CAT
comme aloe esprevier.! — Larron comme une chouette. — Quetoute ot blanche l'une joe Et l'autre moire comme choe.? — Crier comme un aigle. Cf. Les habitants manifestent leur répulsion par des cris d’orfraie.% — Muet comme un francolin pris. — Sale comme eune hoppe* [huppe]. — Sourd comme une bécasse. — Maigre (sec) comme un héron. — Maigre comme un pic. — Larron comme une pie. — S'enfuir comme un cerf, comme une biche, — Plus tost s'eslaisse ne fait chers en gaudine.$ — Et si corent plus tost que chevrox par gaudin.$ — Et il li saut com cers devant levrier.T — Ausi lor estoit a estal Con fait le sengiers qui atent Toz les chiens, don son cors defent.8 — Manger comme un loup. Cf. Affamé comme un loup, avoir une faim de loup. — Peureux comme un lièvre. Cf. Plus couard qu'un lièvre, fuyard en lièvre. — Etre comme le lièvre qui revient mourir en son gîte, expression proverbiale qui, selon M. ROLLAND, viendrait de ce «que le lièvre serré de près par les chiens courants et sentant ses forces faiblir, retourne au canton où il a son gîte et où il a été lancé». — Etre pris comme un fouin dans une bouzine,* c.-à.-4, être surpris, interdit. —— Dormir comme un fouin.1 — Puer comme un taisson. — Sauvage comme un blaireau. — Etre vexé comme une loure:!1 M. RozLanD pense que cette expression s'emploie par allusion à la vive résistance que fait la loutre aux chiens. — Velu comme ün ours. —
1 Fierabras, 3279, (Anc. poëtes de la France, T. IV: 1). ? Erec, ms. Richel. 1420, f0 22b.
3 Le journal Le Temps.
Pays messin.
5 Chevalerie Ogier, 5598, p. p. BaRRoIs, 1842.
6 Conquête de Jérusalem, 7547, p. p. C. HrPPEAU, 1868. T Cher. Og., 4685.
$ Joufrois, p. p. KoNr. Horrmanx et Fr. MunCKer 1880. % Loc. poitevine: fouin m. dial. = fouine f.
10 Centre.
11 Centre: loure = loutre.
NA
Ces locutions appartiennent d’une façon générale à la langue familière; un assez grand nombre cependant sont apparentées à l’argot. Quelques expressions d’origine analogue sont même presque de pur argot: elles décèlent en quelque sorte une philosophie particulière. Toutefois on ne s’est point appesanti dans le présent travail sur ces expressions, non plus que sur les expressions proverbiales ou comparatives cidessus citées. Je me borne à donner encore, à titre de curiosité, quelques exemples: ‘
aboyeur, homme chargé d’appeler les prisonniers au par-
loir. — belette, pièce de 50 cent. — blair, nez (allusion au nez du blaireau), — caniche, ballot (les coins forment des oreilles comme celles d’un caniche), — chouette, bon, beau,
parfait; qui allèche, séduit comme la chouette attire l'oiseau. Cf. choué, pris (comme l'oiseau par la tenderie à la chouette). — cigogne, palais de justice, préfecture de police. — dénicheur de fauvettes, celui qui cherche les jeunes filles pour les débaucher, — fauvette à tête noire, gendarme. — être dur à la détente, tenir à son argent, — être levé, être découvert. — fouine, malin, rusé, qui découvre les bons coups à faire. Cf. fouiner, s’éclipser, décamper; se mêler de ce qui ne nous regarde pas, imiter la fouine qui fourre partout son museau. — niais, voleur assez maladroit pour se laisser prendre, — poser un gluau à quelqu'un, l'arrêter. — rabateux [rabatteur], voleur. — sacre, agent de police. — sanglier, individu brave et vigoureux; individu solitaire, — vol au kangurou, vol commis par des femmes dans les magasins ou aux étalages (elles cachent les objets dérobés dans une grande poche dissimulée sous la robe). —
Etant donné que diverses activités humaines touchent de près à la chasse, par ex., certaines armes servent à la'fois à la guerre et à la chasse, certains
1 Cf. G. DELESALLE, Dict. argot-françuis.
engins et certaines méthodes de capture sont communs aux pêcheurs et aux chasseurs, etc., on peut souvent douter, si le sens secondaire de certaines expressions dérive de la chasse ou d’une activité voisine. Toutes les fois que ces expressions ne sont pas éclairées par le contexte, il est évident que notre choix dépend, en dernière analyse, de considérations purement subjectives. J’ai déjà donné, p. 10, les grandes lignes du plan de mon travail. Je n’ignore pas que ce plan peut prêter à la critique; je l’ai toutefois adopté de préférence à tout autre, parce qu’il permet une classification plus méthodique.
Quant au classement de mes matériaux sous chacune des principales rubriques de ce travail, l’ordre alphabétique eût évidemment été le plus simple. Toutefois j'ai craint de séparer des cas analogues, et j'ai préféré tenter de grouper autant que possible les cas d'emploi ou d’origine comparables. J’ai essayé de remédier à l’inconvénient que cette façon de procéder peut présenter, si l’on veut rechercher un exemple particulier, en ajoutant un index de toutes les expressions citées.
je
Expressions qui se rapportent au chasseur, à ses actes ou à ses engins.
chasser, étymologiquement, chercher à prendre. Darmesteter,' voulant indiquer la filiation des sens principaux par lesquels a passé ce mot, en partant du sens premier donné ci-dessus, pour en arriver à celui de «poursuivre», «contraindre, forcer de sortir» {au propre et au figuré), a recours aux exemples suivants: chasser le cerf, le gibier (sens premier) > chasser l'ennemi (qu’on cherche soit à prendre comme le gibier, soit à faire fuir comme l’importun) > chasser un importun (pour s’en débarasser).
Fig.
Parmi les nombreux exemples, où ce mot se trouve employé au figuré, je me borne à citer:
Et amors qui mains en «a pris Les chace et fiert et les destraint.”
Cf. La faim chasse le loup du bois, c.-à.-d la nécessité détermine un homme à faire, même contre son inclination, beaucoup de choses pour se procurer de quoi vivre.
l'Vie des mots, p. 80
? Lai d’Amours, 66—617, p. p. GasrTox Paris (Romania VII, p. 409).
Car li cors sent toz jorz et chace La ou il set del cuer la trace.’
Chasser sur les terres de quelqu'un, entreprendre sur ses attributions, sur ses droits, etc. Bon chien chasse de race, loc. prov. qui rappelle, quant au sens, cette autre «bon sang ne peut mentir». Cet homme chasse de race (même sens). Cette fille chasse de race (sens péjoratif), elle est coquette comme l'était sa mère. Chasser aux maris, se dit d’une jeune fille qui cherche à se marier. Chasser au plat, se dit de quelqu'un qui a bon appétit, qui aime à manger le gibier que les autres tuent. Leurs chiens ne chassent pas ensemble, se dit de deux personnes qui ne sont pas en bonne intelligence.
En termes techniques, {a poudre fine chasse bien plus que la grosse, C.-à.-d. que, par son inflammation plus prompte, elle imprime au projectile une vitesse initiale plus grande.
En termes de marine, chasser la terre, s’en approcher, la reconnaître; chasser sur ses ancres, se dit d’un navire qui entraîne ses ancres et leur fait labourer le fond.
En termes d'imprimerie, chasser signifie <espacer fortement les lignes», «remplir beaucoup d’espace avec peu de caractères», et, en parlant des caractères, «occuper beaucoup d'espace», par ex., le cicéro chasse plus que la philosophie.
achacier, chasser.
Ils remontent ens aus auferans destriers Les cors as bouches por le porc achascier.*
1 Messire Thibaut li romane de la Poire, 1554, p. p. FR. STEHLICH ? Garin le Loherin, 8e chans., p. p. P. Paris 1833—35. E. Nicolin. 2
nd Fig. étouffer, éteindre:
S'en un feu vient par aventure Il l’esteindra, quer c’est dreiture; Ja ne sera si alumez
Que il ne seit tost achassez."
pourchasser, poursuivre avec ardeur; suivre une bête avec opiniâtreté jusqu'à ce qu’elle soit prise: pourchasser un cerf.
Fig.
Et moi je pourchassois Finette la suivante.” Cf. être pourchassé par ses créanciers, etc.
chasse.
Fig.
. AmOrs & 807 moi sa chace.”
Faire la chasse aux héritages, donner la chasse aux vices, etc. Quant à l’expression marquer une chasse, pour «relever une parole, une circonstance dont on veut faire son profit», elle paraît être tirée du jeu de paume.”
chasseur.
Fig. soldat appartenant à certains corps de:
troupes d’infanterie et de cavalerie légère; jeune homme de douze à quinze ans, qui est employé dans. les cercles, les cafés, les restaurants pour faire les courses des clients. Au reste, d’une façon générale, celui qui cherche par tous les moyens à se procurer quelque chose:
Mais quel est le chasseur de millions qui s’arrête?°
1 GUILLAUME LE CLERC, Bestiaire divin, 2638, p. p. CH. HrpPEAU 1859. ? REGNARD, Ménechmes, Act. I, sc. 2, p. 18, éd. 1801.
3 Rom. de la Poire, 1554.
Cf. H. ESTIENNE, op. cit., p. 102. ‘ Poitevin, Dict., s. v.