RABELAIS
7 LA BRUYERE.
oiseaux qui ont une huppe sur la tête. Pris au figuré, huppé équivaut à «riche», «notable», «de haut parage».
bécasse.
Fig. femme sans esprit:
C’est une bécasse.
Brider la bécasse, engager adroitement quelqu'un de telle sorte, qu’il ne puisse plus s’en dédire; l’attraper, le tromper. D’après LiTrrÉé,' cette locution provient d'une chasse qu'on fait aux bécasses avec des lacets et des collets qu'on tend et où les bécasses se brident elles-mêmes et se prennent. Ex.:
Par ce qui s'était passé dans le cabinet du roi, du chancelier et de M. le duc d'Orléans immédiatement, la bécasse fut bridée à son égard [à l'égard du duc d'Orléans|. °
Cf. brider, employé seul dans le même sens:
D'un zèle simulé j'ai bridé le bon sire.°
bécassine.
Tirer la bécassine, à la bécassine, cacher sa supériorité, son adresse, pour mieux tromper.
cane, canard femelle.
Fig.
Faire la cane, Se dérober à propos, faire le plongeon à l'approche du danger.
Cf. La nef du fort Ilionée De grands coups de vent ruinée, Celle du fidelle Achatès, D’Abas et du vieil Alétès
1 Dict., 8. v. bécasse.
3 Mozière, L’'Etourdi, Act. IV, sc. 1.
Tournoient comme des girouettes, Faisoient en mer cent pirouettes, Qui pis est, la cane souvent.‘
faire la roue, se dit de certains oiseaux qui déploient les plumes de leur queue de manière à en former une espèce d'éventail: ce paon, ce coq de bruyère fait la roue.
Fig.
Faire la roue, faire le beau.
Cf. se pavaner.
Remarque. L'expression faire la roue au sens qu’on lui prête en parlant des enfants et des sauteurs qui «font le moulinet avec leur corps, au moyen de leurs mains et de leurs pieds qu’ils posent par terre alternativement» est tirée, par une métaphore directe, de la roue, dont cet exercice imite le mouvement.
brancher, en termes de chasse, percher sur des branches d'arbres:
Le faisan, la perdrix rouge, le coq de bruyère branchent.*
Fig.
Un mousse branché sur une verque.*
Cf. embranchie, part. passé, placé sur les branches; au fig., placé au sommet, pourvu, muni: -
...des plus haulx embranches de gloire.*
pennader,”’ étendre les ailes, prendre l'essor, s’ébattre dans son vol, en parlant d’un oiseau.
! Virgile travesti, ap. NisARD, Curiosités de l’étymol. franc, p. 82.
2? Lrrrré, Dict,, 8. Y.
SADICL ER SIN: