils se décortiquent facilement.
Il n'y a pas d'épanchement dans la cavité abdominale.
Les intestins ne sont; pas congestionnés, ils sont sains, il n'y a pas d'ulcération au niveau du duodénum.
La vessie est vide ; sa muqueuse est saine.
L'inspection des vêlements dont était recouvert le sieur G... (Fiançois), lors de l'explosion dont il a été victime le 6 mars dernier, montre que la victime a été flambée dans un courant de gaz très chauds, et qu'il ne paraît pas y avoir eu projection de liquide enflammé. On constate, en effet, sur la blouse et la chemise, que l'étofTe a été roussie à sa partie superficielle ; à l'intérieur des plis, l'étoffe est intacte. Lorsque le vêtement, notamment les manches, est étendu, on constate des lignes roussies, séparées par d'autres lignes d'étoffe intacte ; le vêtement est, pour ainsi dire, zébré.
Conclusions. — i° Le cadavre du sieur G... (François), porte sur différentes parties du corps, notamment sur la face, de larges brûlures aux deuxième et troisième degrés. Il présente, en outre, une luxation du radius gauche et une fracture du cubitus gauche.
2° La mort a été le résultat de ces différentes lésions.
12. Explosion de farine dans une boulangerie. — Rapport à M. le préfet de police, par M. H. Bunel (1). — Monsieur le Préfet, vous m'avez transmis un rapport du régiment des sapeurspompiers, vous signalant une explosion chez le sieur Metzlé, boulanger, 42, rue Croix-des-Petits-Champs, et vous m'avez demandé de vous rendre compte de la cause de cet événement.
Avant de vous exposer les faits tels qu'ils paraissent résulter de l'enquèle à laquelle j'ai procédé sur place, je crois nécessaire de donner la description des locaux dans lesquels l'explosion s'est produite.
Le sieur Metzlé occupe, rue Croix-des-Petits-Champs, au rezde-chaussée, une boutique, dont la devanture, avec porte d'entrée au milieu, est complètement vitrée en glaces d'un seul morceau. Cette boutique est séparéepar une cloison, également vitrée,
(I) Conseil d'hygiène publique et de salubrité de la Seine. P. BaouARDEL. — Les Explosifs. 10
en glaces dépolies à l'acide, d'une arrière-boutique comprenant à droite une salle à manger et à gauche une petite pièce oîi l'on trouve l'escalier en pierre descendant au fournil. Cette cloison a deux portes vitrées s'ouvranl à l'intérieur et mettant en communication la boutique avec les deux pièces de l'arrière-boutique qui sont séparées par une cloison pleine en maçonnerie. Dans cette cloison légère, et juste en face de l'escalier de cave, une porte à coulisse manœuvrant dans la salle à manger, au moyen de galets sur une cornière en fer, fixée à la partie supérieure de l'huisserie.
En cave, sous la boutique, le fournil proprement dit avec son four, les supports à pannetons, etc., et sous l'arrière-boutique, en communication avec le fournil par une baie de 1 mètre environ de largeur, une cave dans laquelle se trouve le pétrin à farine. Au-dessus de ce pétrin, un bec de gaz papillon, et à 0™, 60 de distance la glissoire qui amène la farine du deuxième étage.
Cette glissoire est formée, sur presque tout son parcours, d'un cylindre en métal ayant environ 0™,20 de diamètre et, à l'extrémité près du pétrin, sur une longueur de l'^jSO environ, d'un cylindre en treillis ou grosse toile à sacs. Cette manche en toile permet à l'ouvrier de diriger la farine dans les corbeilles ou sur tel point du pétrin qu'il le désire et, au moyen d'une ligature et même à la main, d'arrêter l'arrivée de la farine de la chambre à farine.
La cave au pétrin est en communication directe, à droite, par une baie de 0°^,80 de largeur avec une troisième cave. Le fournil est éclairé et aéré par deux soupiraux sur rue, fermés par des châssis vitrés.
Le 2o mars, vers 3 heures de l'après-midi, un ouvrier boulanger, après avoir rempli une corbeille de farine, procédait à la ligature de la manche pour arrêter l'arrivée de la farine, quand tout à coup cette manche en toile se déchira le long de la couture et un jet de farine fit irruption et vola comme un nuage dans la cave au pétrin. ,
Au contact du bec de gaz, la folle farine prit feu et l'ouvrier, enveloppé par des flammes, put heureusement se jeter de côté et se réfugier dans la troisième cave. Il avait reçu des brûlures assez graves du premier degré au côté et du deuxième et du troisième degrés au bras, et il devra garder le lit plus d'un mois.